Pr�sentation

  • Space piracy
  • : Un livre, pour mériter d'être écrit, doit susciter des désastres, engendrer des perditions, des anéantissements, des trahisons de l'ordre social, il doit prodiguer le feu d'un incendie esthétique. Maurice G. Dantec

Livre d'or

Traduction

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Avant-propos

Avant que vous entamiez la lecture de mon roman, je tiens à vous expliquer en quelques mots ma démarche.

S'il est devenu impossible aujourd'hui de faire partie de notre société, qu'en acceptant de faire des dizaines, voir des centaines de concessions plus ou moins graves, afin de pouvoir « survivre »

Il reste malgré tout un coin perdu au tréfonds de mon esprit où se côtoient des valeurs totalement surannées de nos jours.

Il existe au fond de moi un vaste univers peuplé d'hommes et de femmes libres et incapables de sentiments étriqués par un conditionnement médiatique de masse, qui s'est appliqué à reléguer aux oubliettes les véritables aspirations et les vrais besoins de la nature humaine.

Quelque part dans mes rêveries existent encore les mots honneur, parole, vérité, liberté, amour, idéal, grandeur...

C'est ce monde-là, ainsi que les coups de gueule que m'inspire le vrai monde que j'ai décidé de mettre en ligne.

Le roman qui m'a été au départ inspiré par l'univers de Matsumoto n'est guère fidèle à celui-ci, je préfère être claire sur ce point. Au fil du temps, les thèmes, les personnages et l'histoire se sont de plus en plus éloignés des références de départ. J'avoue avoir pris un grand plaisir à cet état de fait, construisant ainsi mon propre univers.

J'ai voulu donner une dimension réaliste et plus adulte à l'univers premier, ce qui demande au lecteur accoutumé à ce monde une certaine ouverture d'esprit pour accepter que les codes habituels ne soient absolument pas respectés.

J'ai tenté une approche approfondie des sensations et des sentiments des personnages au travers du filtre de ma propre perception des choses. J'ai tenté de me lancer dans un space opera tout en laissant une place prépondérante à la psychologie des personnages. J'aime les êtres torturés, les thématiques sombres et parfois ambiguës, les situations complexes et tout cela se retrouve dans mes textes.

Le choix de l'écriture à la première personne et au présent permet à mon sens une dimension émotionnelle très puissante. C'est un choix d'écriture assez difficile, car il ne permet pas toutes les libertés. (Le narrateur ne peut décrire que ce à quoi il assiste). J'avoue avoir décidé de changer le mode de narration après avoir lu plusieurs romans de Serge Brussolo, auteur français très prolifique et sans prétention, mais dont la prose simple et d'une redoutable efficacité me fascine.

Je ne peux renier non plus certaines influences Lovecraftiennes.

Voilà, j'espère que mon univers vous plaira et vous souhaite une bonne lecture. N'hésitez pas à laisser votre avis, toute critique positive ou négative sera reçue avec plaisir, car rien n'est plus précieux pour un auteur que d'être lu.

 


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couverture 1 fond noir corrigé
Première version ( En cours de réécriture)

couverture2 fond noir Première version (en cours de réécriture)
couverture 3 finie
Première version inachevée (en cours d'écriture)

Villars m’informe le lendemain que l’opération de Ramis s’est bien déroulée. J’apprends également que les obsèques d’Anoki auront lieu dans le cours de l’après-midi. Ainsi, nous n'emportons pas sa dépouille. Emeraldia a choisi de le laisser sur cette planète étrangère.
Je suis plutôt étonnée par ce parti pris, mais après tout je préfère penser que plus rien de tout ceci ne me concerne. Je décide de rester à l’abri dans mes quartiers, loin du monde.
Il me semble que tout mon courage m’a abandonné à la faveur d’un épuisement permanent.
Je ne retrouve même pas l’énergie de déjeuner en compagnie du reste de l’équipage comme j’en ai pris l’habitude. Je me love au creux de mes draps et passe ainsi plusieurs heures dans une sorte de transe volontaire et bienfaitrice, m’appliquant à ne rien savoir de ce qui advient hors de cette pièce envahie de pénombre. Je n’ai pas envie de réagir, pas envie de bouger, pas envie de faire face… Chacun semble vouloir respecter mon besoin de calme et de solitude, et je leur en suis reconnaissante.

Bientôt pourtant des martèlements amicaux contre ma porte me font sursauter. Je ne tiens pas à les entendre, mais les coups se font insistants. À contrecœur, je me relève et enclenche l’ouverture de la porte. Je découvre Alfred engoncé dans un rutilant uniforme militaire, sans doute hérité de son ancienne collaboration avec la flotte de défense internationale terrestre. La rigueur de sa tenue contraste étrangement avec sa petite taille et son embonpoint, lui conférant une allure de personnage de livre pour enfant. Il me décoche un large et franc sourire comme il sait si bien le faire lorsqu’il désire être convaincant.
— Il est temps de revenir parmi nous.
— Alfred, je…
— Inutile de discuter, vous le savez bien. Je suis plus têtu que vous.
Je souris en réalisant qu’il a certainement raison. Je ne parviens jamais à résister aux injonctions de ce petit homme, bien que la raison à ceci m’échappe totalement. Il s’assied face à moi sur le lit et saisit mes mains tandis que son visage devient plus grave.
— J’ai terminé les réparations de son vaisseau. Emeraldia nous quitte aujourd’hui, mais elle m’a chargé de vous informer qu’elle espérait pouvoir bénéficier de votre présence lors des obsèques de son frère.
Je frissonne. Aurais-je le cran d’affronter le regard de cette femme ? J’ai tué son frère, sa seule famille… et mon animosité passée à son égard me parait si prodigieusement déplacée. Un malaise désagréable me noue la gorge. Je secoue la tête, en proie à une irrépressible envie de fuir.
— Je vous en prie, insiste Alfred. Il va bien falloir que vous reveniez parmi nous, nous avons besoin de vous… Il hésite un instant. Ramis a besoin de vous.
Mon Dieu ! Le jeune Ramis, mutilé… je n’ai aucune envie de croiser son chemin, d’affronter son handicap, et ma couardise me fait soudain horreur. Je lève les yeux vers Alfred.
— Je vous rejoins sur le pont dans quelques minutes. Le visage du petit homme s’éclaire enfin et il me sourit de toutes ses dents.
— Très bien, je vous y attendrai. Les autres ont déjà pris le chemin du cimetière.
— Alfred ?
— oui ?
— N’aura-t-elle pas préféré rapatrier sa dépouille sur terre ?
— Non. Elle se considère libre de toutes attaches, et ne ressent plus qu’un vague mépris pour notre petite planète bleue depuis la capitulation sans réserve du gouvernement.
— Je peux la comprendre, dis-je en soupirant
— Moi aussi. Et même si je ne partage pas son opinion, je respecte son indépendance.
Il quitte la pièce et je réalise encore une fois à quel point j’apprécie ce petit homme excentrique. Il est toujours si plein d’énergie et de bonne humeur ! Rien ne semble capable de le terrasser et tout en lui respire une bonté pure et sans fard.

Par Linka
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