<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

    <title><![CDATA[Space piracy (Roman : Tome 2)]]></title>
    <link>http://www.spacepiracy.com/categorie-1207477.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Roman : Tome 2&quot; du blog &quot;Space piracy&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
        <url>http://accel6.fdata.over-blog.com/0/42/33/38/avatar.png</url>
        <title><![CDATA[Space piracy (Roman : Tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/categorie-1207477.html</link>
                            </image>
    
    <pubDate>Thu, 18 Dec 2008 11:25:32 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 18 Dec 2008 11:25:32 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, NC NC</copyright>            <category>Roman : Tome 2</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 29 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-16362745.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 10pt;">Les mots d’Andrak me hantent tandis que je me dirige vers le&nbsp;pont dans le silence métallique des couloirs flanqués de taches de lumière blanchâtre. La réalité se
  mêlant aux cauchemars… n’ai-je pas déjà été confrontée à cela&nbsp;? Je stoppe soudain ma marche, le cœur battant. Il me semble que quelque chose autour de moi s’est modifié. Juste une sensation,
  une angoisse, un pressentiment&nbsp;?<br>
  Mon cœur s’accélère encore lorsque quelque chose me pousse à fouiller dans la poche extérieure de mon veston. Je suis presque rassurée de sentir sous mes doigts l’incomparable douceur d’un duvet.
  Je sors de ma poche la&nbsp;fragile plume de nacre au moment même où l'éclairage artificiel vacille imperceptiblement. Je frémis, les yeux rivés sur la&nbsp;frêle chose blanche issue de mes nuits
  tourmentées. La luminosité rassurante des allées vacille de plus belle et prend soudain une teinte mordorée. Je lève les yeux&nbsp;et fixe le souffle coupé, les chandeliers d’argents illuminés de
  dizaines de bougies tremblantes qui se substituent maintenant contre toute logique&nbsp;aux petits carrés de lumière familiers. J’avance de quelques pas, abasourdie, et découvre l’immense porte de
  bois brut sur ma gauche, qui est venue remplacer le sas du poste médical. Mon regard se&nbsp;focalise brusquement sur le fond du corridor plongé dans l’obscurité. Quelque chose bouge dans la
  pénombre. Des ombres sinueuses glissent le long des murs de pierre. Je n’arrive plus à me raisonner tant l’illogique de la situation me glace le sang, j'ai conscience de&nbsp;mon souffle qui se
  fait de plus en plus saccadé, il me semble laisser échapper un gémissement de terreur et mes jambes se mettent à trembler. Je pousse un cri d’horreur en sentant remuer quelque chose entre mes
  doigts. Je baisse les yeux sur la petite plume juste à temps pour voir s’agrandir&nbsp;à la lisière&nbsp;des nervures blanches une horrible tache de sang, qui&nbsp;coule lentement&nbsp;dans ma
  paume et&nbsp;le long&nbsp;de mon bras, tandis que la plume se racornit et&nbsp;commence à ramper dans le creux de ma main. Le duvet ensanglanté se déforme en longs tentacules osseux qui tentent de
  pénétrer mes chairs. Je secoue la main de toutes mes forces, incapable de me raisonner et ne peut contenir un nouveau cri de terreur. Je recule, haletante, lorsque je sens le canon d’une arme qui
  vient se ficher entre mes omoplates. La plume monstrueuse disparait dans le sol tandis que je suis aveuglée par la lumière blanche des allées de l’Arcadia. Plus aucune trace des chandeliers, plus
  d’ombres menaçantes. Je lève machinalement les mains en l’air, presque soulagée d’avoir repris pieds dans ce monde.<br>
  — Plus un seul geste, commandant, m’ordonne la voix emplie de rudesse et de méchanceté d’une jeune femme. J’obtempère, encore sous le choc de ce que je viens de traverser et stupéfaite de
  reconnaitre le timbre cristallin de Stelly. Il est si différent de celui de la petite fille que j’ai abandonnée quelques années auparavant. Comment a-t-elle pu se métamorphoser à ce point ? Suis-je
  coupable de la dévorante colère que je pressens dans ses&nbsp;mouvements&nbsp;? Sommes-nous tous responsables de la perdition de cette enfant autrefois si douce et pure ?<br>
  —&nbsp;Avancez commandant Ayana, m’ordonne-t-elle sèchement en me poussant avec le canon de son arme.<br>
  —&nbsp;Stelly, que fais-tu ? dis-je d’une voix blanche.<br>
  —&nbsp;Je fais ce que j’aurais dû accomplir il y a bien longtemps. Je rends justice à ceux qui ont été trahis.<br>
  — De quoi parles-tu&nbsp;?<br>
  — Ne vous inquiétez pas, vous allez le savoir avant de mourir.<br>
  Elle me bouscule sans ménagement à travers le sas de la salle de contrôle qui nous fait face sans un mot de plus. Le capitaine se redresse d’un bond tandis que tous les regards convergent dans
  notre direction. La stupeur et l’incompréhension se dessinent sur chaque visage. Comment eût-il pu en être autrement ? J’aperçois du coin de l’œil la main artificielle de Ramis qui se rapproche
  imperceptiblement de la crosse de son Watsup,&nbsp;alors qu’Herlock&nbsp;esquisse un geste d’apaisement vers la jeune femme. Il fait un pas en avant et cela la met en rage.<br>
  —&nbsp;N’avance plus ou je n’hésiterai pas une seconde. Que personne ne tente quoi que ce soit, vous êtes prévenus, persiffle-t-elle, au comble de la haine.<br>
  —&nbsp;Pourquoi fais-tu ça Stelly ? Demande Herlock en reculant. Je sens la pointe de l’arme qui s’appuie un peu plus fort contre ma colonne et je sers les dents pour ne pas laisser transparaitre
  la douleur.<br>
  —&nbsp;Tu n’as pas une petite idée, mon cher protecteur ? Tu n’as vraiment pas une vague&nbsp;intuition de ce qui se passe ?<br>
  Il reste interdit, effaré comme nous tous par la tournure démentielle que prennent les évènements.<br>
  —&nbsp;Une geôle pourrie dans les quartiers de détentions humanoïdes sur Terre, il y a de cela&nbsp;dix ans, ça ne te&nbsp;rappelle rien ?&nbsp;Insiste-telle.<br>
  —&nbsp;Je ne comprends pas ce que…<br>
  —&nbsp;Tu ne comprends pas ? Un jeune soldat, un ami à toi, du nom de Hans Winkler, ça ne te dit rien non plus ?<br>
  —&nbsp;Bien sûr que si Stelly, mais que…<br>
  —&nbsp;Tais-toi&nbsp;! Vocifère-t-elle, à la limite de l’hystérie. Il te faisait aveuglément confiance, tout comme Zon, il était ton ami, ton frère d’armes, et tu l’as lâchement abandonné… Je suis
  au courant de tout : je sais aujourd’hui que les humanoïdes t'ont libéré. Tu devais leur fournir les plans du téléporteur et revenir dans le délai imparti. Tu devais revenir sinon ils abattaient
  tes amis. Ils t'ont&nbsp;accordé&nbsp;la liberté&nbsp;et tu n'es jamais réapparu,tu t'es enfuis comme un lâche et n’es jamais revenu les chercher, tu as laissé crever mon père pour sauver ta
  peau&nbsp;!<br>
  — C’est totalement faux&nbsp;! Ça ne s'est pas passé&nbsp;ainsi !<br>
  —&nbsp;La ferme !&nbsp;Écume-t-elle en pointant l’arme contre ma tempe. Je l’ai vu. Il m’a parlé. Il m’a dit combien il a souffert, ils l’ont torturé jusqu'à ce qu’il gémisse comme un chien au fond
  de sa prison. Il n’était pas encore mort lorsqu’ils l’ont balancé dans la fosse commune, avant d’y mettre le feu. Il m’a décrit son calvaire dans les moindres détails. Il m’a montré ce que je
  n’aurais jamais dû voir.<br>
  Herlock est devenu livide. Il pose sur Stelly un œil hagard et douloureux, incapable de trouver une réponse adéquate à ses allégations teintées de folie.<br>
  — Ce sont des hallucinations, dis-je à demi-mot.<br>
  — Je ne vous ai pas donné l’autorisation de parler, commandant Ayana.<br>
  — Ce que tu as aperçu est certainement lié à la menace qui se rapproche, j’ai moi aussi vu et ressentit des choses…<br>
  — Silence&nbsp;! Je sais ce que j’ai vu. Tu as condamné mon père à l’enfer et maintenant tu vas payer, grince-t-elle. Elle m’oblige à m’agenouiller et je sens sa main trembler sur la détente de
  l’arme qui est déverrouillée. Au moindre faux mouvement, un laser me transpercera le crâne.<br>
  — Quant à elle, c’est vrai, tu ne vivais plus depuis son départ. Moi qui te pensais incapable d’amour, je me trompais. Tu lui as voué ton âme, à elle. Pourquoi&nbsp;? Pourquoi n’as-tu jamais pu
  m’aimer comme tu l’aimes ?&nbsp;Pourquoi ne m’as-tu jamais aimé&nbsp;? Parce que dans mes traits tu devinais ceux de celui que tu as trahi&nbsp;? Si tu savais comme j’ai espéré atteindre ton cœur,
  comme j’ai pleuré la nuit en rêvant à tes bras venant me réconforter, comme j’aurais voulu être digne de ton affection, dit-elle d’une voix brisée et tremblante de désespoir. Je ne peux m’empêcher
  de revoir les grands yeux bouleversés de la petite Stelly qui me demande de la prendre dans mes bras, tandis que je sens s’accentuer le tremblement de sa main qui tient l’arme. L’expression éperdue
  du capitaine me fait mal. Je n’ai jamais vu une telle détresse au fond de ses yeux. Il dévisage la jeune femme, incapable de faire face à tout ce qu’il vient de comprendre en quelques secondes,
  muselé par la stupéfaction et la souffrance. Zon, qui jusque-là s'est tenu à l'écart tente une prudente approche.<br>
  — Stelly, pose cette arme, tu ne résoudras rien ainsi, d'autant que tu ne connais pas la vraie version des faits je crois bien...mais elle ne l'écoute même pas, son regard verrouillé à celui du
  capitaine, qui retient son souffle.<br>
  —&nbsp;Je ne peux pas te tuer, c’est au-dessus de mes forces. Mais ce n’est pas toi que je vais abattre, reprend-t-elle soudain d’un ton glacé. Un violent coup de crosse contre ma tempe. Une
  douleur aiguë traverse tous les nerfs de mon visage et je sens un liquide poisseux couler le long de ma mâchoire.<br>
  Herlock a crié quelque chose, mais je n’ai pas compris. La tête me tourne. Je porte une main à ma blessure et constate avec une impuissance hagarde que des gouttes de sang viennent s’écraser entre
  mes jambes.<br>
  —&nbsp;Je veux que tu&nbsp;endures ce que j'ai enduré, ce que&nbsp;mon père a subi, je veux que tu souffres du même vide insondable qui s’est creusé au fond de moi durant toutes ces années, grince
  la jeune démente en appuyant douloureusement le canon du cosmogun&nbsp;contre l'arrière de mon crâne.<br>
  —&nbsp;Dis-lui adieu, Herlock, annonce-t-elle d'une voix blanche.<br>
  Je ferme les yeux, appréhendant ma mort imminente, lorsque le&nbsp;claquement caractéristique d’un laser résonne dans la pièce. Une abominable douleur transperce ma nuque, juste sous l‘oreille.<br>
  Un hurlement et le bruit d’une chute et d’une arme qui tombe, les cris du capitaine… j’ouvre les yeux. Ma tête est contre le sol et une grande flaque pourpre s‘étend devant moi. Je remarque Stelly
  qui se débat sous la poigne de Syrus,&nbsp;j'aperçois le regard horrifié de Ramis qui me contemple, son&nbsp;Whatsup encore dans la main. C‘est sans doute lui qui a dévié la trajectoire du
  cosmogun. Mais pourquoi me dévisage-t-il ainsi ? J’essaie de me redresser, mais mon corps refuse de répondre. Une vague de panique s’insinue en moi.<br>
  <br>
  <img src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//death-copie-copie-1.jpg" alt="death-copie-copie-1.jpg" class="CtreTexte" style=" border: 2px solid #b01212; margin: 0px auto" height="415" width=
  "570"><br>
  Quelqu’un me soulève doucement. Je croise&nbsp;le regard d’Herlock et je peux y lire un tel désespoir ! Mais que se passe-t-il ? Je tente de lui parler, mais mes lèvres refusent de remuer. Il pose
  ma tête contre sa poitrine, caresse mes cheveux… ses mains sont couvertes de sang. Villars semble paniqué, il lui dit quelque chose, mais les sons&nbsp;paraissent déformés, les syllabes se noient
  dans le brouhaha environnant. Herlock se relève en m’entraînant avec lui. Je traverse les couloirs dans ses bras, le docteur sur nos talons. Ma vue se brouille et je lutte pour ne pas sombrer. Je
  me concentre sur le rythme des battements du cœur d’Herlock, qui s’accélèrent irrégulièrement. Nous sommes devant la porte de l’infirmerie qui s’ouvre dans un souffle. J’ai peur, je suis soudain
  terrifiée. Je voudrais crier, mais je ne suis plus capable du moindre geste, tout mon organisme est paralysé. Je vous en prie ! Dites-moi ce qui se passe ! Herlock m’allonge avec précaution sur la
  table d’opération, il est livide et je jurerais voir une larme perler le long de sa joue. Il plonge son regard au fond du mien, tente un sourire rassurant en caressant mes cheveux&nbsp;et s’écarte
  afin de laisser le docteur Villars m’administrer ce qui doit être un anesthésique, mais je n’ai pas mal… je ne&nbsp;ressens plus rien… Le médecin plaque un masque sur mon nez et tout autour de moi
  prend une consistance floue et vacillante… Il me semble entendre la voix brisée d’Herlock et je le vois qui&nbsp;saisit sa tête entre ses mains. Je me sens mal, je suis tellement terrifiée que je
  refuse de sombrer, mais je ne peux pas lutter, la pénombre envahit mon esprit, je ne contrôle plus rien…<br>
  <br>
  <img src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//tete.gif" class="CtreTexte" height="80" width="35"><br>
  <br></span>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;">Je n’ai plus froid. Le soleil orangé de cette fin d’après-midi réchauffe généreusement mes épaules et mes bras dénudés. Une délicate brise d’été
    joue avec les herbes verdoyantes de la prairie éclaboussée de Paquerettes blanches et d'un tapis de&nbsp;frêles coquelicots, s’engouffrant sous les pans de ma jupe de soie bleue si légère. Je
    frissonne au doux contact du tissu contre ma peau légèrement hâlée&nbsp;par l'astre bienveillant de ce début de saison. Le chant de milliers de cigales enthousiastes accompagne le vol désordonné
    des papillons multicolores qui animent de leurs fragiles danses les framboisiers sauvages. Je ramasse un brin de lavande parmi les dizaines de pieds odorants qui bordent ma route&nbsp;et je
    souris en apercevant au loin le toit de la maison de pierres ivoirines. Je m’élance sur le chemin de terre avec un rire cristallin. Un rire d’enfant. J’ai&nbsp;huit ans et je hume avec délice le
    parfum d’une tarte aux pommes&nbsp;mêlée de&nbsp;cannelle qui refroidit sur le rebord de la fenêtre encadrée de glycine dentelée, tandis que le chat gris s’étire nonchalamment à mon arrivée. Je
    tente de le caresser, mais il crache méchamment et sa patte leste griffe le dos de ma main. Qu'importe, je n'aime pas les chats. Ils sont fourbes et&nbsp;savent des choses qui nous échappent à
    nous, humains.&nbsp;Je le regarde s'éloigner à toute vitesse, perplexe.</span> <span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&quot;; font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: Arial; font-size: 10pt;">Je ne devrais pas être ici, quelque chose au fond de moi cherche à me prévenir. Le&nbsp;félin se doute de quelque chose...<br>
    J'ai fait un&nbsp;songe étrange cette nuit, mais cela m'arrive&nbsp;si souvent. Je rêve beaucoup trop, me dit&nbsp;tout le temps&nbsp;maman. Elle en a même&nbsp;parlé au docteur une&nbsp;fois. Il
    a&nbsp;expliqué que ce n'était pas grave, les rêves allaient me quitter plus tard, lorsque je serais grande. Cela m'a rendue triste. Je n'ai pas envie que mes rêves disparaissent, même si parfois
    ils me font peur. Je me sentirais vide et seule sans eux.&nbsp;Mon dernier&nbsp;songe était différent des autres. Il y avait des milliers d'étoiles et des planètes, je naviguais au coeur de
    l'espace. C'était si beau et si vaste ! Il y avait un homme avec un bandeau noir couvrant son oeil blessé, quelque chose de très&nbsp;étrange me liait à lui, comme si je l'avais toujours connu,
    mais le souvenir s'est doucement évaporé au fil de cette&nbsp;magnifique journée, ne me laissant qu'un arrière-gout insolite de danger. Je balaie d’un geste distrait les angoisses qui parasitent
    l’harmonie de ces instants de plénitude. Il faudrait sans doute que je renonce à mes rêves, maman et le docteur ont raison. Cela ne mène à rien. La porte s’ouvre sur son sourire bienveillant.
    Elle est si belle, auréolée de douceur et d’amour, ses lourds cheveux d'or retenus par un ruban de dentelle noire.&nbsp;La lueur affectueuse au fond de ses yeux clairs me comble d’un bonheur sans
    restriction. J’ai huit ans et maman m’invite à entrer dans la cuisine emplie de tous les arômes sucrés qui me font déjà saliver. Elle me tend une main et me soulève sans effort. Je suis dans ses
    bras et je peux entendre les battements réguliers de son cœur, en harmonie avec les miens. Je me blottis contre sa poitrine et profite sans remords de sa chaleur et du parfum aux accents d’amande
    et de fleur d'oranger de sa peau si douce. Tout est si paisible et feutré. Je suis tellement bien, je suis si heureuse. J’ai huit ans et je suis enfin rentrée à la maison…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <div>
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//logo85278593.jpg" class="CtreTexte" height="160" width="299">
  </div>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 11 Apr 2008 08:00:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-16362745.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-16362745-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 28 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-18312295.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: arial; font-size: 10pt;">Un cri déchirant précède de quelques fractions de secondes l'irruption dans le corridor d'un jeune garçon terrifié. Il semble ne pas
    s'apercevoir de ma présence et me bouscule avant de s'effondrer sur le sol gris, sans cesser de fixer quelque chose au fond de la pénombre. Il tremble si fort que je parviens à entendre le
    claquement de ses dents qui s'entrechoquent. Je m'accroupis à sa hauteur afin de lui venir en aide et il pousse un nouveau hurlement au contact de ma main. Il pointe un doigt vers le fond désert
    du corridor en rampant maladroitement vers l'arrière.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial; font-size: 10pt;">— Pitié ! Non ! Je vous en prie, je n'ai pas mérité ça ! Gémit-il dans une transe hystérique. Je l'empoigne par les épaules et lui assène une
    paire de claques afin de briser l'illusion dans laquelle il doit sans doute se débattre. Il lève soudain vers moi des yeux hagards et humides de terreur, haletant.<br>
    — Relevez-vous, dis-je sévèrement. Mais il ne réagit pas, encore sous le choc de ce qu'il vient de traverser, et m'indique de nouveau le bout du couloir noyé dans la pénombre.<br>
    — Vous l'avez vu ? Il vient nous châtier. Il vient nous punir de tous nos méfaits ! chuchote-t-il d'une voie vacillante teintée d'une ferveur hystérique qui me hérisse.<br>
    — Je n'ai rien vu, reprenez-vous, c'est un ordre, ou je vous fais interner dans la section 4.<br>
    — Il est venu nous condamner pour tous nos péchés ! Il&nbsp;m'a choisi pour être sa main, je dois sanctionner les pécheurs ! Glapit-il en me jetant soudain un regard injecté de sang. L'éclat de
    sa folie me frappe alors de plein fouet et je comprends qu'il me faut agir vite. Je lui assène un coup de poing et lui retourne prestement un bras dans le dos pour l'immobiliser au sol. Je pose
    mon genou contre ses reins afin de le neutraliser et enclenche mon émetteur&nbsp;dans l'espoir&nbsp;de contacter Villars.<br>
    — Urgence couloir 34, docteur Villars : un membre d'équipage prit de démence.<br>
    — Encore un ? Mais c'est une véritable épidémie ! Bien, je vous envoie de l'aide, vous le ferez rapatrier au poste médical, me répond la voix grésillante du médecin.<br>
    — Vous allez tous le payer ! Dieu arrive et il est en colère ! Rugit le pirate en&nbsp;espérant vainement se dégager. Je le plaque plus brutalement au sol afin de le faire taire, excédée par ses
    élucubrations religieuses. J'ai de tout temps méprisé ces doctrines quelles qu'elles soient, qui tentent de donner un sens illusoire à nos actes et à nos vies en nous dictant des conditions.
    Comment après tant de sang versé et de siècles écoulés un être humain peut-il encore adhérer à ces croyances obscures prônant la toute-puissance d'une entité supérieure ?<br>
    — Dieu a décidé de nous exterminer, car nous sommes indignes ! Vocifère le forcené, échaudant mes nerfs. J'enfonce son visage dans le sol en m'appuyant de tout mon poids contre son dos tandis
    qu'il se débat de plus belle.<br>
    — Ferme-la ou je t'envoie rejoindre ton dieu de pacotille, dis-je avec un agacement grandissant. J'aperçois Andrak et Key au bout du corridor, qui se précipitent afin de me prêter main-forte.
    Nous obligeons le jeune homme à se relever et je frissonne en remarquant une longue trainée de sang qui s'écoule de son nez. La station debout semble l'aider à reprendre ses esprits et il se
    calme au bout du compte, nous jetant des regards craintifs et embarrassés.<br>
    — Encore ces foutues hallucinations, grogne Key.<br>
    — Celui-ci a vu Dieu, dis-je avec une moue cynique. Les assistants du docteur Villars arrivent enfin, escortés de trois gorilles armés. Ils prennent en charge le forcené qui se montre coopératif,
    exactement comme s'il venait de s'éveiller d'un violent cauchemar. Je les regarde l'emmener, soulagée.<br>
    — Il semble que plus de la moitié de l'équipage soit déjà victime de ces hallucinations, murmure Key en passant une main nerveuse dans ses cheveux.<br>
    — Ce ne sont pas que des visions. Ces... choses que vous voyez sont bien réelles. Elles sont issues non pas de vos cerveaux, mais&nbsp;indiscutablement d'une réalité parallèle, une dimension qui
    s'insinue petit à petit dans la nôtre, répond Andrak.<br>
    — Foutaises, fais-je, excédée. Qu'est-ce qui vous permet&nbsp;de&nbsp;si hasardeuses&nbsp;conclusions ? Ce ne sont que des hallucinations générées par nos peurs enfouies.<br>
    — Malheureusement, ce n'est pas si simple,&nbsp;insiste Andrak avec un certain malaise.<br>
    — Qu'essayez-vous de nous dire ? Reprends Key.<br>
    — Si nous restons dans les alentours de cette menace trop longtemps, les&nbsp;évènements vont irrémédiablement s'aggraver et prendre de telles proportions qu'il sera impossible de lutter. J'ai
    été témoin de tout ceci, j'ai vu également des choses, et je les aie... touchées. Je veux que vous compreniez, je ne sais pas comment c'est possible, mais ces dimensions sont capables d'entrer
    dans la nôtre, d'interférer avec notre réalité, de nous... engloutir.<br>
    — Mes terreurs n'appartiennent qu'à moi, et c'est elles que j'ai dû affronter jusqu'à présent, dis-je avec mépris.<br>
    — Vous vous méprenez : vos peurs et vos cauchemars ne sont qu'une dimension parmi des milliards à laquelle vous avez accès de temps à autre sans pouvoir en faire partie, en temps normal.<br>
    — C'est absurde.<br>
    — Je pense qu'il a&nbsp;peut-être raison, commandant, intervient Key. Cela rejoint étrangement l'explication de monsieur Zon.<br>
    — Les rêves, les cauchemars, les pensées, ne sont qu'une suite de stimulus électriques générés par notre cerveau, Key, c'est une des premières choses que l'on apprend dans les écoles de
    l'U.T.<br>
    — Et si ce n'était pas le cas, commandant ?&nbsp;S'il y avait une autre vérité que celle de l'U.T ?<br>
    Je la foudroie du regard, piquée à vif par sa remarque et furieuse de réaliser que mon argumentation et mes réticences sont uniquement dictées par une peur instinctive qui s'éveille au creux de
    mon ventre et que je tente en vain d'endiguer. Je frémis en songeant à la petite plume de nacre au fond de ma poche. Conscient de la tension qui s'est installée, Andrak s'empresse de reprendre la
    parole.<br>
    — Grace au lieutenant, j'ai été en mesure de contacter mon haut commandement. Demande est faite aux autorités suprêmes de vous accorder audience, afin de leur exposer les faits, ceci bien entendu
    avec l'assurance de votre immunité parlementaire diplomatique. Il n'y a plus qu'à attendre leur accord. Une simple formalité.<br>
    — Imaginez-vous réellement que vos dirigeants respecteront l'immunité qui nous est promise ?<br>
    — J'en suis certain. Jamais un humanoïde ne trahit ses engagements. La trahison est un délit très grave sur ma planète, passible de la peine capitale, même en ce qui concerne les affaires civiles
    d'ordre privé. Je pense d'ailleurs que votre peuple devrait s'inspirer de notre code, cela éviterait beaucoup de situations inextricables.<br>
    — Je me passerai de vos conseils, Andrak, contentez-vous de faire au mieux&nbsp;afin que cette entrevue ne se métamorphose pas en bain de sang.<br>
    — Je ferai tout mon possible pour que nos fratries puissent s'allier en une salutaire harmonie afin de lutter contre cette menace.<br>
    — N'en faites pas trop, seule la fatalité nous unira, je ne vois là aucune harmonie, dis-je avec une moue maussade.<br>
    — Je regrette que vous appréhendiez les choses avec tant d'amertume.<br>
    — Ne regrettez rien. Herlock vous l'a fait comprendre à sa façon et je vais maintenant vous donner ma version : je ne vous aime pas, Andrak. Je n'apprécie guère de devoir collaborer avec ceux qui
    m'ont jadis traitée comme un simple rat de laboratoire, je ne suis pas heureuse de partager ma destinée avec&nbsp;les monstres&nbsp;qui ont massacré mon équipage et tous ceux que je chérissais
    autrefois, je suis malade rien qu'à l'idée de devoir rencontrer vos chefs barbares qui n'ont pas la décence de respecter nos morts et fabriquent des machines de guerre avec les dépouilles de mes
    frères... Évitez donc à l'avenir de me faire l'apologie de votre merveilleux peuple, car il se pourrait que ma main dérape et se referme sur votre immonde cou décharné afin de vous faire taire à
    jamais. Je suis arrêtée net au milieu de mon sermon par le regard aux multiples pupilles qui reflète une telle déception et une&nbsp;si authentique&nbsp;tristesse que je regrette presque mon
    soudain épanchement de haine.<br>
    — Je vous comprends, commandant, se contente de murmurer l'humanoïde en baissant les yeux.</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-family: arial; font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-family: arial; font-size: 10pt;"><br>
    &nbsp; <img src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//hate-copie-copie-1.jpg" class="CtreTexte" style=" border: 2px solid #b13951; margin: 0px auto" height="800" width="572"></span><br>
    <span style="font-family: arial; font-size: 10pt;">J'abandonne mes compagnons et rejoins machinalement les quartiers du capitaine. Je frappe, mais personne ne répond. Je pose ma main sur le
    capteur d'empreinte à tout hasard et esquisse un léger sourire lorsque le sas se déverrouille. Ainsi donc, il a entré mes coordonnées dans le logiciel de verrouillage de son univers personnel. Je
    lui en suis reconnaissante et quelque peu émue, mais le verre de vin brisé qui gît au pied du bureau ne me laisse guère le temps de profiter de cette révélation. Je balaie rapidement la pièce
    d'un regard inquiet et découvre une vieille photo un peu plus loin, lacérée avec acharnement. Je la saisis avec appréhension et&nbsp;elle me dévoile&nbsp;les visages déchiquetés de trois enfants
    d'une dizaine d'années, aux yeux pétillants de vie. Je reconnais sans hésitation les regards d'ébènes de Zon et de sa soeur, ainsi que celui plus clair et rêveur du petit Herlock. Je fronce les
    sourcils. Pourquoi s'être ainsi acharné sur ces images du passé ? Herlock a-t-il lui aussi été contraint d'affronter ses propres démons ? Cela ne me dit rien qui vaille et le pressentiment d'un
    imminent malheur me submerge avec une singulière violence. Je quitte les lieux avec empressement,&nbsp;nourrissant&nbsp;le secret espoir que mon instinct se joue de moi.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 04 Apr 2008 08:04:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-18312295.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-18312295-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 27 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-18082175.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>Le bilan de cette réunion s’avère plus que complexe. Il me semble que toutes les
    certitudes et les principes qui ont régi jusqu'à présent nos destinées sont sur le point de voler en éclat. L’inexorable danger qui s’étend maintenant bien au-delà des frontières de la nébuleuse
    de Razokan remet en question tout ce qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui et la précarité de la situation parait vouloir nous contraindre à des alliances qui m’inspirent une
    confiance plus que mitigée, si toutefois le peuple humanoïde et les grands pontes de la guilde commerciale se montrent capables de comprendre que nous n’avons guère le choix. Tout vacille, j’ai
    la sensation d’être un marin perdu au sein d’un vieux navire qui prend l’eau de toute part et s’apprête à sombrer. Jamais notre survie ne m’est apparue plus incertaine, et c’est sans doute pour
    cette raison que je ne parviens plus à juguler les bouffées d’angoisses qui m’assaillent, entrecoupées d’inaccoutumées pulsions de vie et de profond désespoir. Herlock a préféré se retirer dans
    le calme et la pénombre de ses quartiers, tandis qu’un impérieux besoin de me mêler à la foule s’est emparé de moi, ce qui ne m’est guère coutumier. J’observe avec attention chacun de mes
    semblables au sein du réfectoire saturé d’odeurs de graisses et de fumée, me laissant étourdir par le vacarme de bavardages entremêlés. Quelque chose a changé dans mon regard. Tout ce qui
    m’entoure me semble auréolé d’une indéfinissable tristesse. Chaque geste, chaque sourire, me paraît marqué d’un sceau inexorable. Ont-ils seulement conscience que chaque instant, chaque minute,
    nous rapproche d’une échéance sans doute fatale&nbsp;? Ont-ils seulement idée de l’effroyable vulnérabilité de nos existences&nbsp;? J’assiste en silence à la querelle stérile de deux pirates
    avinés pour une bouteille à moitié vide. À quelques pas, la si jeune Stelly rit aux éclats au milieu d’un groupe de béotiennes recrues, visiblement fascinées par son décolleté. À sa droite, une
    petite troupe de femmes discute avec entrain en jetant quelques œillades indiscrètes en direction de la table de Zon, qui trinque avec Ramis, sous l’oeil réprobateur de Key. Je m’aperçois
    soudainement que malgré toutes les longues traversées que nous avons partagées, je ne sais rien de son histoire, je n’imagine même pas ce qui la lie avec tant d’abnégation à l’Arcadia et à son
    capitaine, je m’en veux soudain de ne jamais m’être posée la question avant ce jour et je frissonne à l’idée de tout ce qui m’échappe, tout ce que je ne connaitrai jamais de mes fidèles
    compagnons de voyage, alors pourtant que nous allons sans doute périr ensemble. Mon dieu, tous ces sentiments, ces rancoeurs, ces rêves, ces folies, ces peines et ces joies, tout ce qui semble
    donner un sens à nos vies, tout cela nous paraitra bientôt tellement absurde, à l'instant où l’univers entier s’embrasera, au moment où tout ce que nous maitrisons sera englouti par ce chaos
    indescriptible qui avance chaque seconde un peu plus. Je laisse divaguer mon regard au hasard de la salle commune, perdue au cœur de ces réflexions inutiles, lorsque mon sang se glace d’un seul
    coup. Je suis tétanisée à la vue du petit visage crasseux d’un enfant aux cheveux en bataille qui me&nbsp;toise d’un oeil noir au milieu de la foule. Personne ne semble lui prêter attention. Un
    enfant que je reconnais aussitôt, le souffle coupé par la stupéfaction. Autour de lui, les hommes&nbsp;se restaurent&nbsp;et boivent sans paraitre interpellés par la présence d’un si jeune
    voyageur à bord. Suis-je en train de perdre la raison&nbsp;?<br>
    <br>
    <img class="CtreTexte" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//vision-copie-1.jpg" alt="vision-copie-1.jpg" height="600" width="424"><br>
    Je remarque le regard de Ramis qui s’est posé sur moi et se lève, tandis que je ferme les yeux et entreprends de contrôler ma respiration qui s’accélère en rythme avec les battements de mon cœur,
    je les ouvre de nouveau, mais l’enfant est toujours là, qui me dévisage avec une animosité inconcevable. Mes mains se mettent à trembler alors que je tente vainement de me raisonner&nbsp;: Tomy
    est mort il y a dix ans de cela, ce que tu vois n’est qu’un effet secondaire de la proximité avec la menace. Il n’est qu’illusion, rappelle-toi les mots d’Andrak…</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>Une main vient se poser sur l’épaule du petit garçon tandis que mon cœur s’accélère
    encore. Je lève les yeux vers le nouveau venu qui plonge son regard clair au fond du mien et je ne peux contenir un cri de stupeur. Je me redresse d’un bond, renversant mon verre et ma chaise, et
    recule de quelques pas, terrifiée. Kyle pointe vers moi un index accusateur avec un rire diabolique, pendant que ses traits se déforment en un masque de folie meurtrière. Ses doigts se fondent
    soudain avec l’épaule de l’enfant dans d’abominables bruits de craquements d’os alors que s’élève un hurlement aux accents inhumains de la gorge du petit être difforme. Les deux corps se
    modifient tandis que je recule encore. Je sursaute au son de la voix de Ramis, qui pose une main sur mon avant-bras et me retourne vivement.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Vous vous sentez bien, commandant&nbsp;?</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Je… n’en suis pas certaine, fais-je en lui désignant la place vacante qui
    accueillait il y a quelques secondes les fantômes de ma conscience malmenée. Il esquisse un sourire compréhensif et me tend un coude amical afin de m’inviter à le suivre. Tétanisée et confuse, je
    m’exécute sans quitter des yeux la chaise obstinément vide qui me fait face à quelques mètres de là.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Allons marcher un peu, vous êtes plus pâle qu’un spectre, dit-il. Nous abandonnons
    le réfectoire et le contact franc de son bras ainsi que le calme des corridors m’aide à reprendre mes esprits. Je suis brusquement embarrassée par mon accès de panique et c’est les yeux rivés au
    sol que je poursuis mon chemin.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Vous vous sentez mieux&nbsp;? Demande soudain le jeune
    homme.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Oui, je te remercie, je ne sais pas ce que…</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Vous avez vu quelque chose, n’est-ce pas&nbsp;?</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Je n’en suis plus certaine, je crois que je suis victime d’hallucinations, sans
    doute notre promiscuité avec ce magma immonde qui est en train d’engloutir les étoiles…</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>Il stoppe alors la marche et je lâche son bras,
    décontenancée.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Vous aviez l’air d’avoir vu un fantôme, ironise-t-il</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— C’est à peu près le cas, enfin, je crois, dis-je avec une pointe
    d’humour.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Oui, moi aussi j’ai croisé des fantômes ces derniers temps. L’un d’eux traine dans
    le sillage du capitaine… Mais au fait, je n’ai pas eu le loisir de vous remercier.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Pourquoi&nbsp;?</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Et bien, pour avoir volé à mon secours lorsque nous avons déserté la terre, car
    j’imagine que le capitaine se serait fait un plaisir de m’abandonner à mon triste sort.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Il ne te hait pas, Ramis, j’en suis certaine.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Oui, je pense aussi que tout dans son attitude démontre à quel point il
    m’apprécie, grince-t-il avec cynisme. Mais j’étais convaincu de toute façon que vous ne me laisseriez pas tomber, commandant.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Tu savais aussi que nous allions être attaqués, n’est-ce pas,
    Ramis&nbsp;?</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— J’oublie parfois à quel point vous pouvez être perspicace
    Ayana.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Ce n’était pas bien compliqué, Ramis. Un passage menant droit à l’Arcadia, au cœur
    même de la pièce prise d’assaut, ta rapidité d’analyse et de réaction…</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Je l’avoue, j’ai orchestré cette opération depuis le début. Mais vous reconnaitrez
    qu’il n’y a eu aucune perte parmi l’équipage, c’était du travail de professionnel.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Pourquoi, Ramis&nbsp;? C’était extrêmement
    risqué&nbsp;!</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Quel autre moyen avais-je de vous accompagner&nbsp;? Le capitaine ne m’aurait
    jamais accepté au sein de son équipage, et il fallait absolument que je sois des vôtres. Je n’avais pas d’autre choix que de lui forcer la main en prévenant l'armada humanoïde la plus proche, car
    je dois rendre cet univers meilleur, c’est mon destin, et je sais pertinemment que l’Arcadia sera au cœur du terrible affrontement qui se prépare.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Bon sang, tu ne changeras donc jamais, Ramis.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— C’est ce qui fait tout mon charme, avouez-le.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Ainsi, tu penses qu’il y aura une bataille… mais comment veux-tu que nous nous
    mesurions à l’enfer que vos expériences absurdes ont libéré&nbsp;? Quel est le pacte qui te lie à monsieur Zon&nbsp;? Il baisse les yeux, puis me saisit par les
    épaules.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Monsieur Zon n’est pas le monstre que vous imaginez, commandant. Son but était
    louable et tellement ambitieux. Si nous étions parvenus à nos fins, cela nous aurait menés sur de si vastes chemins…</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Il semble que vous ayez échoué, entrainant avec vous la destruction de milliards
    de vies, humaine ou non, l’annihilation de cet univers&nbsp;! Bon sang, Ramis, te rends-tu compte de ce que vous avez libéré, dans le seul but de maitriser ce qui ne doit pas l’être&nbsp;? Vous
    êtes tous deux complètement inconscients, ou fous.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Nous allons défaire ce qui a été fait, quand bien même je devrais y laisser la
    vie, et soyez certaine que tel est également le but de monsieur Zon.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Je pense que malheureusement nombreux sont ceux qui vont devoir y laisser la vie,
    la tienne et celle de Zon ne suffiront pas, Ramis.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— J’ai fait beaucoup d’erreurs, Ayana, j’en suis conscient. Je suis loin d’être
    celui que j’étais autrefois. Mais une chose est incontestable. Je tiens toujours parole et je vous jure que je mettrais fin à ce cauchemar. Il ne peut en être autrement. Il fait quelques pas en
    avant puis se retourne dans ma direction.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Quant à ma petite manigance, je pense que vous comprendrez qu’il serait néfaste
    d’en parler au capitaine, n’est-ce pas&nbsp;?</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>— Je crois qu’il sait déjà parfaitement à quoi s’en
    tenir.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; punctuation-wrap: simple;">
    <span style="font-family: arial;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="mso-font-kerning: 14.0pt;"><span>Une lueur incrédule traverse son regard, puis il exécute une discrète révérence avec
    un sourire éclatant avant de s’éclipser.</span></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 27 Mar 2008 12:23:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-18082175.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-18082175-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 26 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-16362746.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: small;">La clarté rougeoyante et instable qui inonde la salle de pilotage me donne l’impression de plonger dans le ventre d’un gigantesque animal. À l’instar de mes
    compagnons, je reste muette de stupeur devant l’ampleur extraordinaire que semble avoir prise la chose dans cette partie de l’univers. Aussi loin que portent mes yeux un magma informe parait se
    mouvoir à travers l’espace, avalant les étoiles et les planètes avec de répugnantes convulsions. Des amas sombres d’une matière indescriptible se diluent et se rétractent avec incohérence.<br>
    — Quelle distance nous sépare de cette chose&nbsp;? Demande Herlock.<br>
    —50&nbsp;000 spatiokilomètres, mais l’ordinateur central ne décèle toujours rien d’anormal, si ce n’est l’absence de tout corps céleste. C’est comme si pour Alfred, cette partie de l’univers
    était complètement… vide, répond Key dans un souffle atterré.<br>
    — Regardez&nbsp;! Crie Ramis. Ça s’étend&nbsp;! Bon sang, cette chose se rapproche de nous à toute vitesse.<br>
    — Mon dieu, jamais je n’aurais imaginé une telle chose, murmure Zon, plongé dans une sorte de transe admirative mêlée de terreur. Je recule soudain, convaincue d’avoir&nbsp;aperçu au sein du
    magma bouillonnant les traits déformés de milliers de visages. Je frotte mes yeux pour me débarrasser de cette horrible illusion lorsqu’une violente douleur irradie mon cerveau, faisant flancher
    mes jambes. Je titube et réalise que je ne suis pas l'unique victime de ce mal subit. Un long filet de sang ne tarde pas à s’écouler de mon nez&nbsp;alors qu’il me semble&nbsp;déceler de nouveau
    cette étrange psalmodie au cœur d’un&nbsp;entrelacs de chuintements et de murmures insolites. Suis-je la seule à les entendre&nbsp;?<br>
    — Machine arrière&nbsp;! Hurle le capitaine en agrippant la barre à pleine main.<br>
    Je rejoins mon poste de pilotage, quelque peu étourdie, et tape une série de codes afin de neutraliser les moteurs principaux, tandis que Key se charge des réacteurs annexes. Par bonheur, cette
    fois aucune attraction n’entrave notre manœuvre, sans doute car nous sommes encore bien trop loin de la source des perturbations. La douleur de mon crâne s’estompe rapidement et c’est avec
    soulagement que je vois s’éloigner le magma incompréhensible qui défigure l’espace derrière nous.<br>
    — Je crois que nous avons un sérieux problème, murmure Ramis à l’attention de Zon, qui lui jette un regard étrange tandis que je sursaute, persuadée d’avoir aperçu une ombre sinueuse l’envelopper
    un instant.<br>
    <br>
    <img class="CtreTexte" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//ombres-copie-copie-1.jpg" alt="ombres-copie-copie-1.jpg" height="499" width="383"><br>
    — Monsieur Zon, Ramis, Syrus, salle de conférence, sur le champ. Avisez également le docteur Villars de me rejoindre, grogne Herlock avec mauvaise humeur. Key, maintenez le cap vers la planète
    Epona. Il va nous falloir demander de l’aide si nous souhaitons empêcher cette chose d’atteindre les colonies frontalières de l’U.T. commandant Ayana, avec moi.<br>
    Je le suis sans discuter à travers les couloirs, avec la désagréable sensation que des ombres menaçantes se dissimulent dans les recoins à notre approche et se mettent à louvoyer dans notre
    dos.<br>
    <br>
    <img class="CtreTexte" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//tete.gif" alt="undefined" height="80" width="35"><br>
    <br>
    — Je veux savoir exactement quelle était la teneur et le but des expériences que tu as mené, Zon, ordonne brutalement le capitaine, sans plus de cérémonie. Ce dernier recule d’un pas et nous
    dévisage sans un mot.<br>
    — Répondez donc, monsieur Zon, insiste Villars.<br>
    — Comment voulez-vous que je vous dépeigne en quelques&nbsp;phrases des dizaines d’années d’une recherche acharnée&nbsp;? Je ne suis pas&nbsp;convaincu que vous êtes en mesure de comprendre…<br>
    — Essayez toujours, dis-je avec agacement.<br>
    — Bien. Mes recherches se sont basées sur la théorie des cordes, qui fût développée pour la première fois dans les années 1984, par un certain Michael B Green et son homologue John H. Schwarz.
    J’ai tenté de savoir si effectivement il existe plusieurs dimensions qui nous échappent et ne s’entrecroisent jamais, comme de nombreux physiciens l’ont autrefois suggéré. Ces dimensions seraient
    la résultante de fréquences ondulatoires infinies. Pour faire simple, grâce à Ramis, je suis parvenu à briser, ou plutôt dévier certaines de ces cordes.<br>
    — Quel était le but de cette manœuvre&nbsp;? Répond sèchement Herlock.<br>
    — Je voulais être capable de relier entre elles plusieurs dimensions, d’ouvrir un passage vers quelque chose qui nous dépasse, de découvrir comment modifier l’espace-temps et changer nos
    destinées. Vous n’imaginez pas toutes les possibilités que laisse entrevoir cette légère modification... et plus que tout, j’avais l’espoir de la retrouver, dit-il en levant un regard empli de
    colère et de douleur vers le capitaine qui demeure impassible.<br>
    — Modifier le temps&nbsp;? Changer la destinée&nbsp;? Bon sang, Zon, êtes-vous devenu complètement fou&nbsp;? S’écrie Villars en le dévisageant d’un air affligé.<br>
    — J’y suis presque parvenu. Souviens-toi, Ramis. Le messager. Le messager est parvenu à traverser les dimensions. Puis tout s’est dégradé, nous avons perdu le contrôle. Il n’est jamais revenu.
    Comment l’aurait-il pu&nbsp;? Ces choses abominables que vous avez vues et entendues ne sont que la résultante des dimensions qui s’entrecroisent et forment quelque chose d’inconcevable. Quelque
    chose qui ne devrait pas être.<br>
    — Mon Dieu, Zon, qu’avez-vous fait&nbsp;? Murmure Syrus avec horreur.<br>
    — J’ai ouvert les portes du chaos originel. J’ai libéré l’enfer.<br>
    — Votre folie a condamné tout ce qui vit dans l’univers&nbsp;et vous faites des métaphores&nbsp;! N’avez-vous donc aucun respect pour quoi que ce soit ? Par votre faute nous sommes en passe
    d’assister à la fin de toute civilisation&nbsp;et vous parlez de l’apocalypse avec une exaltation hystérique qui me donne furieusement envie de vous botter le train&nbsp;! Bon sang, capitaine, ce
    type est sans doute un génie, mais c’est plus encore un illuminé dangereux&nbsp;! Rugit Villars avec fureur.<br>
    — Contentez-vous de suivre les pistes que je vous ai données et épargnez-nous vos commentaires, lui répond Zon avec une condescendance irritée<br>
    — Vous n’avez aucun ordre à me donner&nbsp;!<br>
    — Assez&nbsp;! Rugit Herlock. Calmez-vous, docteur Villars. Cela ne sert strictement à rien de vous emporter ainsi. Quant à toi, Zon, je te conseille d'apporter à nos savants plus qu’une piste de
    recherche. J'exige des résultats dans les 48 heures ou je programme un chasseur qui t’enverra directement au cœur de ta magnifique création. Ramis, je veux que tu me mettes en contact avec le
    commandement de l’union terrestre. Nous allons avoir besoin de toutes les forces armées envisageables.<br>
    — Mais, capitaine, je ne pense pas que…<br>
    —Lorsqu’ils auront vu ce que nous avons vu, lorsqu'ils sauront ce que nous savons, ils seront bien contraints d'écouter. Transmets-leur la copie de l’enregistrement du poste de contrôle.<br>
    —&nbsp;Entendu, capitaine. Je vais tenter de les joindre. Mais auparavant, je voudrais savoir si je peux récupérer ma cabine. Je ne peux décemment jouer mon nouveau rôle de diplomate au beau
    milieu de la horde de soudards qui me servent actuellement de voisins, répond Ramis avec un sourire narquois.<br>
    — Accordé, soupire Herlock avec lassitude.<br>
    — Je vous remercie, capitaine. Je vous promets que vous ne regretterez pas votre geste.<br>
    Un étrange désarroi traverse le regard d'Herlock, qui semble&nbsp;dérouté un instant&nbsp;par la gratitude et l’enthousiasme du jeune homme et quelque chose s’adoucit dans ses traits tendus,
    quelque chose qui s’apparente au soulagement&nbsp;à la suite d'une rude bataille, au réconfort de retrouver un être cher&nbsp;disparu depuis trop longtemps&nbsp;? Le signal sonore de la porte
    détourne mon attention.<br>
    — Laissez-moi entrer, capitaine, ce que j’ai à vous dire est d’une importance capitale, grésille la petite voix de l’humanoïde derrière le battant. Herlock enclenche le visualisateur.<br>
    — Que voulez-vous, Andrak&nbsp;? Ceci est une réunion strictement confidentielle.<br>
    — Je pense que je peux vous aider, capitaine. Je vous en prie, permettez-moi d'entrer.<br>
    Herlock enclenche le dispositif d’ouverture du sas, et l’humanoïde, intimidé, nous dévisage avec angoisse sans oser bouger.<br>
    — Entrez donc, Andrak, nous n’allons pas vous faire de mal, dis-je en lui faisant signe vers l’intérieur. Il m’accorde un sourire reconnaissant et s’exécute en se tordant nerveusement les
    mains.<br>
    — Je… j’ai vu comme vous ce qui arrive droit vers les territoires habités. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, capitaine. Je pense qu’il est de mon devoir d’avertir mon commandement et du
    vôtre de m’y autoriser. Mon peuple a le droit de savoir ce qui se passe.<br>
    — C’est ça, de cette manière ils n’auront plus qu’a nous localiser et se pointer avec l’artillerie lourde, car qui nous dit que vous ne leur transmettrez pas notre position&nbsp;? Grogne
    Ramis<br>
    — Là n’est pas le but de mon appel. Croyez-moi, je n’ai aucune intention de nuire à ceux qui m’ont sauvé la vie.<br>
    — Ouais, bien sûr. Tout le monde sait que la parole d’un humanoïde est sacrée, insiste Ramis avec arrogance.<br>
    — Tout à fait, monsieur Ramis.<br>
    — LIEUTENANT Ramis, je te prie. J’ai pris du galon depuis tout à l’heure. Allez, ne me fais pas rire, tu ne crois pas que tu vas parvenir à nous convaincre tout de même&nbsp;?<br>
    — Permettez-moi d’insister, lieutenant Ramis. Tout d’abord, sachez que la valeur de la parole donnée a sans doute plus d’importance pour mon peuple que pour le vôtre. Ensuite, imaginez que
    contrairement à ce que vous pensez, nous ne sommes pas des brutes incultes et sans cervelle, ce qui n’est pas toujours valable en ce qui concerne vos congénères, et par conséquent nous sommes
    tout à fait à même de nous rendre compte de la terrible gravité de ce qui est en train de se passer et d’agir subséquemment de la manière la plus appropriée afin de venir à bout de ce qui menace,
    semble-t-il, l’univers dans son ensemble. Univers dans lequel nous évoluons au même titre que vous, humains.<br>
    Ramis reste muet quelques secondes, pris de court par la réponse sèche et sévère d’Andrak, que j’admire soudain pour le courage de sa démarche et de ses quelques mots à Ramis, qui, avec sa
    caractéristique impétuosité, aurait fort bien pu décider de l’abattre en une fraction de seconde. Mais le jeune homme se contente d’un large sourire assorti d’une claque amicale dans le dos de
    l’humanoïde, qui vacille avec stupeur.<br>
    — Je t’aime bien toi, t’as du cran. Capitaine, nous devrions peut-être écouter ce qu’il veut nous dire après tout,&nbsp;déclare Ramis.<br>
    — Que proposez-vous, Andrak ? Demande Herlock<br>
    — Je voudrais que vous acceptiez de me faire confiance, capitaine. Il me faut contacter mon haut commandement afin qu’ils sachent ce qui se passe.&nbsp;Je dois&nbsp;également leur transmettre
    l’enregistrement de la salle de contrôle. Je pourrais sans doute obtenir l’immunité provisoire de l’équipage de l’Arcadia afin que vous puissiez expliquer la situation à nos dirigeants et…<br>
    — Vous êtes en train de me parler d’une collaboration avec vos semblables&nbsp;? L’interrompt sèchement Herlock.<br>
    — Je… ce que j’ai vécu à bord du Neskar&nbsp;dépasse tout ce que vous pouvez imaginer, capitaine. Ça a commencé par les hallucinations, et puis les rêves et les cauchemars qui se sont mélangés à
    la réalité, les crises de folies des membres de l’équipage, et puis… les transformations, cette chose a pris le contrôle de nos esprits et du bâtiment. Mon dieu, vous avez vu comme moi ce que
    sont devenus mes compagnons&nbsp;! Imaginez que cette chose s’attaque aux colonies, aux familles, aux enfants&nbsp;!<br>
    — Assez&nbsp;! Vocifère soudain Zon. Allez-vous le laisser gémir ainsi encore longtemps&nbsp;? Nous perdons du temps.<br>
    — Capitaine&nbsp;! Insiste Andrak en agrippant la cape d’Herlock, qui le repousse fermement. Ce que j’essaie de vous dire, c’est que nous n’avons pas le choix. Si nous voulons survivre, il va
    nous falloir nous unir, j’en suis convaincu. Sans cela, nous sommes tous condamnés.<br>
    Herlock se rapproche vivement de l’humanoïde et empoigne à son tour le col de sa veste, ce qui le pousse à reculer, terrifié.<br>
    — J’ai passé la moitié de mon existence à combattre ceux de ta race. Vous avez torturé et avili mon peuple pendant des décennies. Vous avez massacré sans scrupule mes amis et mes frères, tout ce
    que j’ai un jour aimé a été détruit par votre civilisation intolérante et colonisatrice. Comment peux-tu croire que je vais collaborer avec les tiens, que je maudis au-delà de toutes
    limites&nbsp;? Siffle-t-il avec répugnance. Andrak baisse ses yeux étranges qui me paraissent soudain plus brillants. Un humanoïde connait-il les larmes&nbsp;? Que répondre à ce flot de haine et
    de souffrance&nbsp;? Quelles justifications donner à tant de mort et de destruction&nbsp;? Chacun en cet instant semble se perdre&nbsp;à l’unisson dans ces questionnements. Syrus pose alors une
    main amicale sur l’épaule du capitaine.<br>
    — N’oublie pas que tu as passé la première moitié de ta vie à combattre ceux de ta propre race, mon ami. N’oublie jamais combien ils sont aussi coutumiers du mal. Mais je pense malgré tout
    qu’aucun de ces deux peuples ne mérite d’être ainsi exterminé par ce qui se rapproche. Andrak à raison. Nous devons nous unir.<br>
    Un long silence tendu s’installe tandis qu’Herlock dévisage chacun d’entre nous avec attention, comme s’il cherchait les échos de sa haine au fond de nos prunelles.<br>
    — Très bien. Docteur Villars, escortez Andrak jusqu’au pont. Key va vous montrer la procédure de mise en liaison, annonce-t-il finalement d’un ton désincarné. Une fois encore, toutes ses
    réticences se sont évanouies face aux arguments du grand homme roux. Une fois encore, j’observe avec perplexité les traits paisibles et rassurants de Syrus, qui m’évoquent plus que jamais les
    portraits de&nbsp;valeureux guerriers d’autrefois. Quelque chose d’anachronique accompagne les pas de cet homme étrange.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 20 Mar 2008 16:00:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-16362746.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-16362746-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 25 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-16362743.html</link>        <description><![CDATA[<font size="2">Un couloir interminable… de vaporeux rideaux de soie d’un blanc sale usé par les âges flottent en silence le long de mon chemin, bien qu’aucun souffle d’air ne paraît filtrer à
  travers les grandes baies vitrées de cette très ancienne bâtisse. Il me semble percevoir, caché dans quelque improbable recoin, le roucoulement rassurant et doux d’oiseaux fantomatiques. Une cage
  de bois git, triste vestige brisé, sur le sol carrelé de marbre blanc. Quelques taches de sang m’indiquent la direction à suivre. J’avance le cœur battant, illuminant mon parcours de la flamme
  tremblante d’une lampe à huile d’un autre temps. De massives portes de&nbsp;chêne brut jalonnent mon avancée vers les ténèbres qu’il me semble reconnaitre. Suis-je déjà venue ici&nbsp;? Les pans
  d’une lourde jupe de taffetas et de satin entravent ma route et je réalise soudain que mes poumons sont comprimés entre les dentelles et la soie d’un corset. Pourquoi suis-je ainsi vêtue&nbsp;? Le
  roucoulement doucereux des oiseaux invisibles se rapproche. Je les cherche du regard en vain et m’arrête face à la porte au bout du corridor. Le frottement désordonné et chaotique de quelques ailes
  qui battent m’arrache un frisson glacé. Je n’ose pas aller plus avant, mais je suis incapable de rebrousser chemin. Le tic-tac d’une vieille horloge résonne de toute part, je ne peux en déceler la
  provenance. Je tends au plus loin la frêle lumière qui vacille sans raison. Il me semble deviner quelques ombres fuyantes qui glissent le long du mur et viennent se perdre dans le plafond. Un
  silence fait de craquements étranges et de furtifs battements d’ailes d’un oiseau qui se débat maladroitement s’insinuent tout autour de moi, accompagnés du lancinant cliquetis de l’horloge.
  J’entends les martellements de mon cœur qui cogne trop fort sous le tissu et se mêle à ma respiration angoissée. Je soulève dans un froissement de satin la longue robe aux reflets d’un bleu sidéral
  et avance de quelques pas, mue par une volonté qui m’est étrangère.<br>
  <br>
  <img width="435" height="499" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38/couloir_2.jpg" alt="" style="border-style: solid; border-color: rgb(128, 0, 128);" class="CtreTexte"><br>
  Un froid lancinant semble vouloir prendre possession de moi à travers la plante de mes pieds nus. J’ai peur. Je cligne des yeux dans la pénombre et suis figée de terreur. Le cliquetis infernal de
  l’horloge envahit maintenant tout l’espace. Quelque chose palpite derrière la porte, qui gonfle et se tord en défiant toute logique physique. De longs filets d’ombres se fraient un passage et
  s’étalent rapidement sur les murs, avançant droit vers moi. Un innommable gargouillis s’éparpille dans le corridor, qui perd toute consistance. Je suis tétanisée devant les gonds qui craquent et
  gémissent, mes jambes ne m’obéissent pas, exactement comme si elles étaient plongées dans le béton. Des coups d’une violence inouïe contre le battant, mon Dieu&nbsp;! Elle va céder&nbsp;!<br>
  Je me redresse brusquement, inondée de sueur et haletante et il me faut quelques secondes pour réaliser que je suis à bord de l’Arcadia. Le corset inconfortable a disparu et je passe une main
  troublée sur mes côtes, sous le léger vêtement de fibres synthétiques, décontenancée par sa légèreté. Plus aucune trace de l’encombrante jupe à l’étoffe moirée. J’étends mes jambes dénudées
  au-dessus des draps, songeuse, lorsque mon regard est attiré par une petite forme blanche. Je reste un bref instant figée de stupeur, avant de saisir précautionneusement entre deux doigts la plume
  aux reflets de nacres perdue au creux d'un monde qui n'est pas le sien. Quel est donc ce maléfice&nbsp;? Je passe une main sur mon front et enferme la mystérieuse plume dans la poche de ma veste de
  combat, avant d’enfiler mes vêtements, encore aux prises avec les brumes insistantes de l’univers étrangement familier de mon cauchemar. Je décide de rallier le poste médical afin de confier ma
  découverte au Docteur Villars, en vue d’analyses, qui sait quelles réponses pourraient m’apporter la science? J’avance en silence dans les longs corridors de l’Arcadia, rassurée par le claquement
  franc et clair de mes bottes ainsi que l’éclairage synthétique d’une blancheur certes exempte de charme, mais aussi de fantômes.<br>
  Un nouveau carré de lumière jaune qui se découpe sur le sol attire bientôt mon attention et je tourne la tête vers l’entrée des quartiers de notre dangereux invité, qui n’a pas jugé bon de refermer
  sa porte. Aimantée par la curiosité, je m’approche discrètement afin de mieux discerner l’intérieur de la pièce, et suis tout d’abord fascinée par les ombres dansantes et fantasmagoriques de
  plusieurs dizaines de bougies allumées, qui dessinent sur les murs des formes instables et capricieuses. Je reste interdite devant l’étrange ballet que Zon exécute dans un silence parfait, son
  corps à la musculature sèche et harmonieuse jouant avec les lames blanches de ses katanas qui effectuent d’amples courbes maîtrisées d’une poigne habile. L'image furtive d'un félin aux épaules
  saillantes en position d'attaque m'effleure l'esprit. Son torse nu et sa chevelure noire relevée en une queue de cheval accentuent la finesse de ses traits. J’admire avec une avidité conjuguée de
  remords les entrelacs complexes des lignes d’un tatouage qui se dessinent sur ses épaules et la moitié de&nbsp;sa poitrine&nbsp;imberbe, pour venir se perdre dans le bas de ses reins tendus, se
  mêlant à ses longues mèches soyeuses. Les symboles que je ne peux déchiffrer semblent se mouvoir au rythme de ses mouvements rigoureux et adroits. Les lames déchirent l’air dans un souffle
  nerveux&nbsp;alors qu’il&nbsp;mime des parades élégantes aux attaques d’un hypothétique ennemi. Je suis hypnotisée par ses gestes à la violence précise et maîtrisée, issus d’une tradition
  intemporelle qui m’est inconnue. Les lames irisées de reflets étincelants tournoient soudain au dessus de sa tête pour venir se croiser sur son torse tandis qu'il&nbsp;courbe son front en un salut
  empreint d’une noblesse oubliée.<br>
  —&nbsp;Bonsoir commandant, dit-il sans se retourner vers moi. Je sursaute, avec la sensation désagréable d’être prise en flagrant délit.<br>
  —&nbsp;Oui, je savais que vous étiez là, insiste-t-il en me toisant d’un regard amusé accompagné de son plus irritant sourire narquois. Il incline la tête sur le côté et écarte sa main droite,
  m’invitant respectueusement à entrer. Je recule d’un pas, surprise, tandis que son sourire se fait avenant et doux.<br>
  —&nbsp;Je n’ai encore occis personne sans une bonne raison depuis que je suis monté à bord, vous ne craignez rien commandant, murmure-t-il d’un air moqueur.<br>
  —&nbsp;Mais vous ne me faites pas peur, monsieur Zon.<br>
  —&nbsp;Je sais, car votre âme est courageuse et indomptable. J’avais remarqué.<br>
  Sa manière de me complimenter me ferait presque rougir, et je m’en veux aussitôt de rentrer dans son jeu étrange. Il s’approche et me tend un de ses katanas.<br>
  —&nbsp;En garde, commandant.<br>
  Je ne peux refuser son invitation et lève la lame dans sa direction en signe d'acceptation. Nous entamons bientôt un insolite ballet, accompagné du claquement sonore des armes qui s’entrechoquent.
  Malgré toute&nbsp;l'incompréhensible colère qui s'est nouée au creux de mon ventre et bien que j'y mette toute mon énergie,&nbsp;Il a rapidement le dessus et la pointe de son katana vient se poser
  contre ma gorge.<br>
  —&nbsp;J’ai déjà vécu cette scène, dis-je entre deux respirations saccadées.<br>
  <br>
  <img width="454" height="499" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38//You-won3.jpg" class="CtreTexte" alt="You-won3.jpg"><br>
  —&nbsp;Vous êtes trop impulsive, commandant, et votre poignet manque de souplesse. Laissez-moi vous montrer.<br>
  Il ne me laisse pas le temps de répondre et se plaque derrière moi, entourant mes épaules de ses bras afin de me saisir les&nbsp;mains et de diriger mon geste. La lame fend l’air avec une adresse
  et une vigueur étourdissante, tandis que je frissonne en sentant son souffle tiède contre ma nuque. Un trouble incompréhensible s’empare de mes sens et contre toute attente mon cœur s‘emballe
  soudain. Je ferme les yeux, grisée par la chaleur de son corps frôlant le mien et la force de ses mouvements souples et assurés. Je me laisse diriger par sa poigne de fer qui me semble pourtant
  d’une douceur sans égal.<br>
  —&nbsp;Laissez la lame vous guider, murmure-t-il à mon oreille d’une voix profonde, électrisant mes sens. Il ramène enfin l’arme contre ma poitrine et nous restons un instant immobiles, isolés au
  sein d'une sphère étrange où les règles du jeu sont tronquées et plus rien d’autre n’existe que cet instant d’intimité. Quelque chose en moi se révolte soudain et je m’écarte brusquement afin de
  lui faire face. L’expression singulière de son regard animal me fascine, mais je recule et lui tends son arme comme si je me défaisais d’un maléfice en tentant désespérément de ne rien laisser
  transparaître du trouble diffus que sa présence déclenche en moi. Je suis cependant incapable de détacher mon regard du sien ni de briser le silence équivoque qui s’est abattu entre nous. L’appel
  au ralliement qui résonne soudain dans les couloirs me fait sursauter.<br>
  — Nous serons dans quelques minutes à l’orée de la nébuleuse de Razokan. Le capitaine et les officiers sont priés de rejoindre le pont immédiatement, annonce la voix d’Alfred. J’obtempère
  immédiatement et abandonne monsieur Zon, sans un regard en arrière, soulagée par cette interruption inopinée, tandis qu’il s’empresse d’enfiler une chemise afin de suivre mes pas.</font>]]></description>
        <pubDate>Thu, 21 Feb 2008 13:49:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-16362743.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-16362743-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[chapitre 24 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-16362742.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <font face="Arial"><font size="2">Je le suis sans un mot jusque dans ses quartiers sans bien savoir pourquoi, peut-être avec le secret espoir qu’il me dévoile les secrets de son passé sans que je
    lui pose de questions. Je lis sur son visage qu’il devine sans peine que mon entrevue avec monsieur Zon a gravé en moi des marques indélébiles qui ne demandent qu’à être effacées. Il sait, je le
    déchiffre au fond de son regard, que lui seul est en mesure de me délivrer de ce doute insidieux qui me ronge, mais il se contente d’un étrange sourire, teinté de tristesse.<br></font></font>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <font size="2"><img width="430" height="500" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38/nothing_to_do_colo_2.jpg" alt="" style="border-style: solid; border-color: rgb(153, 51, 102);" class=
    "CtreTexte"><br></font>
  </p>
  <p>
    <font size="2">Je suis moi-même en cet instant incapable de lui ouvrir mon cœur, et malgré le silence embrumé de non-dit, sa main caressant ma joue fait de nouveau battre mon cœur à l’unisson du
    sien, me plongeant dans une passagère insouciance. Je me blottis au creux de ses bras et je me sens soudain si fragile. La force paisible de son corps et de son âme permet à la petite fille tapie
    au fond de moi de refaire surface le temps d’une étreinte, car chaque fois il me semble que dans ses bras, rien ne pourra jamais l’atteindre, rien ne pourra jamais la faire souffrir. Sa chaleur
    se mêle à la mienne pour ne plus former qu’une seule entité, complète et assouvie et je soupire un bien-être&nbsp;confiant au contact de sa main qui caresse mes cheveux avec une tendresse que
    personne ne lui connaît. Le désir protecteur que je pressens à travers ses gestes me comble d’une paix intérieure indescriptible et je n’ai besoin de rien d’autre. Je n’ai plus de doutes, plus de
    défaillances, car il les efface d’une caresse, d’un regard, d’un sourire. La voix sèche de Villars à travers son émetteur brise abruptement cette furtive osmose et je m’écarte de lui à regret,
    quelque peu étourdie.<br>
    — Je suis avec monsieur Zon dans la salle de l’ordinateur, comme vous nous l’avez demandé, capitaine. Nous vous attendons, annonce le docteur.<br>
    — Je vous rejoins sur-le-champ, Villars, répond-il avant de couper la communication. Il lève vers moi un regard d’une&nbsp;bienveillance infinie.<br>
    — Reste là, si tu le souhaites. Repose-toi. Je vais tenter d’en savoir plus sur la chose qui dort dans les sous-sols de l’Arcadia.<br>
    J’avoue ne pas&nbsp;désirer&nbsp;en cet instant en&nbsp;apprendre&nbsp;davantage et acquiesce en silence. Il m'abandonne et je laisse divaguer mon regard à travers la pièce intemporelle qui m’a
    accepté au creux de ses secrets d’autrefois. Je pousse un léger soupir de bien-être, me laissant envahir par la paix presque solennelle qui règne en ces lieux. L’odeur de vieux cuir se mêle à
    celle plus âpre du papier et de l’encre dans une harmonie désuète et charmante. Mon regard s’arrête soudain sur l’imposant livre de bord posé sur le bureau et je suis parcourue par un long
    frisson. Je me redresse et m’assieds sur le rebord du lit sans pouvoir détacher mes yeux&nbsp;de cet objet qui me nargue impassiblement. Je secoue la tête, me convainquant de ma bonne foi, de mon
    intégrité, de ma droiture, mais que faire de cette insatiable… curiosité ? Mon dieu, non, je ne peux pas, je ne veux pas faire cela, je ne pourrais jamais me pardonner une telle lâcheté. Ma
    conscience est en train de mettre en pièce mon&nbsp;dévorant désir de savoir, de tout&nbsp;connaitre, de&nbsp;comprendre ses failles et sa part d'obscurité. Non. C’est hors de question. Je ne le
    trahirai pas.<br>
    <br></font>
  </p>
  <p>
    <font size="2"><img width="444" height="500" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38/livre_de_bord.jpg" alt="" style="border-style: solid; border-color: rgb(153, 51, 102);" class=
    "CtreTexte"><br></font>
  </p>
  <p>
    <font size="2">Je me lève et m’approche doucement de l’objet maléfique qui m’attire de tous ses plus beaux atours, me promettant&nbsp;énigmes dévoilées et mystères évanouis. Ma main caresse le
    cuir ciselé de dorures tandis que les battements de mon cœur cognent de plus en plus fort dans ma poitrine. Mes doigts&nbsp;dessinent les contours des lettres d’or. Sous cette couverture, des
    milliers de mots s’entremêlent en une trame que je ne connais pas, des milliers de phrases me parlent de son passé, de ses souffrances, de ses secrets… Non, je ne dois pas…<br>
    Ma main gauche soulève la couverture&nbsp;alors que les doigts de ma main droite jouent avec les&nbsp;feuilles jaunies par l’usure et le temps de cet ouvrage&nbsp;manifestement&nbsp;très ancien.
    Je tourne quelques pages en m’efforçant de ne pas lire, me laissant juste griser par quelques mots qui surgissent ici ou là. Je sais au fond de moi que je cherche le nom de Zon, mais il semble
    que le livre a pris le parti de garder précieusement le secret de sa haine. Je dois cesser ce petit manège indigne. Je m’apprête à refermer la couverture, lorsqu’un mot vient littéralement me
    brûler les yeux&nbsp;: mon prénom&nbsp;griffonné à plusieurs reprises au beau milieu de dizaines de phrases, mon prénom déposé ici et là, au sein de cet ouvrage mystérieux. J’ouvre doucement le
    livre à cette page, plongée dans une insolite transe émotionnelle.</font>
  </p>
  <p>
    <font size="2" color="#C0C0C0"><span style="font-style: italic;">Elle m’a encore tenu tête aujourd’hui et a de nouveau mis sa vie en danger. J’étais furieux, cette femme et son entêtement
    permanent mettent mes nerfs à rude épreuve. Cependant, ces derniers évènements m’ont ouvert les yeux sur quelque chose que je ne soupçonnais pas, ou plutôt que je refusais de comprendre. Je dois
    bien me l’avouer&nbsp;: jamais je n’ai eu aussi peur de perdre un membre de mon équipage. Lorsque j’ai vu s’éloigner sa navette vers sa dangereuse destinée, j’ai réalisé que je ne pouvais pas la
    laisser partir ainsi, je ne pouvais que la suivre, abandonnant contre toute raison mon bâtiment et mes hommes. La découvrir aux prises avec ce colonel humanoïde m’a rendu fou… je crains
    d'entrevoir ce qui me tourmente, bien que je tente vainement de me raisonner. Tout en elle me captive&nbsp;: son mauvais caractère, son entêtement et sa rébellion, sa solitude et sa souffrance,
    sa beauté fragile, son regard, son sourire d’enfant… et plus que tout, la si grande vulnérabilité que je devine derrière sa force. Jamais je n’aurais&nbsp;imaginé pouvoir ressentir cela pour
    quiconque.</span></font>
  </p>
  <p>
    <font size="2">Je m’interdis d'aller plus avant dans ma lecture et ferme les yeux, le cœur battant, tandis que mes doigts tournent machinalement quelques pages.</font>
  </p>
  <p style="font-style: italic;">
    <font size="2" color="#C0C0C0">… et malgré toute la rancoeur qui illuminait ses yeux, je ne peux m’empêcher de penser qu’il reste en lui quelque chose de profondément juste, je ne peux me
    résoudre à&nbsp;croire que toutes ces années soient envolées sans laisser aucune trace de ce que nous étions alors. Je réalise combien sa souffrance a altéré sa perception, et je sais que s’il
    s’avouait mon innocence il s’effondrerait certainement sous le poids de cette affliction qui le dévore. Je sais combien il l’aimait, je l’ai compris à la mesure de la haine sans bornes que je lui
    ai vouée lorsqu’il pointait sa lame sur la gorge d’Ayana, et pourtant, aujourd’hui&nbsp;ma colère s’estompe à la faveur d’un étrange sentiment d’empathie mêlé de culpabilité. Suis-je
    faible&nbsp;? Suis-je coupable&nbsp;de ce qu’il est devenu&nbsp;? Aurais-je pris la bonne décision&nbsp;si seulement j’en avais eu le pouvoir ? Je n’aurais sans doute jamais de réponses à ces
    questions qui ne cesseront jamais de me harceler. Zon, mon ami, mon frère, que puis-je faire pour libérer ton âme de toute cette détresse&nbsp;? Aujourd’hui encore, je donnerais ma vie pour te
    sortir de l’enfer dans lequel tu te débats.</font>
  </p>
  <p>
    <font size="2">Un sursaut de conscience s’empare soudain de moi et je recule vivement, consumée&nbsp;par les flammes de mon indiscrétion. Je n’avais pas le droit de lui voler ainsi son âme et
    voici mon châtiment. Je ne peux contenir une larme de confusion et de dégout de moi-même. Je laisse ouvert l’objet maléfique, déterminée à assumer mon impardonnable geste et retourne m’asseoir
    sur le lit, abasourdie par tout ce que je devine derrière ces quelques phrases qui ne m’étaient pas destinées. Je me sens si misérable, si indigne. Le bruit de soufflet du sas qui s’ouvre me fait
    sursauter et je croise involontairement son regard. Il plisse les yeux afin de mieux distinguer mon visage dans la semi-pénombre et une lueur étrange traverse son œil. Il se redresse et aperçois
    d'emblée le livre ouvert. Il fait le tour du bureau, déchiffre les premières phrases et le referme posément, puis revient vers moi et m’observe un long moment sans un mot. Je me sens si mal que
    je voudrais mourir foudroyée dans l’instant plutôt que de subir le poids de sa déception.<br>
    — J… je ne&nbsp;sais pas ce qui m’a pris, c’était plus fort que… il y a tant de choses que…<br>
    Il s’assied à mes côtés et ferme les yeux avec un léger sourire, me laissant poursuivre ma pathétique tentative d'argumentation.<br>
    — Je suis tellement désolée… je ne&nbsp;tiens pas à&nbsp;te voler tes secrets, mais j’ai besoin de savoir, de comprendre, de…<br>
    Il écarte une mèche de mes cheveux et pose sur moi un regard empli de compassion.<br>
    — Faut-il vraiment que tu saches tout de moi&nbsp;? Ne crains-tu pas de perdre quelque chose de précieux&nbsp;? Murmure-t-il.<br>
    — N'est-ce pas ta propre crainte que tu me dépeins&nbsp;? Dis-je faiblement. Il soupire avec un nouveau sourire résigné.<br>
    — Sans doute.<br>
    Un silence chargé de suppositions avortées et d’expectatives tendues s’installe longuement. Puis il reprend la parole, d’une voix vacillante d'émotion.<br>
    — Zon et moi avons partagé une amitié absolue et sincère, qui a traversé tant d’évènements chaotiques. Ce qui nous unissait étant enfant devait ne jamais s’éteindre.<br>
    Il ôte le gant de cuir de sa main droite et me présente sa paume. Je découvre une longue cicatrice barrant sur toute la longueur les lignes de sa main. Il poursuit dans un murmure, avec une
    grimace affligée.<br>
    — La marque indélébile d’un pacte de sang, une promesse de gosses qui avaient encore au fond de leurs cœurs un reste de pureté et d’innocence. Une absurdité.<br>
    Je caresse du bout du doigt la délicate estafilade symbolique, tandis que s’impose à moi l’image incohérente des deux hommes croisant le fer avec une violence inextinguible.<br>
    — Après la mort de mes parents, je ne désirais qu’une chose&nbsp;: combattre le gouvernement du nouvel ordre et abattre cette ordure de Stalker. Anna m’encouragea dans mon objectif, tout en ayant
    la sagesse de me donner les armes pour le faire. C’est ainsi qu’elle parvint grâce au réseau de la résistance à me faire entrer au monastère de Wei Zhi Ning, sur l’antique colonie de Kamaria,
    afin que je puisse apprendre en compagnie des meilleurs maîtres l’art et la maitrise des armes et du combat, mais également la philosophie et la culture des grands anciens qui&nbsp;ont traversé
    des dizaines de siècles sans faiblir. C’est au sein de ce monastère que je croisais pour la première fois le regard acéré du petit Zon Von Klardht, descendant d’un illustre guerrier samouraï,
    insoumis et fier, qui fut abattu comme tant d’autres par le gouvernement, pour rébellion et non-allégeance au nouvel ordre. Je ne pense pas qu'il s'agisse de son vrai nom, et je crois qu'il ne
    connaît pas lui-même son véritable patronyme. Dès les premiers jours, une concurrence d’enfant naquit entre nous, qui se traduisit&nbsp;rapidement en respectueuse amitié. Zon avait grandi au cœur
    de ce bâtiment austère et il possédait déjà l’adresse et la force mentale d’un grand combattant. En revanche, il ne connaissait pratiquement rien du monde extérieur, mais il était curieux et
    avide et je passais des heures à lui conter les mille choses qui&nbsp;composaient un univers. Il m’arrivait de passer quelques semaines loin du monastère, lorsqu’Anna et les moines s’accordaient
    pour me donner un peu de repos, et j’en profitais chaque jour pour regarder autour de moi d’un œil neuf en imaginant son expression, lorsque je lui rapporterais l’un des mille trésors
    hétéroclites ramassés un peu partout, dont j’emplissais soigneusement mes bagages à son attention. J’étais son lien vers le monde, vers notre planète natale, il était mon modèle au combat.
    J’étais un enfant de militaire, il était issu d’une culture à la richesse inégalée. Je lui apprenais l’indiscipline, il m’offrait la sagesse.<br>
    Il s’arrête un instant, puis se relève avec un soupir, avant de se diriger vers son bureau et de servir deux verres de vin. Je le suis machinalement et saisis le verre qu’il me tend. Il boit une
    longue gorgée et fixe le sol comme s’il y cherchait des réponses.<br>
    — Zon avait une sœur jumelle, qui elle aussi&nbsp;résidait au monastère, dans une aile séparée. Elle venait nous rejoindre dès qu’elle en avait la possibilité, en dehors de ses heures de
    laborieuses études. Tyan n’était que douceur et joie de vivre. Sa vie de recluse avait préservé la pureté et la bonté de son âme. Comme son frère, elle adorait écouter les longs récits que je
    rapportais de l’extérieur, même si dans la majorité des cas ils parlaient de mort et de guerre. Je me souviens de ses grands yeux sombres emplis d’horreurs qui me fixaient dans la pénombre de la
    voute où nous nous retrouvions en secret chaque soir. Je me rappelle avoir si souvent transfiguré la réalité en quelque chose de plus beau, de plus acceptable pour son cœur si délicat, sous l’œil
    critique mêlé de reconnaissance de son frère. Tyan était notre fragile lumière et nous étions prêts à tout pour la préserver. Nous avons vécu ainsi, indéfectible trio, durant de nombreuses
    années.<br>
    Un nouveau silence. Je devine qu’il est en train de se faire violence pour parvenir à poursuivre ce récit, enfoui depuis si longtemps dans les replis de son cœur blessé. Je suis sans doute la
    première à entendre ces mots. Il passe une main sur son front en fermant son œil, les sourcils froncés de douleur.<br>
    — Nous avons grandi. Un homme étrange,&nbsp;qui chaque fin d'année nous rendait visite, les bras chargés de cadeaux,&nbsp;est venu&nbsp;un jour nous chercher, à l’aube de nos&nbsp;seize ans, ce
    qui coïncidait avec l'aboutissement de notre apprentissage. Nous avons quitté tous trois le monastère afin de vivre au sein d’une immense propriété, qui, semble-t-il, avait été léguée à Zon par
    son père. Anna nous a rejoints,&nbsp;ainsi que&nbsp;mes frères et sœurs adoptifs, puis de nombreux autres résistants, et le château est rapidement devenu le quartier général du mouvement de
    rébellion terrienne, les humanoïdes ayant pris possession de notre planète. Notre objectif n’avait pas changé et nous avons commencé notre apprentissage de pilote, participant à de&nbsp;multiples
    opérations de sauvetages civils et de sabotages du gouvernement. Nous avons décidé de profiter de nos&nbsp;compétences pour infiltrer les troupes ennemies en nous&nbsp;enrôlant dans l’armée
    terrienne,&nbsp;avec l’aide d’un jeune lieutenant qui avait&nbsp;rallié nos rangs. Il s’appelait Hans Winkler. Je n’ai compris que le jour où nous partions faire nos classes militaires combien ce
    qui unissait Zon et sa sœur dépassait toute fraternité. Je revois encore le désespoir sans borne dans les yeux de Tyan, la détresse dans le baiser passionné à son frère. L’étreinte sans fin et
    les larmes impuissantes de deux amants dévorés par un amour qui ne connait aucune frontière. Le déchirement de deux êtres magnifiques qui ne peuvent exister qu’ensemble. Tyan s’est effondrée à
    genoux, lorsque le pont s’est refermé sur ses yeux rougis qui me suppliaient&nbsp;: «&nbsp;protège-le, sans lui je ne suis plus rien…&nbsp;»<br>
    Il avale une nouvelle gorgée de vin et fait une pause en posant sur moi un&nbsp;oeil étrange qui me fait frissonner. Je me détourne et plonge mon regard dans le vide scintillant de l’espace qui
    s’étend à travers les hublots.<br>
    — Comment Tyan est-elle morte&nbsp;?<br>
    À ces mots, il s’installe&nbsp;au creux du&nbsp;grand fauteuil de son bureau et dépose son verre, saisit sa tête entre ses mains. Un vacarme soudain dans le couloir me fait sursauter, escorté
    d’éclats de voix et du fracas caractéristique des lasers. Je dégaine prestement mon arme tandis qu’Herlock bondit déjà vers la porte, qu’il déverrouille d’un coup de poing rapide. Je reconnais le
    timbre&nbsp;grave de Syrus. Il semble qu’il&nbsp;tente d'interdire&nbsp;le passage d'une vingtaine d’individus déchaînés. Je me précipite dans le corridor à la suite du capitaine, qui tire dans
    l’épaule de l’homme le plus proche afin de stopper l'avancée des pirates.<br>
    — Que se passe-t-il ici&nbsp;? Demande-t-il rudement, tandis que les&nbsp;hommes reculent d’un pas, sous les cris de douleur du blessé qui s’effondre à genoux.<br>
    — C’est une mutinerie, capitaine, répond calmement Syrus, sans cesser de pointer son arme en direction des pirates. Ces crétins ne sont pas d’accord sur le prochain itinéraire. J’attends votre
    autorisation de tirer, capitaine.<br>
    — Nous n’avons aucune envie d’aller nous frotter de nouveau à cette chose&nbsp;! Vocifère celui qui semble être l’initiateur de cette rébellion.<br>
    — Adam, vous n’avez aucune idée de ce qui se prépare, gronde Syrus. Nous devons aller au-devant de cette menace avant qu’elle ne vienne à nous, il n’y a pas d’autre choix&nbsp;!<br>
    — Je me fous de savoir ce qui se passe dans la nébuleuse de Razokan&nbsp;! J’ai aucune envie de risquer ma peau sans raison&nbsp;! rétorque un second&nbsp;mutin en levant une arme menaçante dans
    notre direction.<br>
    — Vous êtes sous mon commandement&nbsp;! Rugit Herlock. Si mes décisions ne vous conviennent pas, quittez ce bâtiment sur-le-champ&nbsp;!<br>
    — Non, capitaine. VOUS allez quitter l’Arcadia, car l’équipage ne veut plus de vous, grince Adam avec un sourire provocateur, tandis qu’un second groupe d'assaillants se masse de l’autre côté du
    couloir, nous interdisant toute retraite.<br>
    — Misérables traitres, vous n’êtes pas dignes de ce vaisseau, siffle Syrus en déverrouillant la sécurité de son cosmogun. Herlock pose une main sur son poignet, sans abandonner des yeux le
    dénommé Adam.<br>
    — Ils sont trop nombreux, Syrus. Baissez votre arme.<br>
    Le grand Viking s’exécute à regret sous le regard amusé des pirates, dont les ricanements de hyènes me hérissent. Un long frisson traverse ma colonne en apercevant les&nbsp;oeillades avides et
    perverses des hommes qui me dévisagent avec des sourires&nbsp;emplis de sous-entendus nauséabonds. Je sens une sueur glacée envahir mes tempes et mon front tandis que nos assaillants se
    rapprochent lentement.<br>
    — Pas un geste, capitaine, je&nbsp;risquerais&nbsp;de trouer le crâne de votre petite copine, mais ce serait dommage de ne pas en faire profiter les&nbsp;gars auparavant, tout de même, grince
    Adam, grisé par sa soudaine prise de pouvoir. Il s’approche de moi, pose une main sur ma gorge afin de me pousser contre le mur et je sens son souffle fétide tout contre ma joue. Herlock tente de
    réagir, mais Syrus arrête fermement son geste, tandis qu’une vague de colère annihile toute sagesse en moi.<br>
    — Dégage tes mains crasseuses de ma gorge, fumier&nbsp;!<br>
    Je lui assène un violent coup de genou à l’entre-jambes, ce qui l’oblige à se plier en deux et m’apprête à l’achever à coup de pied, lorsqu’un petit gros à demi ivre pointe le canon de son arme
    contre ma tempe et que les hommes avancent encore. Adam se redresse et m’inflige un coup de poing si&nbsp;brutal que je suis étourdie quelques secondes et manque de m’effondrer. Herlock pousse un
    cri de rage et se dégage de la poigne de Syrus au moment même où une&nbsp;volée de plombs&nbsp;vient décimer les&nbsp;mutins avec une rapidité foudroyante.<br>
    — On ne frappe jamais une femme&nbsp;! Vocifère Ramis au bout du couloir sur ma droite.<br>
    — Aucune éducation. C’est ce que j’ai toujours&nbsp;dit&nbsp;! Lui répond la voix de Zon sur la gauche, tandis que plusieurs corps décapités s’écroulent déjà sur son passage. Profitant du
    désarroi des pirates, je&nbsp;pointe aussitôt mon cosmogun et abats avec frénésie les hommes à ma portée avec l’aide de Syrus, qui s’avère être un atout redoutable. J’aperçois du coin de l’œil le
    capitaine qui s’est jeté sur Adam en une fraction de seconde et s’acharne avec une fureur qui ne lui est pas coutumière sur le malheureux, dont le visage n’est&nbsp;bientôt plus qu’une bouillie
    sanguinolente. La vélocité extraordinaire de Ramis nous permet de maitriser rapidement le groupe de mutins, qui se terrent en tremblant contre le mur, sous la menace de ses deux Watsups
    meurtriers, tandis que le reste de l’équipage, alerté par le bruit, nous a rejoints.<br>
    — Mettez-moi tous ces chiens aux fers&nbsp;! Ordonne le capitaine, haletant de rage. Je frissonne en baissant les yeux sur le corps horriblement déchiqueté d’Adam, qui ressemble au cadavre d’un
    homme ayant lutté avec un fauve enragé et frotte machinalement ma joue douloureusement tuméfiée, avant de remarquer l’expression effarée de Ramis, qui paraît saisi d’effroi&nbsp;à la vue
    de&nbsp;Syrus. Il recule de plusieurs pas jusqu'à se plaquer contre le mur et je déchiffre dans ses yeux une lueur de panique mêlée d’incompréhension.<br>
    — C’est impossible, vous… vous êtes mort sous mes yeux&nbsp;! Bon sang, mais que se passe-t-il ici&nbsp;?<br>
    Le désarroi de Ramis ne&nbsp;semble surprendre ni Syrus, ni le capitaine, qui se contente de ramasser son arme sans un mot.<br>
    — Mais qui êtes-vous donc&nbsp;? Insiste Zon en s’approchant du grand homme.<br>
    — Je ne pense pas avoir de comptes à vous rendre, Zon. Quant à mon présumé décès, dis-toi que tu m’as raté, Ramis. Dis-toi aussi qu’au moindre faux pas, moi je ne te raterai pas. Merci à tous
    deux pour votre très efficace intervention. Je pense qu’il fallait assainir cet équipage et c’est maintenant chose faite. Le grand homme roux tourne les talons sans attendre de réponses,
    abandonnant Ramis à&nbsp;sa confusion.<br>
    — Je ne l’ai pas raté, murmure-t-il d’un air atterré.<br>
    — Comment savoir&nbsp;? La mémoire est une compagne capricieuse parfois, ironise Zon en posant une main amicale sur son épaule. Allez, viens partager un verre avec moi, cela t’éclaircira
    peut-être les idées.</font>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 14 Feb 2008 17:41:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-16362742.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-16362742-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 23 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-7368172.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: 10pt;">— Je jure n’être en rien responsable de cet assaut&nbsp;! Affirme Zon, que deux pirates immobilisent, tandis qu'un troisième
    pointe&nbsp;le canon de&nbsp;son arme sous sa mâchoire.<br>
    — Tais-toi, sale traitre&nbsp;! Qui d’autre nous aurait vendu aux humanoïdes, ce sont tes grands copains non&nbsp;? Grince l’un de ses deux tortionnaires.<br>
    — Tu vas payer&nbsp;! Insiste son comparse.<br>
    —&nbsp;Si vos petits cerveaux étriqués fonctionnaient correctement, vous comprendriez que&nbsp;je n’avais aucune raison de vous trahir&nbsp;! S’insurge monsieur Zon tandis qu’un attroupement de
    charognards se rapproche avec force murmures et ricanements. Je suis affligée bien que guère surprise de constater combien il est aussi aisé de perdre la sympathie de ces hommes que de la gagner.
    Un poing tente de frapper Zon en plein visage, mais il parvient à esquiver avec une remarquable souplesse malgré la poigne rude des deux colosses qui s’efforcent de le neutraliser.<br>
    — Assez&nbsp;! Ordonne soudain la voix ferme d'Herlock. Ce n’est pas lui qui nous a trahis, il n’avait aucune raison valable pour le faire ainsi.<br>
    — Le capitaine a raison, surenchérit Key. L’Arcadia était jusqu’à hier dans l’incapacité de repartir sans encombre. S’il avait voulu nous&nbsp;livrer à nos ennemis,&nbsp;il l’aurait fait bien
    avant, ce&nbsp;ne sont&nbsp;pas les bonnes occasions qui lui ont manqué.<br>
    — Si mon but était de vous livrer aux humanoïdes, je n’avais qu’à leur offrir sur un plateau l’Arcadia et son équipage, insiste Zon<br>
    Les pirates se dévisagent mutuellement sans savoir que penser, lorsqu’une première secousse ébranle l’ossature du bâtiment, qui craque comme l’écorce d’un vieil arbre secoué par les vents.<br>
    — Lâchez-le, et retournez immédiatement à vos postes, ordonne Herlock tandis que je rejoins ma place en hâte.<br>
    — Même si nous parvenons à traverser l’armada humanoïde, les canons de la défense mondiale vont nous mettre en miette, murmure Key en découvrant les dizaines de vaisseaux ennemis qui fondent sur
    nous.<br>
    — Je me charge de cet insignifiant&nbsp;détail terrestre, contentez-vous de repousser la flotte humanoïde, nous annonce Zon en sortant de sa poche un&nbsp;élégant boitier de métal noir.<br>
    Tous les regards se dirigent vers lui tandis qu’il incline la tête sur le côté avec une moue satisfaite et presse le déclencheur du petit appareil.<br>
    — J’attendais cet instant depuis si longtemps, murmure-t-il en fermant les yeux. Voici que les choses se précipitent, mais l’échéance sera telle qu’elle aurait dû être il y a déjà belle lurette.
    Dans quelques minutes nous allons assister&nbsp;au plus réjouissant des&nbsp;feux d’artifice, mes amis. Un éclair de satisfaction revancharde traverse ses&nbsp;prunelles sombres et un sourire des
    plus pernicieux illumine ses traits.<br>
    — Il ne restera bientôt plus rien de cette engeance dégénérée, murmure-t-il en contemplant à travers les hublots, le sol de notre planète qui s’éloigne à grande vitesse. Je l’observe en silence,
    cramponnée à mon tableau de bord, déchirée entre un soulagement légitime et une terrible appréhension de la suite des évènements. La voix énergique d’Herlock me fait sursauter.<br>
    — Activez le bouclier et armez tous les canons&nbsp;! Je veux tout le monde à son poste&nbsp;!<br>
    De nouveaux tirs ennemis viennent claquer contre la coque avant d'être arrêtés par le bouclier de l’Arcadia, tandis que les tireurs s’apprêtent à riposter.<br>
    — Commandant&nbsp;! Moteur à pleine puissance, réacteurs annexes à 80 %&nbsp;! Key, enclenchez la procédure d’urgence&nbsp;! Canonniers, sortez-nous de là, je sais que vous en êtes capables !
    Vocifère Herlock.<br>
    S’ensuit le terrible vrombissement des moteurs qui crachent une énergie phénoménale et nous permettent une ascension fulgurante, malgré la violence des rafales&nbsp;adverses qui résonne tout
    autour de nous. Soudain, le fracas d’une prodigieuse explosion vient couvrir tous les autres, et j’écarquille des yeux horrifiés en apercevant&nbsp;l'ensemble des tours qui s’effondrent
    inexorablement, auréolées d’implacables langues de feu et de nuages de poussière noire, dans un synchronisme presque parfait. D’autres déflagrations s’enchainent bientôt un peu partout, tandis
    que brille dans les yeux noirs de Zon le reflet des flammes immenses à la hauteur de la folie meurtrière qui les ont allumées.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: 10pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38/essai_4_copie.jpg" style="border-style: solid; border-color: #800000;" class="CtreTexte" height="323" width=
    "499"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">— Mon Dieu, dis-je dans un souffle atterré, vous n’aviez pas besoin de miner les bâtiments civils… Vous avez condamné des milliers d’innocents.<br>
    — Souvenez-vous combien vous les avez vous-même haïs. L'acceptation passive de leur dégénérescence ne leur donne pas qualité d’innocence. Ils méritent de mourir, je regrette seulement de ne pas
    pouvoir faire de même sur le reste du globe, certaines tours seront encore debout demain,&nbsp;comme autant de poignards sanglants enfoncés dans le coeur de ce qui fut un jour notre planète,
    murmure-t-il dans mon dos en s’accrochant au dossier de mon siège afin de ne pas être déséquilibré par les secousses violentes des impacts de lasers, qui vont d'un instant à l'autre parvenir à
    transpercer le bouclier.<br>
    — Ils sauront que vous êtes l’auteur de ce massacre, dis-je avec mépris, sans quitter des yeux les calculs complexes de l’ordinateur nous indiquant que nous prenons enfin suffisamment de
    vitesse.<br>
    — Qu’importe, je n’ai aucune intention de revenir, cette fois.<br>
    Je n’écoute plus, trop absorbée&nbsp;par la délicate manœuvre d'Herlock, qui tente de traverser de front la flotte des kamikazes&nbsp;s'appliquant&nbsp;à&nbsp;nous barrer la route. Trois énormes
    vaisseaux de guerre apparaissent bientôt sur l’écran de contrôle.<br>
    — Capitaine&nbsp;! Ils nous prennent en chasse&nbsp;! Hurle Key qui les a repérés en même temps que moi, tandis que la pénombre spatiale enveloppe soudain le bâtiment.<br>
    — Visez leurs canons latéraux, déclenchez les réacteurs de secours&nbsp;! Commandant&nbsp;! Déviez toutes les sources d’énergie du niveau un vers le bouclier&nbsp;!<br>
    Je m’exécute aussitôt,&nbsp;alors que nos canonniers parviennent habilement à abattre le premier appareil, qui s’éparpille sans un bruit dans l’espace. De violents tremblements viennent ébranler
    la coque et je verrouille en hâte mon harnais de sécurité, juste à temps semble-t-il, car sur ma droite, un pilote en second est projeté hors de son poste de contrôle et s’écrase brutalement à
    mes pieds. Il se relève en gémissant, la mâchoire en sang, et récupère sa place tant bien que mal au milieu des secousses qui redoublent de violence.<br>
    — Le bouclier va céder, capitaine&nbsp;! Il nous faut plus d’énergie&nbsp;! Dis-je dans un cri.<br>
    — Déviez toute l’énergie vers le bouclier, hormis celle du quartier d’isolation&nbsp;! Il faut absolument qu’il résiste&nbsp;!<br>
    Je tape&nbsp;immédiatement&nbsp;un à un les codes de déviation de chaque recoin de l’immense vaisseau, tandis qu’une goutte de sueur glisse le long de ma tempe. Le dernier code plonge le pont
    dans l’obscurité.<br>
    — Accrochez-vous&nbsp;! crie Herlock en attrapant la barre à pleine main. Alfred&nbsp;! Plonge à 45 degrés&nbsp;!<br>
    Le titanesque&nbsp;dinosaure de métal effectue une manœuvre risquée qui lui permet de se retrouver en quelques minutes sous l’imposant bâtiment de notre ennemi, qui n’a pas eu le temps de
    réagir.<br>
    — Salve en continu&nbsp;! Canonniers, c’est à vous&nbsp;! Ouvrez-lui le ventre&nbsp;!<br>
    Aussitôt, une pluie de lasers se déverse sur notre adversaire qui ne peut riposter dans cette inconfortable position. Il tente de se dégager, mais il est trop tard. Une énorme fêlure vient
    déchirer la coque et en quelques instants une extraordinaire explosion silencieuse s’étend dans l’espace et nous illumine de ses indescriptibles couleurs. Une clameur de victoire envahit le pont
    tandis que les petits&nbsp;chasseurs se replient dans le plus grand désordre, impitoyablement abattus par nos canonniers acharnés.<br>
    — Commandant&nbsp;! Leur troisième vaisseau de guerre bat en retraite&nbsp;!<br>
    — Cessez le feu, nous avons gagné.&nbsp;Nous avons la chance qu'ils n'aient&nbsp;pas jugé&nbsp;utile de mobiliser toutes leurs forces vives. Commandant, rétablissez les connexions. Key, Cap sur
    la nébuleuse de Razokan, réacteurs à 80 %, je ne tiens pas à trainer dans les parages plus longtemps.<br>
    — À vos ordres, capitaine, dis-je en cœur avec Key, qui me rend un sourire amusé.<br>
    Nous avons échappé de justesse à la catastrophe cette fois encore. Je me demande qui a bien pu avertir l'autorité humanoïde de notre position.&nbsp;Qui est le traitre parmi nous et quelles
    peuvent bien être ses motivations&nbsp;?</span><span style="font-size: 10pt;"><br>
    — Capitaine&nbsp;? Demande Ramis du fond de la salle,&nbsp;à l'instant où les lumières artificielles envahissent de nouveau le pont.&nbsp;J’aimerai beaucoup récupérer mon ancienne cabine, si ça
    ne vous dérange pas.<br>
    — Cela me dérange, Ramis. Tu ne mettras pas les pieds dans le quartier des officiers. Inutile d’ailleurs de t’installer,&nbsp;étant donné&nbsp;que je te débarque à la prochaine planète que nous
    croiserons, grince Herlock en le foudroyant d’un regard noir, avant de descendre les marches du poste de commandement.<br>
    — J’adore votre façon si particulière de témoigner votre gratitude à ceux qui vous ont aidé, ironise Ramis avec un sourire provocateur, sous les&nbsp;oeillades curieuses de quelques pirates. Le
    capitaine s’avance vers&nbsp;lui sans un mot et mon cœur s’accélère. Il approche son visage tout près du sien et le scrute d’un œil embrumé de rage.<br>
    — Je te déconseille d’employer ce ton avec moi une seule fois de plus. Je t’assure que ton bras de métal, aussi puissant et efficace soit-il, ne pourra rien pour toi si tu cherches à me tenir
    tête.<br>
    Quelque chose de troublant traverse le regard de Ramis, quelque chose d’infiniment triste et fatigué, quelque chose de si éperdu qu’il me semble soudain qu’une ancienne blessure se met à saigner
    au fond de mon cœur. Je voudrais interrompre cet affrontement inutile, j’éprouve une subite envie de protéger le jeune homme de la fureur glacée du capitaine, mais je suis incapable du moindre
    mouvement, fascinée et déconcertée par tous les sentiments contradictoires que je perçois entre les deux hommes. À mon grand étonnement, Ramis baisse finalement les yeux et se détourne sans un
    mot afin de quitter la salle.<br>
    — Prends garde, tu risques de croiser certains de tes fantômes le long de ces corridors, murmure Herlock, plus pour lui-même que pour le tueur à gage, dont la silhouette s'estompe déjà dans la
    pénombre, tandis que je cherche en vain le sens caché de ces quelques mots.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 08 Feb 2008 00:00:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-7368172.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-7368172-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 22 (tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-7317200.html</link>        <description><![CDATA[<font face="Arial">
<p><font size="2">Je le regarde s&rsquo;&eacute;loigner,&nbsp;&eacute;gar&eacute;e dans un flot de questions sans r&eacute;ponses qui se m&ecirc;lent &agrave; une vague de sentiments chaotiques. Je me l&egrave;ve &agrave; mon tour, sans pour autant parvenir &agrave; quitter les lieux. Quelque chose me terrifie &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de remonter &agrave; bord de l&rsquo;Arcadia et de croiser le regard du capitaine. Aurai-je la force d&rsquo;accepter la v&eacute;rit&eacute;, quelle qu&rsquo;elle soit&nbsp;? Aurais-je seulement le courage de lui poser la question&nbsp;?<br />Une porte s&rsquo;ouvre au fond de la salle. Stelly apparait sur le seuil et adresse un sourire avenant &agrave; Zon qui la rejoint. Il entoure ses &eacute;paules d&eacute;nud&eacute;es d&rsquo;un bras chaleureux et protecteur, tandis que je me sens soudain plus d&eacute;munie et seule que jamais. Je les observe un instant qui s&rsquo;installent dans un vaste canap&eacute; de cuir englobant tout l&rsquo;arri&egrave;re de la pi&egrave;ce. Ils discutent &agrave; demi-mot et semblent partager une r&eacute;elle complicit&eacute;. Villars ne tarde pas &agrave; les rejoindre et s&rsquo;affale lourdement avec un rire bon-enfant, qui pousse Key &agrave; le reprendre s&eacute;v&egrave;rement. Il n&rsquo;&eacute;coute plus gu&egrave;re, sans doute gris&eacute; par l&rsquo;alcool et la fatigue de ces derniers jours. Ramis s&rsquo;approche du petit groupe et tend un verre &agrave; Key, qui l&rsquo;accueille avec un sourire lumineux en lui signifiant de s&rsquo;asseoir aupr&egrave;s d&rsquo;elle. Ces deux-l&agrave; sont devenus ins&eacute;parables depuis quelque temps. Cette pens&eacute;e m&rsquo;arrache un sourire, mais bient&ocirc;t, un terrible creux me noue l&rsquo;estomac. Je suis assaillie par une &eacute;trange sensation, qui sans que je comprenne pourquoi me donne envie de pleurer. Je me sens happ&eacute;e par un vide infini, froid et impassible. Je passe une main sur mon visage comme pour tenter en vain de me d&eacute;barrasser de cette chape de tristesse qui m&rsquo;enveloppe soudain et me dirige vers les grandes vitres de l&rsquo;appartement, soucieuse de ne rien laisser paraitre de mon trouble. Je focalise mon attention sur les ouragans de poussi&egrave;res qui viennent fouetter la paroi s&eacute;curis&eacute;e, mais la vision des terres d&eacute;vast&eacute;es et d&eacute;sertes ne fait qu&rsquo;accentuer mon malaise. Il me faut quelques minutes pour r&eacute;aliser que les mots de monsieur Zon ont frapp&eacute; juste et se sont grav&eacute;s plus profond&eacute;ment en moi que ce dont je pr&eacute;sumais. Un abominable doute vient maintenant entacher mes sentiments. Une ombre mena&ccedil;ante plane, un myst&egrave;re qu&rsquo;il me faut &eacute;lucider. Une sourde col&egrave;re enflamme&nbsp;alors mon c&oelig;ur. Herlock, pourquoi m&rsquo;as-tu pouss&eacute;e &agrave; venir ici ce soir&nbsp;? Pourquoi laisses-tu les &eacute;v&egrave;nements s&rsquo;enchainer ainsi&nbsp;? Pourquoi m&rsquo;abandonnes-tu, seule&nbsp;face &agrave; un si redoutable ennemi ?<br />Je suis soudain&nbsp;distraite&nbsp;de mes questionnements sans fin par quelque chose qui attire mon regard &agrave; travers les tornades opaques, qui font imperceptiblement trembler les vitres. Il me semble distinguer quelques ombres lointaines qui se regroupent au-dessus des falaises, hors de port&eacute;e des vents mena&ccedil;ants. Je plisse les yeux, toute&nbsp;mon attention concentr&eacute;e sur les petites taches sombres, lorsque retentit&nbsp;le claquement sec de nombreuses bottes arpentant le couloir principal. J'ai la sensation que mon coeur s'arr&ecirc;te brutalement &agrave; l'instant o&ugrave; Ramis se redresse d&rsquo;un bond en vocif&eacute;rant.<br />&mdash; Nous avons &eacute;t&eacute; trahis&nbsp;! </font></p>
<p><font size="2">Je d&eacute;gaine mon cosmogun, d&eacute;rout&eacute;e par une si prompte analyse, et m'&eacute;carte instinctivement de la grande porte d'entr&eacute;e. </font><font size="2">Monsieur Zon r&eacute;agit sur-le-champ, bondissant vers l'arri&egrave;re de la salle afin de frapper un code sur un petit boitier enfonc&eacute; dans le mur.<br />&mdash; Cela verrouillera la porte, mais elle ne tiendra pas longtemps !<br />&mdash; Par ici&nbsp;! Suivez-moi !&nbsp;Nous devons nous replier sur&nbsp;l&rsquo;Arcadia&nbsp;! Hurle Ramis en agrippant Stelly et Villars, qui ne semblent pas r&eacute;aliser ce qui leur arrive. Il se pr&eacute;cipite dans ma direction, talonn&eacute; par Key et d&rsquo;un geste assur&eacute;, ouvre une trappe jusque-l&agrave; invisible sur ma droite. Le son mat des lasers frappe d&eacute;j&agrave; l'immense porte et le cr&eacute;pitement que je per&ccedil;ois &agrave; l'ext&eacute;rieur m'indique qu'il n'y en a plus pour longtemps avant de voir d&eacute;ferler une troupe d'&eacute;lite humano&iuml;de, ou un escadron de l'union terrestre, au milieu de la salle de r&eacute;ception. Ramis entra&icirc;ne sans m&eacute;nagement&nbsp;Stelly et le docteur vers l'issue, tandis que les pirates hagards sortent de la&nbsp;chambre des immersifs, alert&eacute;s par le tapage grandissant. Key d&eacute;gaine son arme, mais il l'empoigne brutalement et plaque sa bouche contre la sienne avant qu'elle n'ait eu le temps de r&eacute;agir. Elle&nbsp;le d&eacute;visage, effar&eacute;e, puis&nbsp;cherche &agrave; le gifler, mais d'un geste habile il la d&eacute;s&eacute;quilibre et la pousse vers l'ouverture avec un sourire vainqueur. Elle tente de se d&eacute;battre, mais&nbsp;elle est irr&eacute;m&eacute;diablement&nbsp;entrain&eacute;e vers le bas.<br />&mdash; Passez par l&agrave; ! Vite ! Indique-t-il ensuite aux retardataires, tout en d&eacute;gainant ses deux impressionnants whatsups face &agrave; la porte qui&nbsp;vacille de plus belle. Je suis son exemple et me poste &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, mon cosmogun point&eacute; vers les immenses battants en vue de&nbsp;favoriser la fuite de l'&eacute;quipage qui, fort heureusement, parvient &agrave; sortir de sa torpeur alcoolis&eacute;e&nbsp;pour s'engouffrer dans l'issue providentielle.<br />&mdash; O&ugrave; m&egrave;ne ce passage, Ramis&nbsp;? Dis-je dans un cri, afin de couvrir le fracas de plus en plus mena&ccedil;ant de nos ennemis.<br />&mdash; Il s'agit d'une vieille gaine d'a&eacute;ration hors service depuis longtemps, elle conduit directement au sous-sol 49, l&agrave; o&ugrave; se trouve l'Arcadia !<br />&mdash; En es-tu certain ? Fais-je, incr&eacute;dule devant une telle miraculeuse aubaine.<br />&mdash; Absolument.&nbsp;Attention ! Elle va c&eacute;der !&nbsp;Rugit-il en&nbsp;pointant ses armes vers la porte d'entr&eacute;e. Monsieur Zon se joint &agrave; nous, un superbe Trinity dans une main,&nbsp;son&nbsp;katana &eacute;tincelant dans l'autre.<br />&mdash; Permettez-moi de vous faire profiter de mes humbles capacit&eacute;s guerri&egrave;res, maintenant que je suis des v&ocirc;tres, me murmure-t-il &agrave; l'oreille avec un sourire &eacute;clatant.<br />Le reste de l'&eacute;quipage se presse dans l'ouverture trop &eacute;troite pour qu'ils l'empruntent &agrave; plus de quatre ou cinq, tandis que nous faisons face aux battants immenses qui volent soudain en &eacute;clat avec un fracas assourdissant. <br /></font></p>
<p><font size="2"><br /></font></p>
<p><font size="2"><img width="500" height="453" style="border: medium solid rgb(153, 51, 0);" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38/trio.jpg" /><br /></font></p>
<p><font size="2">Je bande tous mes muscles, le bras tendu et le doigt sur la g&acirc;chette hyper sensible de mon arme de pointe, mon front envahi d'une sueur glac&eacute;e. Nos assaillants d&eacute;ferlent bient&ocirc;t dans la salle par dizaines et je&nbsp;fais feu&nbsp;avec une &eacute;nergie d&eacute;vastatrice dans la masse grouillante et impitoyable des humano&iuml;des. Les lasers fusent de toute part et nous&nbsp;r&eacute;alisons rapidement qu'il est impossible de neutraliser nos adversaires. Nous&nbsp;reculons de concert et nous rapprochons les uns des autres dans une solidarit&eacute; vitale et instinctive.</font><font size="2">&nbsp;Je suis sid&eacute;r&eacute;e par la vitesse de tir et de r&eacute;action de Ramis, qui surpasse tout ce que j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; vu. Il parvient &agrave; abattre une dizaine d&rsquo;humano&iuml;des, lorsque j&rsquo;en touche un seul et son adresse emp&ecirc;che les lasers de nous atteindre. Son bras biom&eacute;canique n'est sans doute pas &eacute;tranger &agrave; cette salutaire habilet&eacute;, qui&nbsp;permet &agrave; une grande partie de l&rsquo;&eacute;quipage de fuir par le chemin qu&rsquo;il nous a ouvert. Monsieur Zon s'&eacute;carte soudain de nous afin de se jeter au coeur de la bataille, son arme blanche si rapide qu'il est impossible d'en suivre le mouvement. Aussit&ocirc;t, des flots de sang noir &eacute;claboussent ses gestes et son visage, tandis qu'il tue avec une rapidit&eacute; et une ferveur animale qui me donnent la chair de poule. Malgr&eacute; tout, la masse grandissante de nos ennemis parvient &agrave; gagner peu &agrave; peu du terrain, nous contraignant &agrave; reculer encore.<br />&mdash;&nbsp;Zon ! Ayana ! Sautez, maintenant ! Hurle soudain Ramis &agrave; notre&nbsp;attention. Il ne reste plus que nous, et je suis plus rapide&nbsp;! Je vous couvre&nbsp;!<br />J'h&eacute;site un instant,&nbsp;ne pouvant me r&eacute;soudre &agrave;&nbsp;l'abandonner ainsi, mais Zon se jette sur moi, m'entrainant avec lui &agrave; travers l'ouverture, sous l'&eacute;clat cinglant des lasers.<br />La chute est vertigineuse et c'est au sein d&rsquo;une p&eacute;nombre totale que nous d&eacute;valons vers l'inconnu. J&rsquo;appr&eacute;hende la fin de cette d&eacute;sagr&eacute;able glissade qui me parait interminable et enfonce ma t&ecirc;te dans mes &eacute;paules, tandis que je sens le bras assur&eacute; de monsieur Zon se refermer autour de&nbsp;ma nuque&nbsp;dans un geste protecteur. Je me recroqueville inconsciemment contre lui&nbsp;alors que nous prenons de la vitesse. Bient&ocirc;t, un petit point lumineux s&rsquo;agrandit &agrave;&nbsp;nos pieds, des cris me parviennent. Je sers les dents et ferme les yeux, crispant une main sur la crosse de mon arme. Malgr&eacute; tout,&nbsp;la violence du choc&nbsp;irradie&nbsp;soudain chaque muscle de mon dos et c&rsquo;est le souffle coup&eacute; que j'arrive tant bien que mal &agrave; me redresser, avec l'aide de monsieur Zon qui, il me semble, a volontairement amorti ma chute.&nbsp;J&rsquo;ai juste le temps d&rsquo;apercevoir la grande porte de l&rsquo;entrep&ocirc;t qui s'&eacute;l&egrave;ve inexorablement, laissant entrevoir les dizaines d&rsquo;uniformes mena&ccedil;ants de nos ennemis, tandis que les &eacute;normes moteurs de l&rsquo;Arcadia r&eacute;sonnent d&eacute;j&agrave; &agrave; travers tout le b&acirc;timent et r&eacute;chauffent l&rsquo;air qui devient&nbsp;rapidement irrespirable. Je suis le mouvement de panique des pirates qui rallient le pont dans une course effr&eacute;n&eacute;e et sursaute au son mat d&rsquo;une chute sur ma droite. Ramis vient de nous rattraper. Le sas est maintenant &agrave;&nbsp;demi ouvert et quelques soldats imprudents&nbsp;tentent un passage afin de&nbsp;nous prendre d&rsquo;assaut. Entrav&eacute;s dans leurs d&eacute;placements, ils sont faciles &agrave; &eacute;liminer, mais je sais que la tr&ecirc;ve sera de courte dur&eacute;e. Herlock s&rsquo;est pr&eacute;cipit&eacute; au milieu des pirates et se fraie un chemin &agrave; contre-courant, abattant avec une efficacit&eacute; remarquable les humano&iuml;des qui parviennent &agrave; s'approcher du pont. Je l&rsquo;entends crier mon nom&nbsp;au coeur&nbsp;du vacarme &eacute;tourdissant des moteurs et m&rsquo;&eacute;lance dans sa direction, tandis que le pont de l&rsquo;Arcadia commence lentement &agrave; se refermer sous les cris terrifi&eacute;s des retardataires. Il esquive de justesse le tir &agrave; bout portant d&rsquo;un soldat, ce qui le contraint &agrave; reculer,&nbsp;alors qu&rsquo;un laser fr&ocirc;le mon &eacute;paule et me d&eacute;s&eacute;quilibre brutalement. J&rsquo;ai juste le temps de me redresser pour voir Ramis se jeter sur moi en hurlant. Nous effectuons une roulade des plus inconfortable et je sens sa poigne extraordinairement vigoureuse qui me plaque au sol, avant de me rel&acirc;cher brusquement pour me repousser vers le pont.<br />&mdash; Courrez&nbsp;! Gronde-t-il. Je m&rsquo;ex&eacute;cute aussit&ocirc;t, tandis que l&rsquo;Arcadia entame d&eacute;j&agrave; son ascension. Je m&rsquo;agrippe au pont et sens bient&ocirc;t des bras puissants qui entourent ma taille et m&rsquo;entrainent &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur. Je roule sur le pont avec Herlock, qui se redresse afin d&rsquo;abattre deux de nos poursuivants. Je me retourne vivement et aper&ccedil;ois Ramis qui pianote une ligne de code et abaisse une manette sur le mur de droite. Aussit&ocirc;t, une pluie de sable s&rsquo;abat tout autour de nous, t&eacute;moignant de l&rsquo;ouverture de la gigantesque trappe qui nous surplombe, irradiant l&rsquo;entrep&ocirc;t d&rsquo;un rai de lumi&egrave;re blanche qui se d&eacute;ploie rapidement, me contraignant&nbsp;&agrave; cligner des yeux le temps de m&rsquo;y accoutumer. L&rsquo;Arcadia prend de l&rsquo;altitude et je me pr&eacute;cipite au bord du pont. Je&nbsp;glisse&nbsp;le long de la pente&nbsp;et tends une main vers Ramis qui, malgr&eacute; toute sa dext&eacute;rit&eacute;, ne parvient plus &agrave; faire reculer ses assaillants.<br />&mdash; Ramis&nbsp;! Ramis&nbsp;!&nbsp;Attrape ma main&nbsp;! Je t&rsquo;en prie&nbsp;!<br />Il h&eacute;site un instant puis jette une de ses armes sur le pont afin d&rsquo;agripper mon avant-bras, sans cesser de tirer de son bras de m&eacute;tal,&nbsp;alors que l&rsquo;Arcadia s'&eacute;l&egrave;ve encore. Je tente de toutes mes forces de le&nbsp;hisser vers l&rsquo;int&eacute;rieur, lorsqu&rsquo;une main gant&eacute;e de noir vient me pr&ecirc;ter main-forte. Je l&egrave;ve les yeux sur l&rsquo;expression complice de monsieur Zon. Nos efforts m&ecirc;l&eacute;s nous permettent d&rsquo;entrainer Ramis avec nous, tandis que le pont se referme dans un r&eacute;sonnement lugubre. Je&nbsp;reste un instant abasourdie, m&rsquo;effor&ccedil;ant de r&eacute;cup&eacute;rer mon souffle, alors que les&nbsp;pirates rejoignent leurs postes en h&acirc;te dans le bourdonnement assourdissant des r&eacute;acteurs. Herlock s'affaire &agrave; diriger ses hommes, mais son regard&nbsp;rageur demeure riv&eacute;&nbsp;&agrave; celui du&nbsp;jeune Ramis. J'ai un instant la certitude qu&rsquo;il va l&rsquo;abattre sans sommation, mais il se contente de serrer les dents et frappe d&rsquo;un violent coup de poing la coque du navire sans un mot, puis fais volte-face et disparais.<br />&mdash; Quel chaleureux accueil, murmure Ramis avec un sourire sarcastique.</font></p>
</font>]]></description>
        <pubDate>Fri, 21 Dec 2007 12:42:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.spacepiracy.com/article-7317200.html</guid>
                <category>Roman : Tome 2</category>        <comments>http://www.spacepiracy.com/article-7317200-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chapitre 21(tome 2)]]></title>
        <link>http://www.spacepiracy.com/article-7303340.html</link>        <description><![CDATA[<font face="Arial">
<p><font size="2">Il est vingt et une heures terrestres et une fois de plus, un calme presque &eacute;touffant r&egrave;gne dans les couloirs et les salles communes du vaisseau d&eacute;sert&eacute;. Les hommes sont tous r&eacute;unis dans les appartements de monsieur Zon, le capitaine leur ayant octroy&eacute; cette derni&egrave;re libert&eacute;, pr&eacute;f&eacute;rant savoir son &eacute;quipage plus serein et psychologiquement apte pour reprendre le voyage incertain qui nous attend. Seule Mime n&rsquo;a pas souhait&eacute; se joindre aux festivit&eacute;s et passe le plus clair de son temps &agrave; observer en silence la cr&eacute;ature informe qui bouillonne toujours dans la cellule des quartiers de quarantaine. J&rsquo;ai presque la sensation qu&rsquo;une muette communication s&rsquo;&eacute;tablit entre la fr&ecirc;le jeune femme et le magma de chair qui palpite contre la vitre, mais il s&rsquo;agit sans doute de mon imagination, du moins je pr&eacute;f&egrave;re m'en convaincre.</font></p>
<p><font size="2"><br /></font></p>
<p><font size="2"><img width="382" height="498" src="http://idata.over-blog.com/0/42/33/38/communion.jpg" alt="" class="CtreTexte" style="border: medium solid rgb(51, 153, 102);" /><br /></font></p>
<p><font size="2"> Syrus poursuit quant &agrave; lui les derni&egrave;res v&eacute;rifications essentielles &agrave; la bonne marche du b&acirc;timent avec une minutie virtuellement maladive, peu enclin &agrave; se m&ecirc;ler &agrave; la foule surexcit&eacute;e des pirate