Vendredi 23 novembre 2007

Les couloirs immenses recouverts de draperies soyeuses et les plafonds de stucs admirablement ciselés me semblent curieusement familiers. Le bruit de mes talons résonne sur le marbre noir irisé de reflets délicats. Les battants d’une porte démesurée se dressent au fond de ce décor digne des plus grands musées d’autrefois. Des dizaines de statues finement ouvragées bordent cette allée princière, images irréelles arrachées à d'autres âges. Ici, quelques nymphes aux longs cheveux ondulants couronnés de fleurs se baignent nonchalamment sous l’œil avide de satyres hideux. Là, une chasseresse enveloppée de sa toge savamment plissée bande son arc rudimentaire dans une pose presque lascive. Un empereur inconnu expose fièrement son corps d’albâtre à la perfection dénudée, le front ceint d’une couronne de laurier, un ange imberbe se lamente sur l’anatomie sans vie d’un homme à la stupéfiante beauté androgyne…
Je pourrais passer d'interminables heures à admirer les œuvres éblouissantes qui jalonnent mon chemin, mais je n’ai malheureusement pas le loisir de m’y attarder, progressant lentement vers le portail qui mène à l’appartement de mon dangereux hôte, l’estomac noué par une étrange émotion qui ne s’apparente pas à de la crainte. Je ne peux réprimer un sourire en levant les yeux sur les battants immenses qui me dominent de toute leur majesté, alourdis de dorures aux entrelacs artistiquement ciselés, découvrant des scènes torturées et complexes d’une mythologie que je ne connais pas. Tout ici laisse transparaitre la personnalité extravagante teintée de mégalomanie du maitre de ces lieux.

J’abats l’énorme anneau contre la porte, et le choc résonne à travers les couloirs, mais personne ne me répond. Je pousse doucement le battant et comme autrefois, la simplicité et le dépouillement du cadre, qui tranche vivement avec l’entrée, me surprennent et m’apaisent en même temps. Je me perds dans l'observation de splendides katanas qui ornent les murs face à moi lorsqu’un bruit attire mon attention. Des notes de musiques. Quelqu’un joue du piano dans une pièce adjacente. Je me laisse guider par la mélodie qui m'entraine jusqu'a la porte ouverte d’une chambre immense, aussi vide que la précédente. La longue chevelure brune qui descend jusqu’aux hanches de l’homme qui s'adonne à cet art tombé en désuétude il y a bien longtemps ne permet aucun doute quant à son identité. Il me tourne le dos et ses mains frappent les touches avec une conviction qui me saisit à la gorge. S’élève autour de nous une mélodie obscure empreinte d’une infinie mélancolie, qui parfois parait vouloir crier un désespoir sans fin, pour retomber dans une tristesse harmonieuse et veloutée… Je suis incapable de réagir… les notes mineures viennent m’envelopper de leurs caresses nostalgiques et je sens bientôt une larme discrète glisser le long de ma joue. Ma gorge est douloureuse tant l’émotion qui me submerge est redoutable et lorsque la dernière note s’éteint enfin dans une suave plainte, il me semble avoir traversé les contrées sombres et tourmentées si familières à mon âme et inconnues de tous… La voix grave et douce de Zon me ramène brusquement à la réalité.
— J'étais certain que vous comprendriez ce langage, murmure-t-il sans se retourner.
Je ne sais comment il s’est rendu compte de ma présence, mais ça n’a guère d’importance. J’essuie ma joue en tentant d’oublier l’intensité extraordinaire des sensations que la musique vient d’éveiller en moi.



— C’est magnifique, dis-je dans un souffle. Toutes mes défenses se sont effondrées d’un seul coup et me voilà face à lui, plus vulnérable que jamais. Il se retourne vers moi, faisant grincer le petit tabouret de velours et son regard d’ébène plonge au fond de mon âme. Un interminable silence à l’harmonie intime nous enveloppe d’un voile de mystère et de plénitude.
— Il s'agit de la sonate au clair de lune de Ludwig Von Beethoven. Ces quelques notes intemporelles ont traversé les siècles sans jamais perdre de leur ineffable puissance, murmure-t-il.
Il se lève et les pans de son long manteau retombent dans un froissement de tissus le long de ses jambes. Son teint clair qui tranche avec sa chevelure de jais et ses yeux délicatement bridés lui confère une beauté exotique hors du commun. Je réalise lorsqu’il s’approche qu’il est légèrement plus grand qu’Herlock et me demande pourquoi je ne m’en suis pas aperçue auparavant. Sans doute parce que chacune de nos rencontres s’est soldée par une lame menaçante posée sur ma gorge…
— Quel est donc le but de votre requête, monsieur Zon ? Dis-je en balayant les lieux du regard afin d’éviter le sien, qui me met mal à l’aise. Je remarque un immense tableau étrangement fixé contre le mur sur ma droite représentant une jeune femme dont la taille réelle me déstabilise quelques secondes. Il me semble que l’œuvre est volontairement posée à même le sol dans l'espoir de donner au personnage une illusion de vie. Je me rapproche et suis fascinée par la beauté de la toile au réalisme bouleversant. Je suis assaillie par la déroutante sensation que la peinture va s’animer afin de venir me saluer…
— Elle est magnifique, n’est-ce pas ? Murmure Zon en s’approchant derrière moi.
La physionomie métissée de la jeune femme est en effet d’une grâce et d'une délicatesse exceptionnelle. La longue chevelure noire et soyeuse encadrant son visage d’une pâleur immaculée ne laisse guère de doutes quant aux liens de sang qui doivent l’unir à mon hôte. Impossible de ne pas remarquer une si frappante ressemblance, atténuée cependant par l’expression douce et bienveillante que j’ai rarement observée sur les traits de monsieur Zon. Une longue robe de soie blanche tombe en vagues vaporeuses jusqu’au sol de marbre doré et j' aperçois entre ses doigts de porcelaine un petit livre à la couverture de cuir usée, qu'elle serre contre son coeur.  Son front délicat est ceint d’un diadème d'argent aux entrelacs complexes qui vient se perdre dans ses mèches brunes et je frémis en découvrant autour de son cou un médaillon identique au mien.Les touches de peintures de l’artiste sont d’une justesse et d’une finesse de coloris rarement égalé, un véritable travail d’orfèvre. Zon caresse la courbe exquise du visage peint avec une infinie tendresse et son expression d’une mélancolie sans bornes me fait frissonner.
— Je vous présente Tyan, ma sœur, murmure-t-il sans quitter des yeux le tableau impassible, plongé dans une soudaine transe.
— Elle est très belle, dis-je dans un murmure embarrassé.
— Était. Tyan est morte il y a dix-huit ans.
— Je suis désolée…
— Ce n’est pas à vous d’être désolée. Un éclair de rage contenue traverse son regard et je devine que les évènements qui lui arrachèrent sa sœur durent être pénibles, mais il ne semble pas enclin à m’en dire davantage.
— Ainsi, vous êtes revenu à votre point de départ lorsque vous nous avez quittés, dis-je
— Je crois bien avoir été le seul à survivre au superbe coup de maître mené par Herlock et son incroyable acolyte. Il ne me restait plus qu’à donner au commandement humanoïde une version légèrement différente des faits.
— Pourquoi m’avoir fait venir ici, monsieur Zon ?
— Des questions, toujours tant de questions… la bienséance voudrait que vous acceptiez avant tout de trinquer avec moi, commandant, dit-il en se dirigeant vers un somptueux buffet d’acajou. Il en sort deux coupes de cristal qu’il remplit d’un luxueux champagne terrien, dont les fines bulles crépitent délicieusement dans le silence qui s’est soudain instauré entre nous. Il me tend un verre avec un sourire si affable que je ne me sens pas l’audace de le refuser.
— À nos retrouvailles, ma douce Ayana, murmure-t-il.
La familiarité de ces quelques mots m’indispose, mais je porte le savoureux nectar à mes lèvres. La tonalité fruitée et délicate du breuvage m’arrache malgré tout un léger sourire.
— Délicieux n’est-ce pas ? Demande mon hôte.
— Oui, je dois bien le reconnaître, dis-je en évitant toujours consciencieusement son regard.
— Les rares serres hermétiques du nouvel ordre sont encore en mesure de faire des miracles, n'est-ce pas ? Voyez, même au sein de ce chaos, quelques privilégiés s'acharnent à conserver nos traditions certes inutiles, mais tellement délectables. Tyan adorait cette cuvée exceptionnelle, nous dégustions souvent une bouteille en discutant de longues heures à la lueur de quelques bougies, poursuit-il avec un regard absent.
— Si vous en veniez au fait, monsieur Zon. Pourquoi avoir requis ma visite ? Il hausse les sourcils, surpris et agacé.
— Vous a-t-on déjà dit que vous manquiez parfois de tact et de distinction ? Ironise-t-il.
— Je ne suis pas ici pour apprendre les règles de bienséances, monsieur Zon. Cessez donc cette mascarade et donnez-moi la raison de ma présence ici.
Il incline la tête sur le côté ce qui lui confère une expression presque enjouée, accentuée par son sourire engageant.
— J’avais tout d’abord envie de revoir la femme qui m’a si chevaleresquement sauvé la vie autrefois. Ensuite, vous avez raison, j’ai quelque chose à vous dévoiler, car je sais qu’Herlock refusera de m’écouter avec son habituel entêtement. Je suis certain en revanche qu’il sera attentif à ce que vous lui direz, n’est-ce pas ?
Il esquisse un nouveau sourire narquois avant d’enclencher une manette dissimulée dans le mur qui nous fait face. Aussitôt, les pans s’écartent et je suis stupéfaite de découvrir une salle bardée d’ordinateurs et de moniteurs de contrôle visiblement reliés à chaque pièce de cet immense complexe, y compris, bien entendu, les sous-sols.
— Je me doutais bien que vous nous espionniez, fais-je avec mépris.
— Notez que je n’ai jamais dit que je ne le ferais pas. Mais venez donc voir.
Il m’indique un écran de visualisation sur lequel figure l’image de l’Arcadia dans sa globalité, passé au crible de machines sophistiquées.
— Vous avez scanné tout le bâtiment ?
— Exact. Je ne souhaitais prendre aucun risque. Avez-vous déjà entendu parler de la très ancienne histoire du cheval de Troie ?
— Non.
— Oh, qu'importe ? Ce qui m'inquiète est ce que j’ai découvert ici. Son doigt pointe les cellules du niveau quatre, où palpite toujours la créature abjecte. Savez-vous de quoi il s’agit ?
— Nous n’en avons aucune idée pour l’instant. Nous attendons les conclusions de l’ordinateur central. Mais, en quoi cela vous concerne-t-il ?
— Je pense que le destin nous joue parfois de curieux tours. Je crois que ce qui est tapi dans les sous-sols de l’Arcadia est loin d’être un petit problème mineur à régler, commandant. Je suis persuadé que nous sommes tous concernés par cette chose que vous avez certainement dû croiser au fin fond des territoires inexplorés…
— Qu’en savez-vous ?
— Et bien, j’ai déjà rencontré le chemin de cette abomination… je suis malheureusement à même de vous indiquer de quoi il s’agit et ce à quoi nous devons nous attendre.
— Comment est-ce possible ? Nos hommes ont été contaminés par cette chose alors que nous croisions dans les territoires inhabités de Razokan.
Il pousse un long soupir en observant attentivement le sol de marbre et plonge soudain des yeux emplis de ténèbres au fond des miens.
— Les instruments ne mentent pas et si j'étais superstitieux je vous dirais que ce n'est pas le hasard qui vous a mené jusqu'à moi. Je crains malheureusement être en quelque sorte… l'infortuné créateur de cette chose.
Je reste interdite. Comment un être humain pourrait-il être responsable de ce à quoi j’ai assisté, quel rapport peut-il exister entre un être de chair et de sang et cette chose indescriptible sortie des tréfonds de l’enfer et rencontrée au cœur des territoires inexplorés, encore vierge de toute perverse civilisation ? Est-ce là encore une manigance ?
— Ne soyez pas absurde, fais-je avec mépris.
Il esquisse un triste sourire et retourne près du piano aux reflets de nacre afin de se resservir une coupe de champagne.



Il lève la bouteille dans ma direction en guise de question et je m’approche afin de lui tendre mon verre d’une manière presque machinale. Il m’observe un instant, puis se détourne vers l’image éthérée de sa sœur défunte et reprend la parole.
— Tout ce que j’ai fait. Toutes ces nuits interminables d’expériences et de recherches, à élaborer un millier de théories, à analyser des centaines d’échantillons… tous ces échecs et ces incessantes déceptions, toutes ces morts et ces souffrances, tout cela je l’ai fait pour elle. Oh ! Tyan, j'ai échoué, pardonne-moi... Il pose une main sur l'image impassible, tandis que je frissonne à son discours qui transpire une douleur sans âge. La folie contenue que je sens sourdre en lui m’incite instinctivement à reculer d’un pas, mais le bruit de mon talon sans doute, semble l’éveiller de sa soudaine transe et il fait volte-face, plante son regard assuré et autoritaire au fond du mien.
— Si vous désirez survivre à ce qui nous menace tous en cette heure, il vous faudra accepter ma présence à vos côtés. Nous devons repartir vers la nébuleuse de Razokan. Moi seul peux arrêter le cycle infernal qui s’est mis en route. Moi seul connais l’ennemi que nous allons affronter et que nous devons absolument neutraliser sous peine de voir tous les univers habités plonger dans le chaos.
Je recule à nouveau, stupéfaite et contient une envie subite de le gifler.
— À quoi jouez-vous, monsieur Zon ? Me prenez-vous pour une idiote ? Vous êtes en train de me demander de vous faire embarquer à bord de l’Arcadia, le bâtiment de celui que vous avez livré aux humanoïdes sans aucun état d’âme ? Et pour quelle obscure raison devrais-je accréditer votre demande auprès du capitaine ? Parce que vous prétendez être le seul qui soit en mesure de sauver cet univers d’une menace dont nous ne connaissons rien ? Comment pourrais-je vous accorder le moindre crédit ? Je ne sais que trop bien de quoi vous êtes capable. Ma gorge s’en souvient encore, fais-je en découvrant la fine cicatrice traversant ma jugulaire.
— Je conçois que vous éprouviez des difficultés à me faire confiance, mais je puis vous assurer que nos intérêts dans cette triste affaire ne peuvent être que communs. Je n’ai aucune envie ni intention de vous nuire.
— Vous haïssez Herlock, ne me dites pas que vous n’avez pas l’intention de lui nuire, dis-je avec agacement.
— Le contentieux qui m’oppose à votre cher capitaine est devenu l’une des raisons de ma survie, en effet. Mais cette fois, je vais être contraint de mettre de côté mon animosité afin de… sauver l’univers, affirme-t-il avec un petit ricanement moqueur.
— Expliquez moi simplement à quoi nous avons affaire et comment combattre cette chose, que vous semblez si bien connaître, fais-je en posant brutalement la coupe de champagne d’un geste exaspéré. Il penche de nouveau sa tête sur le côté avec un sourire absent.
— Si seulement c’était si simple. Si seulement l’univers qui nous entoure se résumait à des problèmes qui trouvent solutions, à des dimensions où le plus fort triomphe du plus faible, à des choses concrètes que notre petit cerveau humain est capable de percevoir en dehors de tout le reste…
Il fait un pas en avant en écartant les bras dans un mouvement extatique, ses yeux noirs de nouveau traversés par une lueur sauvage teintée de folie.
— Si seulement l’univers fonctionnait comme votre petite conscience l’imagine, avec ses limites et ses règles simples. Mais il n’en est rien ! Grince-t-il en s’approchant bien trop près à mon goût. Je dégaine instinctivement mon cosmogun et lui plante entre les côtes.
— Assez, monsieur Zon. Je n’ai pas envie de tenter de comprendre un traître mot de vos délires. Dites-moi comment venir à bout de cette menace et reculez ou je vous transperce sans aucun regret, fais-je dans un sifflement haineux. Il parait surpris et s'exécute d’un bond avec un sourire méprisant.
— Je pense que toutes les explications que je pourrais vous donner ne vous satisferont guère, mais sachez seulement une chose : il n’existe à ma connaissance aucun moyen de stopper ce qui est sur le point de se mettre en place.
— Si vous n'avez pas de solution, à quoi pourriez-vous bien nous servir ?
— Je tiens à vous apporter mon aide, car je connais l'essence de ce que nous allons devoir affronter, ce qui me permettra d'aiguiller les recherches qui nous aideront potentiellement à trouver la faille de notre ennemi. Avec le concours d’Alfred et du docteur Villars, nous avons peut-être une chance de venir à bout de cette chose… si les plus grandes intelligences de ces galaxies ne trouvent pas la clef, alors personne ne le pourra.
— Vous êtes toujours aussi modeste à ce que je constate.
— Je suis simplement conscient de ce que je suis.
Il penche de nouveau la tête de côté en plongeant un regard franc et direct au fond du mien, avant de relever la manche de son manteau de velours, découvrant un bracelet noir irisé de petites lueurs blanches, similaire à celui que porte notre hôte humanoïde.
— Savez-vous ce que c’est ? Murmure-t-il.
— Il semble qu’il s’agisse d’un bracelet de contention.
— C’est exact. Mais celui-ci possède un système un peu particulier. Ses ondes sont reliées à celles de ce deuxième bracelet. Il sort de sa poche un cercle noir légèrement différent du premier car dépourvu du redoutable tube de métal censé se frayer un chemin au cœur de l’organisme du porteur.
— Ces deux carrés lumineux, ici, sont destinés à contrôler le bracelet que je porte. Une seule pression simultanée suffit pour qu'une dose massive de curare se répande dans mes veines, provoquant l’arrêt cardiaque en moins de trois minutes. Celui qui détient ce bracelet devient maître de ma vie.
Il s’approche avec un sourire étrange et referme le petit cercle noir sur mon poignet droit, au bout duquel étincelle toujours le canon menaçant de mon arme.



— Par ce geste, je vous offre ma vie, me chuchote-t-il à l’oreille avant de s’écarter afin de contempler ma réaction en silence. Je fixe l’objet indifférent qui se balance doucement, une petite lueur verte palpitant au rythme d’un cœur. Je rengaine mon cosmogun, abasourdie par ce que je viens de comprendre, tentant de déceler la supercherie dans ses propos ou dans ses gestes. Comme s’il devinait mon incrédulité, il recule d’un pas, écarte les bras en signe d’impuissance.
— Demandez donc à votre médecin de venir vérifier la structure des bracelets, afin de vous débarrasser de tout soupçon, il pourra vous confirmer ce que je viens de vous expliquer.
Je le dévisage sans un mot, enferrée dans une multitude de raisonnements contradictoires et pousse un long soupir avec un hochement de tête affligé.
— Très bien monsieur Zon. Je vais préalablement ordonner à Villars d'analyser mon bracelet et faire part de vos dires et de votre requête au capitaine.
Un large sourire illumine ses traits, lui conférant un charme troublant et il se dirige vers les deux coupes abandonnées qu’il saisit avec entrain.
— Trinquons à notre nouvelle collaboration, commandant.
— Votre enthousiasme me parait prématuré, monsieur Zon.
— Je suis certain que vous saurez être persuasive, commandant.

 

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