Vendredi 29 décembre 2006

J’apprends que l’oasis est en fait un immense complexe mis au point par Alfred, lorsqu'il travaillait encore au sein des laboratoires de recherche du gouvernement terrestre, quelques mois après l'invasion ennemie. L'infrastructure est dissimulée dans le noyau d’un énorme astéroïde, qui de par sa trajectoire très instable, rend les manœuvres de pilotage particulièrement complexes et dangereuses. Nous sommes contraints d’effectuer plusieurs approches infructueuses, avant de parvenir enfin à nous glisser à l’intérieur d’une longue piste d’atterrissage, qu’Alfred a pris soin de déverrouiller à l’aide d’un programme codé extrêmement perfectionné.
— Notre sécurité et notre tranquillité sont à ce prix, s’excuse-t-il à mon intention.
— Mais vous allez voir, il y a ici tout ce dont nous avons besoin. Y compris une petite plage artificielle. L’intérieur de l’astéroïde est composé d’une sphère hermétique qui fonctionne en circuit fermé comme une minuscule planète. Le système est très simple : les plantes fournissent l’oxygène et recyclent le co2, le cycle de l’azote est respecté, les prédateurs soigneusement sélectionnés régulent la population des herbivores, etc.… Il faudrait des heures pour vous décrire les mécanismes complexes qui régissent ce microcosme parfait, mais sachez qu’il est à lui seul un petit univers. L’air y est plus pur que sur n’importe quel monde existant.
Je l’observe avec fascination et une pointe de tendresse. Il est si enthousiaste !
— En somme, vous avez créé votre planète, tout comme Dieu…, dis-je pensivement. Il recule dans son siège et esquisse un large sourire.
— Tout à fait, à une différence près cependant : je suis conscient du fait que si je tiens à préserver l’équilibre de cette petite merveille, nous ne pouvons y rester plus de quelques jours… Je hoche la tête, amusée par la pertinence de sa remarque.

Je m’aperçois, dès l’ouverture du pont, qu’il n’a rien exagéré. Une lumière incroyablement similaire à celle du soleil me fait cligner des yeux et m’oblige à me protéger avec la paire de lunettes noires que je n’ai que très rarement l’occasion d’utiliser. Une nuée d’oiseaux survole le vaisseau en poussant de petits piaillements stridents. Je reste muette d’admiration devant le spectacle extraordinaire d’une jungle luxuriante, éclaboussée de taches de couleurs chatoyantes. D’énormes fleurs s’épanouissent en effet un peu partout, offrant généreusement leur nectar à une pléthore de minuscules oiseaux-mouches au plumage irisé de reflets métalliques bleus et verts. Quelques perroquets, plus majestueux les uns que les autres, se disputent les baies appétissantes qui foisonnent au sein des buissons, couverts de rosée matinale. Il me semble apercevoir une magnifique panthère tachetée, qui paresse nonchalamment sur la branche d’un arbre gigantesque. Un troupeau de fines petites antilopes se repaît tranquillement de l’herbe haute et grasse d’une prairie verdoyante, et je sursaute au passage d'une troupe agitée de lémuriens au dos strié de bandes noires et blanches. Les animaux paraissent étonnamment peu farouches, et lèvent à peine la tête à notre arrivée. Des milliers de papillons volent au hasard, formant une fresque vivante aux couleurs de l’arc-en-ciel. Un délicieux bruit de fond nous enveloppe, mêlant le chant des oiseaux, le bourdonnement des insectes, les cris des animaux, mais aussi le doux ronronnement régulier d’une cascade que je peux distinguer au loin. Le jardin d’Éden… Ce petit homme est parvenu à créer le jardin d’Éden, ou du moins la représentation que je m’en suis toujours faite.
— Suivez-moi, annonce-t-il fièrement. Je vais vous montrer le lac, avec sa plage de sable fin. C’est l’endroit le plus agréable de l’oasis.

Tous les membres de l’équipage sont enthousiastes, et les rescapés que nous avons récupérés sur les deux dernières planètes semblent revivre. Le petit bonhomme qui m’avait tendu la main sur Katoga-Hiatt parait avoir oublié toutes ses souffrances. Il se précipite en poussant de petits cris dans l’eau accueillante du lac, la petite Stelly sur ses talons. À cet instant précis, j’envie la faculté d’adaptation extraordinaire des jeunes enfants. J’aimerai tant comme eux être capable de jouir de l’instant présent, sans avoir l’esprit parasité par la tristesse du passé ou l’angoisse de l’avenir. Seulement pouvoir apprécier le bonheur d’être en vie, il me semble que jamais plus je n’y parviendrai…

À l’inverse, Alfred parait savourer cette pose à sa juste valeur. Il se mêle de bonne grâce aux jeux aquatiques des enfants dont les rires cristallins réchauffent le cœur. Mime et Key, comme la plupart d’entre nous, ont abandonné leurs uniformes, pour des tenues civiles beaucoup plus décontractées. Elles partagent un verre de vin en compagnie des hommes d’équipage, qui se sont mis en tête de préparer un grand barbecue. Certains préfèrent pour l’instant se laisser envahir par une somnolence paisible, allongés confortablement à même l’herbe douce et fraîche. D’autres se délectent d’une douche naturelle sous la chute d'eau bienfaitrice. Les plus curieux ont déjà entrepris de goûter aux fruits juteux qui dégringolent en cascade de nombreux arbres, Alfred nous ayant bien précisé qu’ils sont tous comestibles, et ce, pour leur plus grand plaisir. Partout où se posent mes yeux, un bonheur simple et immédiat semble avoir pris possession de mes compagnons. Et ceci me met pour ainsi dire mal à l’aise, tant je me sens incapable de lâcher prise comme ils le font. Je retourne dans ma cabine afin d’enfiler un vieux jean et un débardeur noir. Le contact doux du tissu me parait étrange, comparé à la rigidité et à l’épaisseur protectrice de ma tenue de combat. Je me sens tellement plus légère, presque fragile. Une fugace sensation de nudité…
Lorsque je sors de nouveau, une envie irrépressible me saisit. Je retire mes vieilles chaussures afin de fouler pieds nus le tapis moelleux de l’herbe verdoyante, et frissonne de plaisir. Je m’installe un peu à l’écart de mes bruyants compagnons de voyage et lève les yeux vers le ciel factice, qui s’est assombri en un magnifique crépuscule rougeoyant de mille feux. Alfred a bien fait les choses, il n’y a aucun doute.

Les hommes ont allumé un grand feu qui crépite chaleureusement, et une agréable odeur de viande grillée flotte dans l’air. Soudain j’aperçois sur ma droite la silhouette du capitaine. Il s’est contenté de se débarrasser de sa cape et de ses gants. Il observe comme moi le bonheur fugace de son équipage malmené, et une terrible mélancolie se dégage de sa haute stature. Il s’appuie d’une main contre le tronc noueux d’un vieil arbre, l’autre venant s’accrocher à son ceinturon de cuir. Il remarque alors ma présence, et, une fois encore, nos regards se verrouillent l’un à l’autre, dans une intimité silencieuse. Il me semble que quelque chose me lie dorénavant à cet homme, une sorte d’union secrète de nos âmes malades…




La plupart de mes compagnons décident de passer la nuit à la belle étoile et je dois avouer que je comprends leur choix. Je m’installe également sous un grand chêne, comme ceux que j’ai rencontrés autrefois sur terre. Cela me parait si lointain aujourd’hui, que je me demande parfois si je n’ai pas seulement rêvé avoir connu notre planète.Cela fait si longtemps que je parcours l’espace, que je ne parviens même plus à compter les années. Alfred me rejoint et me tend une énorme portion de pain blanc, accompagnée d’une épaisse tranche de bœuf grillé. Il tient dans la main gauche une bouteille de vin qui doit avoir traversé plusieurs décennies.
— Celui là, c’est du très bon ! dit-il en posant la bouteille avant de s’asseoir. Comment vous sentez vous ? hasarde le petit homme en remplissant nos verres
— Mieux. Je vous remercie de vous inquiéter, mais c’est inutile.
— Bah ! Figurez-vous que je me sens coupable, c’est moi qui vous ai entraîné dans cette histoire.
— Non, c’est moi qui ai insisté pour vous suivre. Il mord à belles dents dans sa tranche de bœuf.
— C’est vrai, mais si seulement j’avais pu savoir…
— Kyle était déjà mort lorsque j’ai rejoint votre équipage. Il n’y a donc rien à regretter, dis-je d’un ton sec, pour couper court à cette discussion.
— Je suis désolé pour votre ami. À ces mots je sens les larmes me submerger de nouveau, et ma gorge se nouer. Le petit homme pose une main réconfortante sur la mienne.
— Je veux que vous sachiez que je serai toujours là pour vous, quoiqu’il arrive.
— Merci Alfred.

Je passe une nuit paisible, bercée par le chuchotement incessant de la cascade, et les mille bruits étranges et discrets de la jungle nocturne. C’est avec une sensation de bien-être que je m’éveille le lendemain matin, ma peau caressée par un soleil radieux, l’air empli du chant des oiseaux. Alfred ne m’a pas quitté de la nuit. Je sais qu’il est inquiet pour ma santé mentale. Herlock lui a-t-il demandé de me surveiller ? Qu’importe, sa présence est toujours un réel plaisir.

Je ne tarde pas à remarquer une certaine effervescence autour du feu éteint de la veille. Il me semble percevoir des éclats de voix, et le petit garçon est en larme. J’attache en hâte mes cheveux, et descends rejoindre mes compagnons.
— Que se passe-t-il ici ? dis-je en soulevant l’enfant. Je cale ses jambes contre ma hanche, et il se blottit aussitôt contre moi. Qu'est-ce que vous avez bien pu trouver comme sujet de discorde dans un endroit pareil ? Ça ne pouvait pas attendre notre retour dans l’espace ?
— Et bien justement, c’est de cela qu’il s’agit, m’explique Ramis. Ces espèces de… ces gens, veulent rester ici ! dit-il en désignant les rescapés de Microteck et ceux de Katoga-Hiatt.
— Et nous avons beau leur expliquer que ce n’est pas possible, ils ne veulent rien savoir, ajoute Mime
— Nous ferons bien attention de ne rien abîmer, déclare un petit vieux, à la colonne toute déformée.
— Mais ce n’est pas possible ! Si vous restez là, vous condamnez ma planète à court terme. Rien que votre respiration déséquilibrerait les échanges gazeux ! En quelques mois il n’y aurait plus rien ici ! gémit Alfred
— Oui, sans compter les massacres de la faune, les pillages des ressources, la pollution. Nous savons tous de quoi est capable la nature humaine, dis-je en grimaçant
— Vous ne pouvez pas nous obliger à repartir avec vous ! braille une femme d’une trentaine d’années, qui n’a déjà pratiquement plus de dents.
— Écoutez. Je sais très bien ce que vous avez traversé, je comprends que vous aspiriez à rester dans ce petit paradis, mais Alfred vous l’a expliqué, c’est impossible, dis-je.
— Vous ne nous contraindrez pas à vous suivre ! hurle un des rescapés, en brandissant un pistolet dans ma direction. Un deuxième homme et une femme dégainent également des armes, certainement dérobées à bord du vaisseau au cours de la nuit.
— Vous désiriez garder cette planète rien que pour vous hein ? Ricane la femme en s’avançant vers moi. Je comprends que leur séjour dans les laboratoires de Microteck a gravement endommagé leurs facultés de raisonnement, et me maudis de ne pas être armée.
Je serre contre moi l’enfant qui tremble de peur, et recule. Les deux hommes gloussent de contentement, si bien que l’un d'eux déclenche son arme sans le vouloir, et manque de toucher Mime.
— Espèce de…
— Ah, ah, ah, pas de ça ma jolie, tu n’as plus le dessus à présent, grince la femme, brandissant son arme a dix centimètres de mon visage. Tu fais moins ta maligne maintenant, hein ? Tu…
Un laser vient de la frapper entre les deux yeux, avec une précision chirurgicale. Les hommes d’équipage profitent de la diversion pour désarmer les deux autres forcenés, tandis qu’elle s’effondre à mes pieds. J’aperçois en surplomb, Herlock qui pointe son sabre vers les deux prisonniers, gémissants et suppliants.
— Vos actes sont impardonnables. On ne menace pas ceux qui vous ont sauvé la vie, leur annonce-t-il d’une voix sépulcrale. Un bref silence s'en suit, parasité par les piaillements furieux de deux grands aras se disputant un fruit.
— Vous ne méritez pas de vivre, ajoute-t-il, avant de les abattre sans aucune hésitation, ni aucun regret. Que ceci serve d’exemple à ceux qui auraient de nouveau l’idée de s’en prendre à mon équipage.
Je reste muette de stupéfaction, horrifiée. Est-ce là son vrai visage ? Une ombre sinistre surnage dans son regard, teintée de cruauté. Je dépose le petit garçon, qui se précipite dans les bras d’une jeune femme brune.
— C’est sa manière de reprendre le contrôle, murmure Alfred avec embarras. Il entreprend de traîner les corps à distance du camp. Je lui apporte mon aide, encore secouée par la scène qui vient de se dérouler.
— Il lui arrive souvent de réagir de manière aussi... extrême ?
— Et bien… le combat l’a endurci. Il refuse de prendre des risques avec ceux qui ne le méritent pas.
— Mais ces gens, il ne leur a laissé aucune chance...
— Il considère qu’il leur a offert une chance en les accueillant sur l’Arcadia, et il ne donne jamais de seconde chance. Croyez-moi, je le connais bien.
— Mais bon sang ! Il est évident que ces pauvres gens n’avaient plus toutes leurs facultés mentales !
— Alors, il ne sert à rien de s’embarrasser de leur présence, répond Alfred en commençant à creuser. Vous savez, ils ne sont pas les premiers à mourir en ces lieux. Herlock a pour habitude d’éliminer les prisonniers humanoïdes ici, et aussi les collaborateurs humains, et tous ceux qui refusent de lui livrer les informations qu’il exige.
— Ce paradis plonge ses racines dans un charnier humain, dis-je avec horreur.
— Je comprends que cela vous choque, mais nous sommes en guerre, et je vous jure que le capitaine est quelqu’un de profondément juste. Mais ne nous voilons pas la face : toute guerre comporte son lot de sacrifices. Nous ne pouvons pas prendre en charge tous les désaxés de l’univers. N’oubliez pas que cet incident aurait pu nous coûter la vie de Mime, ou la vôtre. Herlock est prêt à tout pour assurer la sécurité de son équipage, et c’est ce qui fait de lui un capitaine exceptionnel.
Je jette le corps de la femme au fond du trou rudimentaire, et entreprends de le recouvrir de terre, tandis qu’Alfred s'occupe des deux autres. Quelle ironie ! Ce sont des dizaines de cadavres, sans doute plus, qui permettent à la végétation un telle luxuriance. De la mort naît un tel foisonnement de vie… peut-être est-ce là un juste retour des choses, après tout…

Le reste de la journée, nous commençons à charger à bord des caissons hermétiques emplis de denrées, que les pirates avaient soigneusement entassés dans un grand hangar, lors de leurs nombreux abordages. Nous relions les réservoirs d’eau à une énorme pompe, qui tire sa source directement du lac. Les hommes cueillent avec avidité ce qu’ils peuvent sur les arbres généreux. La nourriture fraîche reste un luxe dans l’espace. Il ne faut pas moins de la journée pour faire le plein de toutes ces denrées essentielles, et réparer les quelques immanquables problèmes d’avaries mineures dans la coque. Alfred passe tout l’après-midi à traquer les soucis techniques éventuels, allant jusqu’à changer lui-même les rares lumières défaillantes des couloirs.Il tient absolument à ce que tout soit parfait.

Ce n’est que vers l’heure du repas que je le vois réapparaître. Il est très pâle, et de grosses gouttes de sueur ont envahi son front. Le capitaine interpelle son ami avec inquiétude
— Tu ne te sens pas bien, Alfred ?
— Si, si, tout va pour le mieux ! J’ai terminé la révision de l’Arcadia, répond le petit homme, avant de s’évanouir dans l’herbe ondulante. Herlock se précipite et lui assène une paire de gifles afin de le ramener, mais rien n’y fait. Je l’aide à soulever le petit homme au poids conséquent, et nous suivons le docteur Villars qui nous a rejoints en hâte.
— Amenez-le à l’infirmerie !
Nous nous exécutons, tandis qu’il nous devance afin de préparer la salle.
— Installez-le ici, dit le docteur, en nous indiquant la table d’examen. Alfred commence à reprendre conscience. Je le sens bouger, et il grommelle quelque chose d’incompréhensible.
— Que..que s’est-il passé ? gémit-il
— Tu as perdu connaissance. Tu es à l’infirmerie. Le docteur Villars va s’occuper de toi,  répond le capitaine, en faisant signe au grand homme barbu de prendre les choses en main.
— Merci. Laissez-nous maintenant, il faut que je l’examine, fait le médecin à notre intention. Nous quittons les lieux sans tenir compte des protestations d’Alfred.

Les hommes ont rallumé le barbecue et l’odeur de la viande savoureuse me fait saliver.
Herlock s’approche du feu et saisit deux assiettes. Il m’en tend une, et je le suis un peu à l’écart. Il s’installe à l’abri d’un grand arbre majestueux et me fait signe de le rejoindre.
Je m’exécute sans discuter, partagée entre l’attirance, la crainte et l’aversion que sa présence m’inspire.

 — Il travaille beaucoup trop, murmure-t-il
— Il est tellement perfectionniste, dis-je en savourant la viande tendre et juteuse, avant de reprendre. Vous vous connaissez depuis longtemps n’est-ce pas ? Il semble y avoir entre vous une telle complicité.
— C’est vrai, dit-il.
— J'ai rencontré Alfred alors que je dirigeais l’escadron de défense internationale. Il était directeur de recherche, au centre d'expérimentation spatial mondial. Il travaillait à l'époque à l'élaboration de nouveaux modèles de vaisseaux de combats, à la pointe de la technologie.
J'ai été désigné pour servir de pilote, afin de tester l'un de ces appareils. Mais il tenait absolument à être à bord pour veiller au parfait déroulement des manoeuvres. Il a toujours eu beaucoup de mal à déléguer quoi que ce soit à qui que ce fût .  Il esquisse un sourire amusé, mais son regard reste perdu dans une douce mélancolie. Il me semble que nous avons sympathisé dès qu'il est monté à bord. Et lorsque j’ai été déchu de mes droits sur terre, il a tenu à me suivre. Depuis longtemps déjà, il élaborait secrètement la construction du plus puissant bâtiment de guerre imaginable, car Alfred n'est pas homme à se soumettre.Une trop grande passion l'anime pour qu'il puisse accepter l'asservissement de notre peuple aux humanoïdes. Nous partagions le même désir de rébellion face à l’envahisseur…C'est pourquoi il me confia sa plus inaltérable, sa plus fabuleuse oeuvre : l'Arcadia. Il soupire en souriant de nouveau. Je crois que nous ne nous sommes jamais quittés depuis.

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