Nous accostons le lendemain sur une planète toujours vierge de toute présence ennemie, un des derniers bastions encore existants, mais pour combien de temps ? La population, consciente de l’état de grâce qu’elle connait, mais également de la précarité de la situation vit dans une atmosphère plutôt électrique. Certains se noient dans leur travail en prenant soin de ne rien appréhender, d’autres préparent leurs fuites vers des destinations incertaines, d’autres encore se laissent tomber avec volupté dans la délinquance, l’alcool ou l’oubli bienfaisant de drogues exotiques. J’ai autrefois arpenté les rues incroyablement mouvementées de cette planète en sursis et me rappelle avoir été séduite et à la fois rebutée par le caractère ouvert et excentrique de ses habitants. Le capitaine a réuni l’équipage dans la grande salle de contrôle tandis qu’Alfred s’est chargé d’indiquer à chacun ses attributions. Les hommes sont impatients de mettre enfin pied à terre et il règne une effervescence joyeuse dans la foule, mais lorsque Herlock monte les marches pour se poster à la barre imposante, le murmure ambiant cesse immédiatement. Il salue ses hommes d’un geste formel et sa voix puissante s’élève dans le respect attentif de l'assemblée.
— Mes amis, je sais que vous n’attendez qu’une chose, quitter ce bâtiment que vous n’avez que trop vu ces derniers temps. Cependant, et ce, comme chaque fois, je vous demande la plus grande prudence et une discrétion sans failles. Vous connaissez tous les postes qui vous ont été octroyés. Je compte sur l’équipe de ravitaillement pour être ponctuelle : vous êtes attendus à bord dans deux heures. Ensuite, quartiers libres jusqu’à demain matin, dix heures. Aucun retardataire. N’omettez pas de rester en contact radio permanent et de me signaler toute présence suspecte. Pour finir, je tiens à ce que vous vous amusiez, mais n’oubliez jamais qui vous êtes. Vous avez ma bénédiction.
Il salue de nouveau l’assistance de son sabre étincelant et une clameur enthousiaste s’élève, à laquelle succède un discret brouhaha, accompagnant les hommes qui s’éparpillent rapidement à l’extérieur en de nombreux petits groupes. Herlock descend les marches et Mime le rejoint, tenant l’enfant rescapée par la main. Ses cheveux dorés et ses immenses yeux bleus lui confèrent une allure de petite poupée. Elle tend les mains vers le capitaine qui la soulève. Elle entoure ses petits bras frêles aussi clairs que de la porcelaine autour de son cou et il lui sourit, caresse son petit visage et l’embrasse tendrement. Je suis fascinée par son regard qui semble soudain transcendé par l’amour. Cette scène tranche tant avec l’apparente insensibilité de cet homme que j’en suis émue.

— Je veux venir avec toi, dit la petite fille avec une moue boudeuse.
— Je ne peux pas t’emmener, Stelly. Je dois voir quelqu'un, mais je serai rapidement de retour, je te le promets, lui répond-il doucement. Mais Mime va rester avec toi et ici tu n’as absolument plus rien à craindre. L’enfant esquisse un sourire résigné, mais compréhensif.
— Tu reviens vite ? Tu promets ? insiste-t-elle avec inquiétude.
— Je te le jure, Stelly. Puis il la repose sur le sol et jette un regard complice à Mime.
— Ne vous inquiétez pas, capitaine, Stelly et moi avons un tas de choses à faire aujourd’hui, rassure l’étrange jeune femme.
— Merci Mime, à plus tard, murmure-t-il avant de s’éloigner.
Je m’apprête également à quitter le vaisseau lorsqu’une main sur mon bras me fait sursauter. Je me retourne vivement et croise le sourire éclatant du jeune Ramis. Comme beaucoup d’entre nous, il a troqué sa sombre tenue de corsaire contre des vêtements civils plus discrets. Seule son arme trahit son appartenance. Ses cheveux mi longs habituellement en bataille sont soigneusement plaqués en arrière et je remarque pour la première fois ses beaux yeux verts pétillants de vie.
— Excusez-moi de vous avoir effrayée, balbutie-t-il.
— Il n’y a pas de mal Ramis. J’ai tellement l’habitude d’être sur le qui-vive que je finis par être trop nerveuse.
— Je pensais que je… enfin, nous… pourrions visiter cette ville ensemble, je veux dire, je… pourrai être un bon guide, car je connais tous les meilleurs coins, les plus sympathiques tavernes.
Il est évident qu’il est impressionné par ma présence, sa maladresse ainsi que son enthousiasme m’arrachent un sourire attendri.
— Et bien, allons-y cher coéquipier, montrez-moi donc tout cela.
Il semble au comble du bonheur. La guerre n’a pas encore terni la pureté de sa jeunesse, et c’est avec entrain que je lui emboîte le pas vers cette ville étrangère.
Commentaires
je viens visiter ton blog suite à ton com sur le fil des ministres. tes dessins me rappellent albator, et ... bref j'ai vu un de tes liens ...
bonne journée
sinon, j'aime beaucoup tes dessins qui rendent bien ce que tu ressens et je voulais te remercier pour le lien vers mon blog que je viens juste de voir (honte sur moi !). Je crois que je suis abonnée aux copines bloguesques versées dans la piraterie de dessin animé !!
Ambre
J'espère que tu n'es pas refroidie pour la suite, je crois pouvoir dire que l'univers et les persos gagnent en profondeur au fil de l'histoire et tes commentaires m'intérressent beaucoup.
Pas de soucis pour le lien, tes textes le mérite amplement. : )
Je reviendrai lire la suite...@+
(site web)
le: 29/11/2007 13:12:29 






mais c'est bien sympa tout ça! continue comme ça et je te rendrai visite de temps à autres!
@+