QUELQUES EXPLICATIONS...

Avant que vous entamiez la lecture de mon roman je tiens à vous expliquer en quelques mots ma démarche.

S'il est devenu impossible aujourd'hui de faire partie de notre société qu'en acceptant de faire des dizaines, voir des centaines de concessions plus ou moins grave, afin de pouvoir « survivre »,

Il reste malgré tout un coin perdu au tréfond de mon esprit où se côtoient des valeurs totalement surannées de nos jours.

Il existe au fond de moi un vaste univers peuplé d'hommes et de femmes libres et incapables de sentiments étriqués par un conditionnement médiatique de masse, qui s'est appliqué à reléguer aux oubliettes les vrais aspirations et les vrais besoin de la nature humaine.

Quelque part dans mes rêveries et mes fantasmes existent encore les mots honneur, parole, vérité, liberté, amour, idéal, grandeur...

C'est-ce monde là, ainsi que les coups de gueules que m'inspire le vrai monde que j'ai décidé de mettre en ligne.

Le roman qui m'a été au départ inspiré par l'univers de Matsumoto n'est guère fidèle à celui-ci, je préfère être claire sur ce point.

Il s'agit d'une digression autour de son oeuvre.

J'ai voulu donner une dimension réaliste et plus adulte à l'univers d'Herlock, ce qui demande au lecteur accoutumé à ce monde une certaine ouverture d'esprit pour accepter que les codes habituels ne soient pas respectés.

J'ai tenté une approche aprofondie des sensations et des sentiments des personnages au travers du filtre de ma propre perception des choses

Je sais que le concept ne plaira pas forcément à tous les fans et je m'en excuse par avance.

Ne cherchez pas de chronologie ni de cohérence par rapport à l'oeuvre originale. J'ai voulu laisser divaguer ma plume au grés de mes envies sans me sentir bridée par l'oeuvre existante. Ce roman n'est pas une fan-fiction, je ne le considère pas comme tel.

Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à laisser votre avis, positif ou négatif...

 



 

 



Un petit plus! Voici une selection de morceaux de Virgin Black, un groupe qui m'a beaucoup inspiré lors de l'écriture de ce roman.

Ne marche qu'avec internet explorer pour l'instant. Cliquez / glissez sur les chiffres pour changer de piste.



Le roman intitulé "Le Kid de l'espace" n'est pas la suite directe de mon roman.

Il s'agit d'une histoire parallèle qui se situe quelques temps après la fin de mon 1er tome.

* Le style d'écriture est volontairement différent, car les évènements sont perçus d'un autre point de vue. Les dessins sont également inhabituels, mais collent mieux à l'ambiance de cette histoire à mon sens.



Vendredi 8 février 2008

— Je jure n’être en rien responsable de cet assaut ! Affirme Zon, que deux pirates immobilisent, tandis qu'un troisième pointe le canon de son arme sous sa mâchoire.
— Tais-toi, sale traitre ! Qui d’autre nous aurait vendu aux humanoïdes, ce sont tes grands copains non ? Grince l’un de ses deux tortionnaires.
— Tu vas payer ! Insiste son comparse.
— Si vos petits cerveaux étriqués fonctionnaient correctement, vous comprendriez que je n’avais aucune raison de vous trahir ! S’insurge monsieur Zon tandis qu’un attroupement de charognards se rapproche avec force murmures et ricanements. Je suis affligée bien que guère surprise de constater combien il est aussi aisé de perdre la sympathie de ces hommes que de la gagner. Un poing tente de frapper Zon en plein visage, mais il parvient à esquiver avec une remarquable souplesse malgré la poigne rude des deux colosses qui s’efforcent de le neutraliser.
— Assez ! Ordonne soudain la voix ferme d'Herlock. Ce n’est pas lui qui nous a trahis, il n’avait aucune raison valable pour le faire ainsi.
— Le capitaine a raison, surenchérit Key. L’Arcadia était jusqu’à hier dans l’incapacité de repartir sans encombre. S’il avait voulu nous livrer à nos ennemis, il l’aurait fait bien avant, ce ne sont pas les bonnes occasions qui lui ont manqué.
— Si mon but était de vous livrer aux humanoïdes, je n’avais qu’à leur offrir sur un plateau l’Arcadia et son équipage, insiste Zon
Les pirates se dévisagent mutuellement sans savoir que penser, lorsqu’une première secousse ébranle l’ossature du bâtiment, qui craque comme l’écorce d’un vieil arbre secoué par les vents.
— Lâchez-le, et retournez immédiatement à vos postes, ordonne Herlock tandis que je rejoins ma place en hâte.
— Même si nous parvenons à traverser l’armada humanoïde, les canons de la défense mondiale vont nous mettre en miette, murmure Key en découvrant les dizaines de vaisseaux ennemis qui fondent sur nous.
— Je me charge de cet insignifiant détail terrestre, contentez-vous de repousser la flotte humanoïde, nous annonce Zon en sortant de sa poche un élégant boitier de métal noir.
Tous les regards se dirigent vers lui tandis qu’il incline la tête sur le côté avec une moue satisfaite et presse le déclencheur du petit appareil.
— J’attendais cet instant depuis si longtemps, murmure-t-il en fermant les yeux. Voici que les choses se précipitent, mais l’échéance sera telle qu’elle aurait dû être il y a déjà belle lurette. Dans quelques minutes nous allons assister au plus réjouissant des feux d’artifice, mes amis. Un éclair de satisfaction revancharde traverse ses prunelles sombres et un sourire des plus pernicieux illumine ses traits.
— Il ne restera bientôt plus rien de cette engeance dégénérée, murmure-t-il en contemplant à travers les hublots, le sol de notre planète qui s’éloigne à grande vitesse. Je l’observe en silence, cramponnée à mon tableau de bord, déchirée entre un soulagement légitime et une terrible appréhension de la suite des évènements. La voix énergique d’Herlock me fait sursauter.
— Activez le bouclier et armez tous les canons ! Je veux tout le monde à son poste !
De nouveaux tirs ennemis viennent claquer contre la coque avant d'être arrêtés par le bouclier de l’Arcadia, tandis que les tireurs s’apprêtent à riposter.
— Commandant ! Moteur à pleine puissance, réacteurs annexes à 80 % ! Key, enclenchez la procédure d’urgence ! Canonniers, sortez-nous de là, je sais que vous en êtes capables ! Vocifère Herlock.
S’ensuit le terrible vrombissement des moteurs qui crachent une énergie phénoménale et nous permettent une ascension fulgurante, malgré la violence des rafales adverses qui résonne tout autour de nous. Soudain, le fracas d’une prodigieuse explosion vient couvrir tous les autres, et j’écarquille des yeux horrifiés en apercevant l'ensemble des tours qui s’effondrent inexorablement, auréolées d’implacables langues de feu et de nuages de poussière noire, dans un synchronisme presque parfait. D’autres déflagrations s’enchainent bientôt un peu partout, tandis que brille dans les yeux noirs de Zon le reflet des flammes immenses à la hauteur de la folie meurtrière qui les ont allumées.



— Mon Dieu, dis-je dans un souffle atterré, vous n’aviez pas besoin de miner les bâtiments civils… Vous avez condamné des milliers d’innocents.
— Souvenez-vous combien vous les avez vous-même haïs. L'acceptation passive de leur dégénérescence ne leur donne pas qualité d’innocence. Ils méritent de mourir, je regrette seulement de ne pas pouvoir faire de même sur le reste du globe, certaines tours seront encore debout demain, comme autant de poignards sanglants enfoncés dans le coeur de ce qui fut un jour notre planète, murmure-t-il dans mon dos en s’accrochant au dossier de mon siège afin de ne pas être déséquilibré par les secousses violentes des impacts de lasers, qui vont d'un instant à l'autre parvenir à transpercer le bouclier.
— Ils sauront que vous êtes l’auteur de ce massacre, dis-je avec mépris, sans quitter des yeux les calculs complexes de l’ordinateur nous indiquant que nous prenons enfin suffisamment de vitesse.
— Qu’importe, je n’ai aucune intention de revenir, cette fois.
Je n’écoute plus, trop absorbée par la délicate manœuvre d'Herlock, qui tente de traverser de front la flotte des kamikazes s'appliquant à nous barrer la route. Trois énormes vaisseaux de guerre apparaissent bientôt sur l’écran de contrôle.
— Capitaine ! Ils nous prennent en chasse ! Hurle Key qui les a repérés en même temps que moi, tandis que la pénombre spatiale enveloppe soudain le bâtiment.
— Visez leurs canons latéraux, déclenchez les réacteurs de secours ! Commandant ! Déviez toutes les sources d’énergie du niveau un vers le bouclier !
Je m’exécute aussitôt, alors que nos canonniers parviennent habilement à abattre le premier appareil, qui s’éparpille sans un bruit dans l’espace. De violents tremblements viennent ébranler la coque et je verrouille en hâte mon harnais de sécurité, juste à temps semble-t-il, car sur ma droite, un pilote en second est projeté hors de son poste de contrôle et s’écrase brutalement à mes pieds. Il se relève en gémissant, la mâchoire en sang, et récupère sa place tant bien que mal au milieu des secousses qui redoublent de violence.
— Le bouclier va céder, capitaine ! Il nous faut plus d’énergie ! Dis-je dans un cri.
— Déviez toute l’énergie vers le bouclier, hormis celle du quartier d’isolation ! Il faut absolument qu’il résiste !
Je tape immédiatement un à un les codes de déviation de chaque recoin de l’immense vaisseau, tandis qu’une goutte de sueur glisse le long de ma tempe. Le dernier code plonge le pont dans l’obscurité.
— Accrochez-vous ! crie Herlock en attrapant la barre à pleine main. Alfred ! Plonge à 45 degrés !
Le titanesque dinosaure de métal effectue une manœuvre risquée qui lui permet de se retrouver en quelques minutes sous l’imposant bâtiment de notre ennemi, qui n’a pas eu le temps de réagir.
— Salve en continu ! Canonniers, c’est à vous ! Ouvrez-lui le ventre !
Aussitôt, une pluie de lasers se déverse sur notre adversaire qui ne peut riposter dans cette inconfortable position. Il tente de se dégager, mais il est trop tard. Une énorme fêlure vient déchirer la coque et en quelques instants une extraordinaire explosion silencieuse s’étend dans l’espace et nous illumine de ses indescriptibles couleurs. Une clameur de victoire envahit le pont tandis que les petits chasseurs se replient dans le plus grand désordre, impitoyablement abattus par nos canonniers acharnés.
— Commandant ! Leur troisième vaisseau de guerre bat en retraite !
— Cessez le feu, nous avons gagné. Nous avons la chance qu'ils n'aient pas jugé utile de mobiliser toutes leurs forces vives. Commandant, rétablissez les connexions. Key, Cap sur la nébuleuse de Razokan, réacteurs à 80 %, je ne tiens pas à trainer dans les parages plus longtemps.
— À vos ordres, capitaine, dis-je en cœur avec Key, qui me rend un sourire amusé.
Nous avons échappé de justesse à la catastrophe cette fois encore. Je me demande qui a bien pu avertir l'autorité humanoïde de notre position. Qui est le traitre parmi nous et quelles peuvent bien être ses motivations ?

— Capitaine ? Demande Ramis du fond de la salle, à l'instant où les lumières artificielles envahissent de nouveau le pont. J’aimerai beaucoup récupérer mon ancienne cabine, si ça ne vous dérange pas.
— Cela me dérange, Ramis. Tu ne mettras pas les pieds dans le quartier des officiers. Inutile d’ailleurs de t’installer, étant donné que je te débarque à la prochaine planète que nous croiserons, grince Herlock en le foudroyant d’un regard noir, avant de descendre les marches du poste de commandement.
— J’adore votre façon si particulière de témoigner votre gratitude à ceux qui vous ont aidé, ironise Ramis avec un sourire provocateur, sous les oeillades curieuses de quelques pirates. Le capitaine s’avance vers lui sans un mot et mon cœur s’accélère. Il approche son visage tout près du sien et le scrute d’un œil embrumé de rage.
— Je te déconseille d’employer ce ton avec moi une seule fois de plus. Je t’assure que ton bras de métal, aussi puissant et efficace soit-il, ne pourra rien pour toi si tu cherches à me tenir tête.
Quelque chose de troublant traverse le regard de Ramis, quelque chose d’infiniment triste et fatigué, quelque chose de si éperdu qu’il me semble soudain qu’une ancienne blessure se met à saigner au fond de mon cœur. Je voudrais interrompre cet affrontement inutile, j’éprouve une subite envie de protéger le jeune homme de la fureur glacée du capitaine, mais je suis incapable du moindre mouvement, fascinée et déconcertée par tous les sentiments contradictoires que je perçois entre les deux hommes. À mon grand étonnement, Ramis baisse finalement les yeux et se détourne sans un mot afin de quitter la salle.
— Prends garde, tu risques de croiser certains de tes fantômes le long de ces corridors, murmure Herlock, plus pour lui-même que pour le tueur à gage, dont la silhouette s'estompe déjà dans la pénombre, tandis que je cherche en vain le sens caché de ces quelques mots.

Mercredi 23 janvier 2008
Bon, je sais, la suite tarde un peu. J'ai eu de gros ennuis avec des gens peu scrupuleux qui ont monopolisés tout mon temps. J'ai du enlever mes chevaux du lieu où ils se trouvaient de toute urgence et tout préparer pour leur venue en 3 jours. Je suis épuisée mais heureuse que tout soit terminé. Impossible d'écrire une seule ligne du coup, je ne suis pas en mesure de me concentrer. Par contre, j'avais besoin de me plonger dans mon monde. Pour me détendre et souffler un peu je me suis mise sur ma palette graphique toute neuve et voici le résultat. Je ne maitrise pas encore tout bien, mais je compte bien évoluer et me perfectionner.
J'espère que ça vous plaira.^^

par Linka publié dans : Divers
Vendredi 28 décembre 2007

De bonnes fêtes de fin d'année à vous tous, la suite du roman reprendra dès fin Janvier.
Merci de votre fidélité et de tous vos commentaires qui illuminent chacun de mes écrits.
Je vous embrasse, à très bientôt.

par Linka publié dans : Divers
Lundi 24 décembre 2007

J'avais envie de partager avec vous ce film, qui ne passera certainement jamais sur les chaines françaises aux heures de grande écoute. Certes, les images sont difficiles, et la prise de conscience douloureuse, mais je vous invite à aller jusqu'au bout de ce documentaire, car même quand on pense savoir, on ne se rend jamais totalement compte jusqu'où peut aller l'être humain...
Ce reportage est l'un des plus émouvant qu'il m'ait été donné de voir depuis très longtemps et il est difficile de ne pas laisser échapper quelques larmes impuissantes, mais la vérité est à ce prix.

Passez sous firefox pour la version sous titrée en direct sur le blog.

Sous internet explorer en VO non sous titrée: cliquez ICI


par Linka publié dans : Divers
Vendredi 21 décembre 2007

Je le regarde s’éloigner, égarée dans un flot de questions sans réponses qui se mêlent à une vague de sentiments chaotiques. Je me lève à mon tour, sans pour autant parvenir à quitter les lieux. Quelque chose me terrifie à l’idée de remonter à bord de l’Arcadia et de croiser le regard du capitaine. Aurai-je la force d’accepter la vérité, quelle qu’elle soit ? Aurais-je seulement le courage de lui poser la question ?
Une porte s’ouvre au fond de la salle. Stelly apparait sur le seuil et adresse un sourire avenant à Zon qui la rejoint. Il entoure ses épaules dénudées d’un bras chaleureux et protecteur, tandis que je me sens soudain plus démunie et seule que jamais. Je les observe un instant qui s’installent dans un vaste canapé de cuir englobant tout l’arrière de la pièce. Ils discutent à demi-mot et semblent partager une réelle complicité. Villars ne tarde pas à les rejoindre et s’affale lourdement avec un rire bon-enfant, qui pousse Key à le reprendre sévèrement. Il n’écoute plus guère, sans doute grisé par l’alcool et la fatigue de ces derniers jours. Ramis s’approche du petit groupe et tend un verre à Key, qui l’accueille avec un sourire lumineux en lui signifiant de s’asseoir auprès d’elle. Ces deux-là sont devenus inséparables depuis quelque temps. Cette pensée m’arrache un sourire, mais bientôt, un terrible creux me noue l’estomac. Je suis assaillie par une étrange sensation, qui sans que je comprenne pourquoi me donne envie de pleurer. Je me sens happée par un vide infini, froid et impassible. Je passe une main sur mon visage comme pour tenter en vain de me débarrasser de cette chape de tristesse qui m’enveloppe soudain et me dirige vers les grandes vitres de l’appartement, soucieuse de ne rien laisser paraitre de mon trouble. Je focalise mon attention sur les ouragans de poussières qui viennent fouetter la paroi sécurisée, mais la vision des terres dévastées et désertes ne fait qu’accentuer mon malaise. Il me faut quelques minutes pour réaliser que les mots de monsieur Zon ont frappé juste et se sont gravés plus profondément en moi que ce dont je présumais. Un abominable doute vient maintenant entacher mes sentiments. Une ombre menaçante plane, un mystère qu’il me faut élucider. Une sourde colère enflamme alors mon cœur. Herlock, pourquoi m’as-tu poussée à venir ici ce soir ? Pourquoi laisses-tu les évènements s’enchainer ainsi ? Pourquoi m’abandonnes-tu, seule face à un si redoutable ennemi ?
Je suis soudain distraite de mes questionnements sans fin par quelque chose qui attire mon regard à travers les tornades opaques, qui font imperceptiblement trembler les vitres. Il me semble distinguer quelques ombres lointaines qui se regroupent au-dessus des falaises, hors de portée des vents menaçants. Je plisse les yeux, toute mon attention concentrée sur les petites taches sombres, lorsque retentit le claquement sec de nombreuses bottes arpentant le couloir principal. J'ai la sensation que mon coeur s'arrête brutalement à l'instant où Ramis se redresse d’un bond en vociférant.
— Nous avons été trahis !

Je dégaine mon cosmogun, déroutée par une si prompte analyse, et m'écarte instinctivement de la grande porte d'entrée. Monsieur Zon réagit sur-le-champ, bondissant vers l'arrière de la salle afin de frapper un code sur un petit boitier enfoncé dans le mur.
— Cela verrouillera la porte, mais elle ne tiendra pas longtemps !
— Par ici ! Suivez-moi ! Nous devons nous replier sur l’Arcadia ! Hurle Ramis en agrippant Stelly et Villars, qui ne semblent pas réaliser ce qui leur arrive. Il se précipite dans ma direction, talonné par Key et d’un geste assuré, ouvre une trappe jusque-là invisible sur ma droite. Le son mat des lasers frappe déjà l'immense porte et le crépitement que je perçois à l'extérieur m'indique qu'il n'y en a plus pour longtemps avant de voir déferler une troupe d'élite humanoïde, ou un escadron de l'union terrestre, au milieu de la salle de réception. Ramis entraîne sans ménagement Stelly et le docteur vers l'issue, tandis que les pirates hagards sortent de la chambre des immersifs, alertés par le tapage grandissant. Key dégaine son arme, mais il l'empoigne brutalement et plaque sa bouche contre la sienne avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir. Elle le dévisage, effarée, puis cherche à le gifler, mais d'un geste habile il la déséquilibre et la pousse vers l'ouverture avec un sourire vainqueur. Elle tente de se débattre, mais elle est irrémédiablement entrainée vers le bas.
— Passez par là ! Vite ! Indique-t-il ensuite aux retardataires, tout en dégainant ses deux impressionnants whatsups face à la porte qui vacille de plus belle. Je suis son exemple et me poste à ses côtés, mon cosmogun pointé vers les immenses battants en vue de favoriser la fuite de l'équipage qui, fort heureusement, parvient à sortir de sa torpeur alcoolisée pour s'engouffrer dans l'issue providentielle.
— Où mène ce passage, Ramis ? Dis-je dans un cri, afin de couvrir le fracas de plus en plus menaçant de nos ennemis.
— Il s'agit d'une vieille gaine d'aération hors service depuis longtemps, elle conduit directement au sous-sol 49, là où se trouve l'Arcadia !
— En es-tu certain ? Fais-je, incrédule devant une telle miraculeuse aubaine.
— Absolument. Attention ! Elle va céder ! Rugit-il en pointant ses armes vers la porte d'entrée. Monsieur Zon se joint à nous, un superbe Trinity dans une main, son katana étincelant dans l'autre.
— Permettez-moi de vous faire profiter de mes humbles capacités guerrières, maintenant que je suis des vôtres, me murmure-t-il à l'oreille avec un sourire éclatant.
Le reste de l'équipage se presse dans l'ouverture trop étroite pour qu'ils l'empruntent à plus de quatre ou cinq, tandis que nous faisons face aux battants immenses qui volent soudain en éclat avec un fracas assourdissant.



Je bande tous mes muscles, le bras tendu et le doigt sur la gâchette hyper sensible de mon arme de pointe, mon front envahi d'une sueur glacée. Nos assaillants déferlent bientôt dans la salle par dizaines et je fais feu avec une énergie dévastatrice dans la masse grouillante et impitoyable des humanoïdes. Les lasers fusent de toute part et nous réalisons rapidement qu'il est impossible de neutraliser nos adversaires. Nous reculons de concert et nous rapprochons les uns des autres dans une solidarité vitale et instinctive. Je suis sidérée par la vitesse de tir et de réaction de Ramis, qui surpasse tout ce que j’ai déjà vu. Il parvient à abattre une dizaine d’humanoïdes, lorsque j’en touche un seul et son adresse empêche les lasers de nous atteindre. Son bras biomécanique n'est sans doute pas étranger à cette salutaire habileté, qui permet à une grande partie de l’équipage de fuir par le chemin qu’il nous a ouvert. Monsieur Zon s'écarte soudain de nous afin de se jeter au coeur de la bataille, son arme blanche si rapide qu'il est impossible d'en suivre le mouvement. Aussitôt, des flots de sang noir éclaboussent ses gestes et son visage, tandis qu'il tue avec une rapidité et une ferveur animale qui me donnent la chair de poule. Malgré tout, la masse grandissante de nos ennemis parvient à gagner peu à peu du terrain, nous contraignant à reculer encore.
— Zon ! Ayana ! Sautez, maintenant ! Hurle soudain Ramis à notre attention. Il ne reste plus que nous, et je suis plus rapide ! Je vous couvre !
J'hésite un instant, ne pouvant me résoudre à l'abandonner ainsi, mais Zon se jette sur moi, m'entrainant avec lui à travers l'ouverture, sous l'éclat cinglant des lasers.
La chute est vertigineuse et c'est au sein d’une pénombre totale que nous dévalons vers l'inconnu. J’appréhende la fin de cette désagréable glissade qui me parait interminable et enfonce ma tête dans mes épaules, tandis que je sens le bras assuré de monsieur Zon se refermer autour de ma nuque dans un geste protecteur. Je me recroqueville inconsciemment contre lui alors que nous prenons de la vitesse. Bientôt, un petit point lumineux s’agrandit à nos pieds, des cris me parviennent. Je sers les dents et ferme les yeux, crispant une main sur la crosse de mon arme. Malgré tout, la violence du choc irradie soudain chaque muscle de mon dos et c’est le souffle coupé que j'arrive tant bien que mal à me redresser, avec l'aide de monsieur Zon qui, il me semble, a volontairement amorti ma chute. J’ai juste le temps d’apercevoir la grande porte de l’entrepôt qui s'élève inexorablement, laissant entrevoir les dizaines d’uniformes menaçants de nos ennemis, tandis que les énormes moteurs de l’Arcadia résonnent déjà à travers tout le bâtiment et réchauffent l’air qui devient rapidement irrespirable. Je suis le mouvement de panique des pirates qui rallient le pont dans une course effrénée et sursaute au son mat d’une chute sur ma droite. Ramis vient de nous rattraper. Le sas est maintenant à demi ouvert et quelques soldats imprudents tentent un passage afin de nous prendre d’assaut. Entravés dans leurs déplacements, ils sont faciles à éliminer, mais je sais que la trêve sera de courte durée. Herlock s’est précipité au milieu des pirates et se fraie un chemin à contre-courant, abattant avec une efficacité remarquable les humanoïdes qui parviennent à s'approcher du pont. Je l’entends crier mon nom au coeur du vacarme étourdissant des moteurs et m’élance dans sa direction, tandis que le pont de l’Arcadia commence lentement à se refermer sous les cris terrifiés des retardataires. Il esquive de justesse le tir à bout portant d’un soldat, ce qui le contraint à reculer, alors qu’un laser frôle mon épaule et me déséquilibre brutalement. J’ai juste le temps de me redresser pour voir Ramis se jeter sur moi en hurlant. Nous effectuons une roulade des plus inconfortable et je sens sa poigne extraordinairement vigoureuse qui me plaque au sol, avant de me relâcher brusquement pour me repousser vers le pont.
— Courrez ! Gronde-t-il. Je m’exécute aussitôt, tandis que l’Arcadia entame déjà son ascension. Je m’agrippe au pont et sens bientôt des bras puissants qui entourent ma taille et m’entrainent à l’intérieur. Je roule sur le pont avec Herlock, qui se redresse afin d’abattre deux de nos poursuivants. Je me retourne vivement et aperçois Ramis qui pianote une ligne de code et abaisse une manette sur le mur de droite. Aussitôt, une pluie de sable s’abat tout autour de nous, témoignant de l’ouverture de la gigantesque trappe qui nous surplombe, irradiant l’entrepôt d’un rai de lumière blanche qui se déploie rapidement, me contraignant à cligner des yeux le temps de m’y accoutumer. L’Arcadia prend de l’altitude et je me précipite au bord du pont. Je glisse le long de la pente et tends une main vers Ramis qui, malgré toute sa dextérité, ne parvient plus à faire reculer ses assaillants.
— Ramis ! Ramis ! Attrape ma main ! Je t’en prie !
Il hésite un instant puis jette une de ses armes sur le pont afin d’agripper mon avant-bras, sans cesser de tirer de son bras de métal, alors que l’Arcadia s'élève encore. Je tente de toutes mes forces de le hisser vers l’intérieur, lorsqu’une main gantée de noir vient me prêter main-forte. Je lève les yeux sur l’expression complice de monsieur Zon. Nos efforts mêlés nous permettent d’entrainer Ramis avec nous, tandis que le pont se referme dans un résonnement lugubre. Je reste un instant abasourdie, m’efforçant de récupérer mon souffle, alors que les pirates rejoignent leurs postes en hâte dans le bourdonnement assourdissant des réacteurs. Herlock s'affaire à diriger ses hommes, mais son regard rageur demeure rivé à celui du jeune Ramis. J'ai un instant la certitude qu’il va l’abattre sans sommation, mais il se contente de serrer les dents et frappe d’un violent coup de poing la coque du navire sans un mot, puis fais volte-face et disparais.
— Quel chaleureux accueil, murmure Ramis avec un sourire sarcastique.

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