Dimanche 4 février 2007
Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de vous faire un petit résumé de ce que je viens de vivre.

Etant donc 8eme de la catégorie littérature et donc finaliste, je me suis dit qu’après tout il serait bon que je vienne faire un tour à Romans, pour rencontrer pleins de gens sympas, des bloggeurs, des journalistes, les habitants du coins, tout ça quoi !

Je prend donc ma voiture et me tape les 700 km qui me mènerons vers ces réjouissances sympathiques la SNCF, (pourtant partenaire) n’a pas été prévenue à temps pour consentir des réductions aux finaliste me dit-on, alors vu le tarif abbérant et les 12 heures de trajet, autant prendre ma vieille voiture et profiter de mon autoradio.

Jour 1:

6H30 et 130 euros d‘essence et de péage plus tard , me voilà arrivée devant la maison d’une sympathique bloggeuse romanaise, qui fort heureusement m’avait contacté pour me proposer de me loger.
Nous arrivons un peu en retard dans la salle de conférence, où se déroulent les présentations des finaliste.
J’avais naïvement espéré que chaque bloggeur disposerait d’un petit moment pour présenter son travail, histoire que chacun puisse se reconnaître, savoir qui fait quoi etc…
Mais non, rien de tout ça. Sur scène, mr Ginistry fait son show, et présente les blogs par leur nom, avec parfois une petite réflexion pour ceux qu’il connaît (il ne connais pas le mien, cela va de sois)
C’est tout. Rien de plus.

Bien, je reste optimiste, faut pas que je me laisse influencer par le temps pourris, la fatigue de la route, le stress de l’organisation qu’il m’a fallu pour pouvoir venir.

Direction, la tente où sont exposées les œuvres des finalistes de la catégorie arts graphiques.
Mouais…voilà : une tente avec des images accrochées (j‘apprend par la suite qu‘elles ne seront même pas offertes à leurs auteurs…)
J’ai du louper la présentation, pas foule non plus, pas un pot de bienvenue, pas même un café, rien…
Bon, il est 17 heures, et il ne se passe plus rien jusqu’à 19 h.
Nous décidons d’aller nous réchauffer dans un bar, il y aura quelques lectures à 19h (pas marquées sur le programme).
Tant pis pour la présentation des vidéos. Plus le courage de bouger.
Une petite troupe locale s’installe.
La chanteuse est extraordinaire, accompagnée d’un accordéoniste  hors pair. Les mélodies de piaf nous replongent dans le passé, et son entrecoupées des lectures choisies par la troupe. (j’apprend que tout ça n’est en fait pas à l’initiative du festival, mais de la troupe en question.)
Super  soirée quand même, qui m’a permis de rencontrer des gens  pleins de bonté et de poésie.

Jour 2:

Le réveil est dur, mais finalement  j’arrive vers midi sur le festival.
Je ne connais toujours personne et personne ne me connais, à part ma copine bloggeuse chez qui je dors.
Je décide d’assister a quelques tables rondes, qui n’ont de ronde que le nom, vu qu’il s’agit de grandes tablées posées sur scène où se tiennent les finalistes expression citoyenne.
J’avoue ne pas être une passionnée de politique, mais bon, une fois encore, le froid glacial sous la tente où se tiennent les dédicaces d’auteurs de bd me décourage, donc j’essaie désespérément de m’intéresser  à ce que disent ces gens qui ne changeront de toute façon absolument rien à la société. (l’un d’eux le revendique d’ailleurs)

Je finis par aller voir la fin des dédicaces. Mon hôtesse romanaise est dégouttée, les dessinateurs qu’elle voulait voir ne sont pas venus (ils ont préférés Angoulème, et ils ont eu bien raison.)
Bon, voilà, il ne se passe de nouveau plus rien….
Retour au bar d’en face (lui en aura bien profité en tout cas)
Là, pleins de monde. Des gens connus que je ne connais pas, des bloggeurs sûrement, mais comment savoir qui est qui. Ça parle beaucoup, ça expose avec un sourire triomphant ses nombres de pages lues ou de visiteurs par jour, ça donne son adresse de blog à tous le monde, ça rigole beaucoup.
Un journaliste interview tous ceux qui le désirent, n’importe qui peut venir lui raconter n’importe quoi devant le micro. J’observe accoudée au comptoir le manège des badaux prêt à tous pour leur minute de fausse gloire sur l’écran d’une chaîne dont le nom m’échappe….

Tout ça me fatigue. Ca sonne creux. On atteint des sommets de superficialité hystérique.
Je vais attendre patiemment la lecture des textes finalistes à 20h30 (en même temps que le concert des finalistes, ce qui est fort intelligemment organisé n’est-ce pas?
 Mais bon, après tout, on sait bien que plus personne ne lit hein ,  tout le monde s’en fout de la catégorie littérature…)
Je sors du bar à l’heure dite et retrouve la petite troupe de la veille, horrifiée de voir que la tente n’est pas chauffée, et je les comprend.
Ils s’installent tant bien que mal tandis que quelques crétins se font un plaisir de gueuler qu’ eux, ils vont au concert (ils ont raisons, au moins ils seront au chaud.)
Il ne reste que les pathétiques finaliste littéraires et les quelques amis fidèles, transis de froid sur leur chaises en plastiques, tandis que les lectrices remontent les écharpes sur leur nez.
Ca devient surréaliste.
Arrive mon texte: 5 lignes, clap clap….
Tout le monde attend la fin avec impatience, avant de se congeler sur place.
Je salue le courage des artistes.
La bloggeuse mimidup m’interpelle, et mes nerfs lâchent.
Il lui est arrivé la même chose dans la journée..

Nous n’avons pas le courage d’aller jusqu’au concert. Dommage, j’aime bien la musique…
Retour au même bar. Des sympathies se créent, les langues se délient, je suis rassurée d’entendre que ce festival n’est pas un cauchemar que pour moi.
Mon hôtesse me rejoint et nous rentrons.

jour 3:

Mr Ginistry passe devant moi sans même un salut.
Normal, il ne me connais pas.
Mr le président du jury littérature fait de même.
Cela m’arrache une moue dégoûtée. Je n’ai vraiment pas ma place ici.
Je vais aller voir une table ronde qui parle de musique. Enfin, plutôt une réunion pour faire la promo de myspace. Une autocongratulation nauséabonde, comme tout le reste de ce festival d’ailleurs.
Je retrouve mon hôtesse devant la tente.
Un journaliste nous interpelle au hasard pour une interview. Je décline l’invitation.
Je n’ai plus aucune envie d’être associée a ce festival qui n’est qu’une fumeuse escroquerie.
Tiens, ça me rappelle qu’on nous avait promis une édition d’extraits de nos textes.
Ben non. L’éditeur les a lâché au dernier moment, lui aussi, bien sûr.
Je décide de reprendre la route. Je me fous de la remise des prix. De toute façon il n’y aura pas de surprise.
Et puis en partant à 14h30, je pourrais peut-être rentrer avant que mon fils n’aille se coucher….

Vous ne m’en voudrez pas mr Ginistry, mais j’ai donné mon bracelet à un petit jeune pour qu’il puisse resquiller l’entrée. Je lui ai fait économiser 20 euros, c’était ma B.A de la journée.

 Pour finir avec cette triste page de mon existence et ce grand moment de solitude, je dirais que le festival de Roman ne s’est résumé qu’à une salle de conférence au trois quart vide,  « remplie » de ces gens qui passent le plus clair de leur temps se branler sur leur clavier d’ordinateur comme si le net était une carte au trésor qui transcenderait leur vie médiocre, une conquête de l‘ouest informatique,  dans laquelle on peut faire ce qu’on veut, et donc n’importe quoi.

 Je lis encore dans les yeux de ces organisateurs de « talent » les idées préconçues qui font d’eux des gens « dans le vent »: « Works est fourni avec ton pc, alors que photoshop il faut payer cher pour l’avoir. Et savoir l’utiliser, c’est dur !
Toi qui écrit, tu es une sous merde qui ne mérite d’être là que pour le protocole, car tout le monde écrit.
Pour avoir du talent, il faut payer. Il faut acheter le talent. Puis le jeter à grand coup de mises à jour pour en avoir une dose nouvelle, et donner à tous l’illusion d’en avoir »

Le festival de Romans n’aura pas changé le monde. Il n’aura éveillé en personne l’envie de faire quelque chose pour le changer.
Il n’aura été que le festival de ces gens étroits d’esprits (15‘’ ou 17‘’pouces?) rendant l’univers du net hermétique et froid comme la première lecture d’un manuel de software…
  • spacepiracy
  • : Weblogs
  • : Il était une fois une gamine de Huit ans qui croisa le regard froid et mystèrieux d'un Capitaine solitaire sur le petit écran de sa télé, un après midi pluvieux...
  • Retour à la page d'accueil

Newsletter

Inscription à la newsletter

Recherche

Calendrier

Février 2007
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28        
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

LIVRE D'OR

L'Arcadia



Pirates ont rejoint l'équipage


drapeau-anglais.png
drapeau-allemand.png
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus