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Livre d'or

Traduction

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Avant-propos

Quelques explications

Avant que vous entamiez la lecture de mon roman je tiens à vous expliquer en quelques mots ma démarche.

S'il est devenu impossible aujourd'hui de faire partie de notre société qu'en acceptant de faire des dizaines, voir des centaines de concessions plus ou moins grave, afin de pouvoir « survivre »,

Il reste malgré tout un coin perdu au tréfond de mon esprit où se côtoient des valeurs totalement surannées de nos jours.

Il existe au fond de moi un vaste univers peuplé d'hommes et de femmes libres et incapables de sentiments étriqués par un conditionnement médiatique de masse, qui s'est appliqué à reléguer aux oubliettes les vrais aspirations et les vrais besoin de la nature humaine.

Quelque part dans mes rêveries et mes fantasmes existent encore les mots honneur, parole, vérité, liberté, amour, idéal, grandeur...

C'est-ce monde là, ainsi que les coups de gueules que m'inspire le vrai monde que j'ai décidé de mettre en ligne.

Le roman qui m'a été au départ inspiré par l'univers de Matsumoto n'est guère fidèle à celui-ci, je préfère être claire sur ce point.

Il s'agit d'une digression autour de son oeuvre.

J'ai voulu donner une dimension réaliste et plus adulte à l'univers d'Herlock, ce qui demande au lecteur accoutumé à ce monde une certaine ouverture d'esprit pour accepter que les codes habituels ne soient pas respectés.

J'ai tenté une approche aprofondie des sensations et des sentiments des personnages au travers du filtre de ma propre perception des choses

Je sais que le concept ne plaira pas forcément à tous les fans et je m'en excuse par avance.

Ne cherchez pas de chronologie ni de cohérence par rapport à l'oeuvre originale. J'ai voulu laisser divaguer ma plume au grés de mes envies sans me sentir bridée par l'oeuvre existante. Ce roman n'est pas une fan-fiction, je ne le considère pas comme tel.

Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à laisser votre avis, positif ou négatif...


 

Le roman intitulé "Le Kid de l'espace" n'est pas la suite directe de mon roman.

Il s'agit d'une histoire parallèle qui se situe quelques temps après la fin de mon 1er tome.

* Le style d'écriture est volontairement différent, car les évènements sont perçus d'un autre point de vue. Les dessins sont également inhabituels, mais collent mieux à l'ambiance de cette histoire à mon sens.


 

 

 

 

 

 

En attendant la suite...



Detail retravaillé.
- Communauté : Autres Mondes...
Mercredi 18 février 2009

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Un petit mot pour prévenir mes fidèles lecteurs que je ne remercierai jamais assez.

Je vais être contrainte de cesser les parutions pendant une durée illimitée à cause d'un terrible manque de temps pour écrire. J'ai beaucoup trop de choses qui me préoccupent en ce moment, dont deux chevaux bien malades qui demandent beaucoup de soins. J'aurai du mal à vous donner une date de reprise des mises en ligne même si je ferais de mon mieux pour que ça ne soit pas trop long.

J'avoue que les dernières nouvelles de la plateforme over-blog précipitent un peu cet arrêt de ma part. En effet on nous annonce un passage obligatoire du css en V2. Pour faire simple, tout le travail de présentation effectué depuis 2 ans sur mon blog sera perdu, il me faut tout refaire. Comme je suis loin d'être un génie en informatique j'avais passé des heures à comprendre le fonctionnement de la chose et bien évidemment je n'ai plus le temps de me pencher sur la question aujourd'hui. À partir du 8 décembre, ne soyez donc pas surpris si le blog ne ressemble plus à grand-chose. ( merci over-blog)

Je retravaillerai dessus dès que possible.

Le moral et la forme ne sont pas au top en ce moment, je dois bien l'avouer, et cela aussi précipite un peu les choses. J'espère vous retrouver toujours aussi enthousiaste et fidèle dans quelque temps, même si je sais bien que ce n'est pas évident de suivre une histoire qui s'arrête ainsi en plein milieu.

Toutes mes excuses pour cette interruption indispensable afin que je remette un peu d'ordre dans mes pensées et dans ma vie certes rocambolesque, mais également épuisante.

Je vous embrasse Sandy, Anne-Sophie, Cécile, Ambre, Cindy, et tous ceux et celles que j'aurais oubliés.

À bientôt.


- Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
Mercredi 26 novembre 2008

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Je décide de m'éloigner un instant du drame qui se joue dans cette chambre sans que je puisse rien y faire. Je suis si concentrée sur mes pensées que je garde le regard rivé au sol tout en déambulant dans les corridors et pousse un cri de surprise en croisant monsieur Zon à l'angle d'un couloir, qui manque de me renverser. Il m'aide à rétablir mon équilibre en attrapant mon épaule, avec un petit rire amusé. Je bredouille quelques excuses confuses tandis que son sourire s'élargit encore. Je réalise qu'il se moque gentiment de moi et lui rends une mimique entendue.
— Permettez-moi de vous accompagner, comme vous pouvez le constater, ces couloirs ne sont pas sans danger, ironise-t-il.
— En fait, je... ne sais pas précisément où je me dirigeais, je... j'ai soudain ressenti l'impérieux désir de prendre le large et de respirer un peu.
— Que diriez-vous de trouver le moyen d'aller boire un verre ?
— Je répondrais qu'en effet en cet instant précis j'en aurais franchement besoin.
— Bien parlé, doit bien y avoir un bar quelconque dans cette sinistre forteresse. Un sympathique petit bistrot empli de boissons étranges coupées au cyanure à notre intention par l'amical barman grisâtre, retentit la voix de Ramis qui se déplace vers nous du fond du couloir. Arrivé à notre hauteur, il entoure nos épaules d'un geste fraternel et viril avant d'ajouter :
— Allons visiter un peu ce superbe complexe touristique à la mode. J'étouffe dans ma chambre. Pas vous ?
— Je doute que nous découvrions quoique ce soit qui puisse nous intéresser, dis-je.
— Honnêtement, suite à tout ce que je viens d'entendre, je crois que je préfère déambuler au hasard des corridors en votre charmante compagnie plutôt que ruminer des idées morbides, enfermé dans cette chambre impersonnelle, murmure Zon avec un sourire enjoué.
— Allons-y, insiste Ramis en nous poussant gentiment. Je me laisse entrainer à leur suite avec l'ombre du capitaine agrippée à mes pensées.
Nous ne tardons pas à réaliser que le bâtiment est truffé de gardes humanoïdes bardés d'armes de précisions et cela ne manque pas de susciter les commentaires désobligeants du jeune homme. En revanche, nous ne trouvons bien évidemment aucun bar ou quoique ce soit qui se rapprocherait du concept d'un débit de boisson. Un petit salon confortable du rez-de-chaussée, plongé dans une lumière feutrée attire finalement notre attention et nous nous y installons sans réfléchir, accompagné des grognements de frustrations de Ramis, qui s'affale bruyamment sur la banquette aux couleurs lacustres dont les reflets rappellent la fluidité mobile de l'eau.
— Je préfère encore les taudis de Phtaat... au moins, on y trouve de quoi étancher la pire des soifs, y compris la soif d'oubli.
— Tu as travaillé un bon moment pour l'UT Ramis. Comment se fait-il que tu prétendes seulement découvrir tout ce que nous venons d'apprendre ? Dis-je avec lassitude.
— Je suis au fait d'un tas de choses dont vous n'avez même pas idée, commandant, mais jamais je n'aurais imaginé que Stalker était responsable de l'invasion. Jamais je n'ai entendu parler de ce complot pathétique. De toute façon, mon travail n'avait rien à voir avec toutes ces magouilles politiques. S'il vous plait, je ne tiens pas à parler de tout ça maintenant. Je ne veux penser à rien, rien d'autre qu'un bon whiskey.
Zon s'est installé face à moi, jambes croisées, adossé nonchalamment au dossier de son fauteuil. Il m'observe en silence de ses yeux d'encre indéchiffrables.



— La remise en question doit être rude pour notre capitaine, grince-t-il.
— La remise en question de toutes nos certitudes devrait être pénible pour chacun d'entre nous, il me semble, fais-je avec un agacement mal dissimulé
— Sans doute. Encore faut-il avoir quelques certitudes. Ce qui n'est plus mon cas depuis bien longtemps. Les certitudes nous enfoncent dans l'obscurantisme, et ce, depuis la nuit des temps. Les certitudes ne sont pas compatibles ni avec la science, ni avec la philosophie, ni avec la sagesse. Elles ne sont bonnes qu'a forger des doctrines religieuses au nom desquelles tout est permis, ou des guerres de race dont tout le monde à oublié la motivation première... alors, ne m'en tenez pas rigueur si je ne suis pas en mesure de partager votre désarroi concernant les tristes révélations qui nous ont été faites sur les raisons intimes qui ont entrainé la destruction de notre planète. Rien ne me surprend ni ne me révolte vraiment dans tout ce que je viens d'apprendre sur la nature profonde de ceux de notre espèce, et cela fait bien longtemps que j'ai compris que le peuple humanoïde n'est pas constitué de barbares décérébrés. Dois-je vous remémorer que je travaille depuis de nombreuses années en collaboration avec leurs meilleurs chercheurs ?
— Inutile de me rappeler en effet que vous êtes un prévaricateur, monsieur Zon.
— Il est tellement plus aisé de préserver les bases branlantes de votre raisonnement étriqué en ce qui concerne le bien et le mal, n'est-ce pas commandant ? Pensez-vous que le travail acharné de Ramis à la solde de l'U.T fait également de lui un traitre ? Ou bien le fait que cette organisation meurtrière soit menée de main humaine rend-elle plus acceptable leurs méfaits et par là disculpe ceux qui obéissent à leurs ordres.
— Ne poussez pas trop loin, monsieur Zon, siffle Ramis en se raidissant.
— Chacun de nous possède sa zone d'ombre et sa part de contradictions, répond Zon d'un ton adouci, presque songeur. Mais nous évoluons en eaux troubles ou le bien et le mal sont des concepts abscons. Chacun d'entre nous ne le perçoit qu'au travers de sa propre perception et de son histoire. Il n'y a pas de lumière à opposer aux ténèbres, pas de sauveteur de l'humanité à opposer au méchant envahisseur. Rien de tout cela n'existe, et ce n'est pas en ce qui me concerne un fait nouveau comme cela semble l'être pour vous tous. Donc, pour vous répondre, Ayana, je ne suis pas plus perturbé que cela par tout ce qui nous a été dévoilé, je ne souffre pas d'une remise en question de mes convictions et de mes idéaux, car je n'en ai plus depuis bien longtemps, ce qui n'est certainement pas le cas de notre capitaine, j'en suis certain.
— Votre âme est flétrie, monsieur Zon. Vous êtes déjà mort.
— Sans doute avez-vous raison, commandant. Savez-vous quel en est l'avantage ? On ne peut tuer ce qui est déjà mort.
— Vos querelles me fatiguent, et je n'ai toujours pas mon Whisky, on peut dire que vous avez l'art de plomber l'ambiance, bougonne Ramis en se relevant. Il fait quelques pas vers le couloir lorsqu'une terrible déflagration ébranle la porte d'entrée du hall de l'hôtel, le projetant violemment en arrière. Il s'écrase avec un bruit sourd contre le mur tandis que je me précipite dans sa direction, talonnée par Zon. Il se redresse en chancelant, le visage parsemé de quelques blessures sanguinolentes et grogne quelque chose, alors que se répand sous nos yeux effarés une dizaine d'humanoïdes hystériques à travers le hall. Les quelques gardes postés à l'entrée n'ont pas eu le temps de réagir, malgré le nombre plutôt restreint de nos assaillants. Ou peut-être ont-ils hésité à tirer ? Je ne saurais le dire.
— Bon sang ! J'étais certain que ce n’était pas une bonne idée de rendre nos armes ! Fichons le camp avant que ces fanatiques nous égorgent ! Peste Ramis en poussant au hasard les battants d'une grande porte sur notre droite. Je me précipite à sa suite et mon sang se glace en entendant une exclamation fiévreuse derrière nous.
— Là-bas ! Il y en a trois ! Rattrapez-les !
Une clameur frénétique résonne dans tout le bâtiment tandis que nous entamons une course effrénée à travers des salons encombrés et des couloirs tous identiques. Nous débouchons bientôt dans une vaste salle qui ressemble à un restaurant désert.
— En arrière ! C'est un cul de sac ! Rugit Ramis.
Je fais volte-face juste à temps pour apercevoir une dizaine d'humanoïdes qui se  déversent dans la salle. Ils fondent sur nous dans le plus total désordre et j'évite de justesse le premier coup de poing de l'un d'eux, son facies déformé par la haine. Mon instinct prend immédiatement le dessus et je le fais reculer d'un violent coup de pied dans les genoux. Il s'effondre, mais un deuxième individu se jette sur moi. Le combat est bref et nous sommes rapidement neutralisés par nos trop nombreux assaillants et roués de coups. Ma vue est troublée par le sang qui coule dans mes yeux. J'ai du mal à reprendre mon souffle tant mes côtes sont douloureuses et le hurlement strident de l'alarme qui se déclenche me vrille les tympans.
— Achevons-les, vite ! gronde un humanoïde engoncée dans un uniforme militaire trop grand pour lui, rapiécé de toute part comme s'il sortait tout droit d'une vieille malle de souvenirs. Je remarque alors seulement que nous avons affaire à des civils, armés d'outils hétéroclites et fagotés laborieusement en petits soldats dépareillés.
— Qu'est ce que vous voulez ? Fais-je à celle qui ressemble à ce que pourrait être leur meneuse, en épongeant tant bien que mal le sang poisseux qui coule le long de mes commissures. Elle baisse vers moi un regard multiple dans lequel je parviens malgré tout à déchiffrer une haine enveloppée de mépris à mon encontre. Elle ne se donne même pas la peine de répondre, me contraint sans ménagements à me relever, une lame sur la carotide. Je réalise qu'aucun d'eux n'est en possession de lasers. Ils ont pris d'assaut un bâtiment hautement sécurisé uniquement équipé d'armes blanches. Je frissonne à cette constatation de leur extrême motivation. Le claquement des bottes des soldats résonne déjà le long des couloirs. Ils ne vont pas tarder à faire irruption dans la pièce.
— Nous sommes en mission diplomatique, vous violez le pacte d'immunité, grogne Ramis qui pour toute réponse se voit asséner un brutal coup de poing dans la mâchoire sans pouvoir se défendre, immobilisé par deux civils furieux.
— Vous êtes mal placé pour jouer les donneurs de leçon. Vous violez toute règle de décence, vous n'êtes que de vils assassins assoiffés de sang humanoïde. Vous méritez de périr comme les milliers de victimes que vous avez faites, vous...
— Pas le temps de faire un discours Dagor, ils arrivent ! L'arrête sa compagne en appuyant un peu plus la lame contre ma carotide.
— Vous êtes conscient que vous n'avez aucune chance de vous en sortir ? Grince Zon.
— Qu'importe, votre mort résonnera comme un nouvel espoir au sein de notre population. Nous prouverons que vous n'êtes pas infaillibles, vous allez payer de votre sang tous les crimes commis par votre équipage de brutes sauvages.
Une horde de soldats surgit soudain au seuil de la pièce, levant leurs armes menaçantes en direction des civils.
— Lachez les, ordonne un lieutenant en avançant de quelques pas prudents.
— Vous abattriez l'un des vôtres pour protéger ces assassins ? Leur assène l'humanoïde qui dans sa détresse appuie encore sur la lame qui menace ma gorge. Je sens un léger filet de sang glisser le long de mon cou.
— Répondez ! Feriez-vous cela, colonel ?
Il hésite un instant, déchiré par cette absurde situation, mais se reprend aussitôt.
— Je ne fais qu'obéir aux ordres, lâchez-les, ordonne-t-il en faisant un pas en avant.
— Jamais ! L'interromp le dénommé Dagor.
Une vague de panique s'empare de moi qui brise soudain ma si précieuse barrière psychique et je suis frappée de plein fouet par toutes les émotions envahissant la salle. La terreur et la colère de celle qui me menace me soulèvent l'estomac. Je la sens hésiter entre sa soif de vengeance et un profond désespoir, mon dieu, avons-nous vraiment fait tant de mal à ce peuple ? Le colonel est submergé d'une sourde rancoeur qu'il canalise grâce à un raisonnement militaire. Son sens du devoir le contraint à garder son calme. Dagor est fou de rage, plus aucune logique ne parasite sa réflexion. Uniquement une fureur aveugle. Beaucoup trop de violence et de haine, de douleur et de peur, je vais m'effondrer. Je n'arrive pas à me concentrer, je ne peux plus arrêter le flux envahissant de leurs émotions. Mes jambes se mettent à flancher tandis que le colonel met en joue celle qui me menace. La lame s'enfonce encore...


Jeudi 20 novembre 2008

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Nous rejoignons en tête d'un long cortège de spatiocabs silencieux le bâtiment hautement sécurisé qui nous a été octroyé, le temps de notre mission diplomatique. Deux soldats humanoïdes sont postés derrière nous et je me demande s'ils sont là dans le but de nous protéger ou de nous surveiller étroitement. Qu'importe ? Nous ne sommes quoiqu'il en soit guère les bienvenus. L'animosité ambiante est palpable, malgré la politesse et la bienséance affichée par les dirigeants, fidèles à leur promesse d'immunité. Je fixe mon attention sur le crâne lisse et grisâtre de notre chauffeur pour tenter de ne pas me laisser submerger par la terrible tension qui émane du capitaine et envahit l'habitacle dans un silence lugubre. Je cherche en vain à trouver les mots justes qui seraient capables de minimiser l'impact dévastateur de tout ce que nous venons d'apprendre, mais cela m'apparait soudain vain et inutile. Je suis moi-même inapte à comprendre combien tout ce que j'ai entendu a pu m'affecter. Je suis en cet instant incapable de réaliser à quel point toutes ces révélations m'ont profondément bouleversée, bien que je devine que je ne pourrais pas encore longtemps les laisser glisser ainsi à la surface de mon esprit, refusant de les intégrer à mon raisonnement. La vérité surgira tôt ou tard pour frapper aux portes de ma conscience, et avec elle la terrible lame de fond de culpabilité et de fondamentale remise en question. Je jette un regard de biais au capitaine et suis saisie par une désagréable sensation de noirceur. Un voile de ténèbres semble l'envelopper, ténèbres qui se déversent de son regard farouche et sévère, d'une fixité oppressante. Ses traits tendus ne sont plus que douleur et rage contenue. Son expression me glace le sang et c'est avec un grand soulagement que je sens le spatiocab se poser doucement devant les battants immenses d'une luxueuse construction, dont les façades arrondies miroitent d'une lueur fantasmagorique dans le coucher du soleil pourpre de Yocia.    .
— Bienvenue au Dorgana, articule sans conviction notre chauffeur, tandis que les deux militaires nous précèdent, rejoignant l'imposant cordon de sécurité mis en place par les autorités suprêmes. La barrière constituée de dizaines de soldats menaçants s'allonge de part et d'autre de notre chemin jusqu'au seuil du bâtiment qui semble être un hôtel reconverti en bunker pour l'occasion. Je me retourne lorsque s'arrête à son tour le spatiocab de Ramis et du docteur Villars, bientôt suivi par celui de Zon et Syrus. Nous gravissons en silence les quelques marches qui nous séparent de l'entrée sous l'œil mauvais de nombreux civils, agglutinés derrière l'infranchissable haie militaire. Un humanoïde bardé de décorations nous accueille avec un sourire officiel de bon aloi, mais je devine au fond de ses pupilles noires tout le mépris qu'il nous porte et qu'il jugule à grand renfort d'amabilités affectées.
— Le Dorgana a été fermé afin de pouvoir assurer votre sécurité. Vous serez donc seuls. Un bataillon armé est chargé de votre protection dans cette enceinte. Toutefois, si vous quittiez le bâtiment pour quelque raison que ce soit, sachez que le commandement suprême ne se tiendra en rien pour responsable de ce qui pourrait advenir.
— C'est charmant, grince monsieur Zon avec une moue dégoutée. Le gradé lui jette un regard haineux, mais sert les mâchoires et se contente d'un sourire poli.
— Libre à vous de tenter une petite promenade au cœur de la population, pour qui vous êtes aussi nocifs que la plus virulente des maladies existantes dans cet univers, dit-il.
— Cela vous ferait plaisir, n'est-ce pas, que nous nous fassions massacrer par une foule de gueux hystériques ?
— En effet, monsieur Zon.
— Votre léger penchant primitif je suppose...
— Assez, Zon ! Intervient sévèrement Herlock.
— Mes hommes vont vous escorter jusqu'à vos quartiers, annonce l'humanoïde au capitaine afin de couper court à ces discussions inutiles. Nous emboitons le pas de deux soldats qui nous indiquent le chemin à suivre jusqu'à nos chambres, tandis que le reste de la troupe est accompagnée un peu plus loin. La porte se referme sur nos consciences brisées.



Herlock se poste à la fenêtre, les bras croisés et le regard perdu dans les méandres de sa souffrance muette. Je décide pour ma part de me débarrasser de ma trop lourde veste que je jette avec lassitude sur le grand lit aux courbes étranges. Je m'y assieds et saisit ma tête entre mes mains, tentant de mettre de l'ordre dans toutes les pensées confuses qui tournoient dans mon esprit. L'interminable silence qui m'unit à l'homme de marbre qui semble avoir perdu toute conscience de ce qui l'entoure m'indispose sans tarder. Je relève les yeux et l'observe sans un mot. Je sais qu'il se débat avec sa douleur et ses doutes dans un univers intérieur isolé de tout et je suis incapable de briser cet étau de mal-être qui l'étreint et envahit les lieux, me donnant soudain la désagréable sensation de suffoquer. Je frissonne en réalisant combien en cet instant il est loin de moi. Mais que puis-je faire d'autre que subir avec impuissance les retombées de tout ce que nous venons de découvrir ?
— Tu n'es pas coupable, dis-je malgré tout dans un murmure prudent. À ces mots, il tourne enfin son visage dans ma direction et mes doigts se crispent sur le matelas tant ses traits durcis et son regard glacé me frappent de plein fouet.
— Comment peux-tu affirmer de telles choses ? Demande-t-il d'une voix blanche. Je suis incapable de répondre, tétanisée par la sourde fureur qui allume son oeil d'un éclat teinté de folie que je ne lui connais pas. Il pose une main sur le mur aux couleurs changeantes, portant l'autre à son front, comme s'il tentait de contenir un flot trop envahissant de pensées, fixant le sol quelques secondes avant de replonger son regard de ténèbres au fond du mien.
— Je n'ai en cet instant qu'une unique certitude : je suis le plus abominable assassin qui n’ait jamais peuplé les univers habités. J'ai sur les mains le sang de plusieurs milliers d'innocents. J'ai anéanti des centaines de familles, brisé des rêves, annihilé l'espoir... et j'ai commis tous ces meurtres pour de mauvaises raisons.
— Tu ne pouvais pas le savoir, personne ne...
— Ne vois-tu pas ? Ces gens ne sont pas les barbares colonisateurs que j'ai toujours vus en eux, ils ne sont pas malfaisants, ils ne sont pas cruels ni insensés ! NOUS sommes les monstres, notre race dégénérée au nom de laquelle j'ai perpétré tout ce mal... ce peuple de misérables dont j'ai si longtemps été l'instrument... J'aurais dû le savoir ! Siffle-t-il, avec une hargne contenue. Sa colère avive la mienne, qui me submerge si brusquement que j'en suis déroutée. Je ne peux empêcher les mots d'affluer, sans bien comprendre la raison de mon si brutal emportement.
— Cesse donc de te fustiger ! Tu n'es pas responsable de toute la perversité et le mal qui régit cet univers ! L'être humain est ce qu'il est, nous n'y pouvons rien, nous sommes nés du mauvais côté, soit. Mais, bon sang, en quoi es-tu responsable ? N’admettras-tu jamais que tu n'es pas infaillible ? Ne cesseras-tu jamais de te prendre pour Dieu ?
À ces mots, il crispe ses mâchoires et devient livide. Il serre les poings et se détourne brusquement.
— Je ne crois pas que tu sois en mesure de comprendre.
— En ce cas, personne ne le pourra jamais, dis-je avec une rancœur liée à la blessure que viennent de m'infliger ses derniers mots. Je suis excédée et meurtrie par la distance qu'il tente d'instaurer entre nous en ces heures douloureuses. Je me redresse vivement et attrape ma veste avec mauvaise humeur, tourne les talons et quitte la pièce sans un regard en arrière, claque violemment la porte. Je fais quelques mètres dans le couloir désert et m'adosse au mur, m'efforçant de contrôler les battements anarchiques de mon cœur et les larmes impuissantes que je sens affleurer. Larmes de colère, d'impuissance, de dégout, de fatigue, de désespoir. Je parviens à recouvrer un peu de calme lorsque je sursaute au son mat de quelque chose qui percute brusquement la cloison de la chambre que je viens de quitter. Je ferme les yeux sur le vacarme des meubles qui tombent et des objets lancés violemment contre les murs, l'éclat de bris de verre, puis des coups d'une violence inouïe qui s'acharnent sur un objet quelconque. Le silence retombe finalement après d'interminables minutes de cette rage et de cette violence qui a enfin éclaté dans la solitude de cette chambre étrangère. C'est sans doute mieux ainsi.

- Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
Vendredi 14 novembre 2008

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— Quelle est encore cette manigance ? Souffle Herlock avec mépris.
— Les manigances sont le propre de votre peuple, pas du mien, capitaine. Vos dirigeants sont de fins stratèges, bien plus malins que beaucoup d'entre nous. Vous savez quelle est leur plus grande force. Ils n'ont aucun respect de la parole donnée.
— Vous êtes en train de traiter mes semblables de traitres manipulateurs. Nous ne sommes pas ici pour régler nos comptes, je vous saurais gré de cesser de nous insulter, c'est un manquement à vos obligations d'immunité, siffle rageusement Herlock en se redressant. Le doyen lève une main en signe d'apaisement et reprend son discours sur le même ton calme et posé.
— Bien. Je comprends votre position. Je ne vous poserais qu'une question : désirez-vous connaitre la véritable raison de l'invasion humanoïde de votre planète natale ?
Un long silence s'étire, tandis que le regard méfiant et attentif d'Herlock se verrouille à celui du doyen. Il finit par se résoudre à accepter de se rasseoir.
— Parlez donc, grogne-t-il.
— Votre cher président Stalker n'a pas accédé au pouvoir par hasard. Les principaux dirigeants de ce que vous appelez l'union terrestre, ou à plus juste titre, la guilde des commerçants, ont acquis suffisamment d'influence dans de multiples domaines essentiels au cours des siècles. Banques, réseau agroalimentaire, recherche, énergies, etc. leur but étant de placer à la tête de votre planète un seul homme, un fantoche voué corps et âme à leur cause, sous couvert de grande et salvatrice unification afin de faire face aux insolubles catastrophes engendrées par le réchauffement climatique et la montée des eaux.
— Nous savons cela, doyen, murmure Zon. Nous savons comment Stalker a mené la Terre à sa propre destruction, mais votre débarquement a précipité les choses, alors même que le peuple commençait à se soulever contre l'oppresseur.
— C'est bien là toute l'ironie de la situation, monsieur Zon. Il ne s'agissait pas d'une véritable invasion. Il s'agissait d'une opération militaire de reprise de contrôle, orchestrée à la demande de votre président, monsieur Stalker. Il n'y a jamais eu d'invasion.
Ces quelques mots viennent me frapper avec une virulence sans précédent, ébranlant en une fraction de seconde des dizaines d'années de certitudes. La violence des émotions mêlées parvient à fissurer quelques instants la barrière psychique que je maitrise encore maladroitement et je ferme les yeux afin de me concentrer pour repousser toutes les sensations, qui déjà me donnent la nausée et me font tourner la tête. Je ne suis pas seule. Herlock est devenu livide, son regard trahissant une stupeur mal dissimulée. Je crispe mes doigts sur la table en respirant profondément, alors que son regard durci m'indique qu'il comprend ce qui est en train de m'arriver. Ramis exulte d'un petit rire nerveux tandis que Zon se contente de hocher la tête avec un sourire affligé. Villars semble ne plus pouvoir résister à une fureur grandissante et se redresse d'un bond, frappe violemment la table des deux poings.
— Mensonge ! J'étais là ! Je vous ai vu emmener mes frères dans ces camps immondes, abattre ceux qui tentaient de vous échapper, massacrer des femmes et des enfants, détruire des villes entières !
— J'ai aussi eu le loisir de gouter à vos baraquements expérimentaux, j'ai été témoin de ce que vos soi-disant savants ont fait subir à mes compagnons, dis-je d'une voix tremblante d'une rage contenue.
— Nous agissions sous les ordres de votre président et de son armée. Tout était orchestré par votre gouvernement, dans le but d'annihiler toute résistance et rébellion au sein de la population. Le pôle recherche et les expériences sont le fruit d'un accord protocolaire proposé par monsieur Stalker. Il souhaitait pouvoir utiliser notre technologie tout en nous offrant les moyens de la développer. Nous avions besoin de « matière première ». Il était d'une nécessité absolue de perfectionner nos armements, afin de parvenir à repousser les armées de l'U.T. Le projet « cyborg » a été mis en place par vos chercheurs et je le reconnais à regret, validé par notre comité.

— Pourquoi ? Pourquoi auriez-vous accepté de servir sous les ordres de Stalker ? Quel pouvait bien être votre intérêt ? Gronde Ramis. Le doyen pousse un long soupir fatigué en nous dévisageant avec l'expression presque bienveillante et affligée d'un père à son enfant trop curieux.
— Le minerai. Il est la base de tout. Nos défenses s'amenuisaient de jour en jour face aux attaques répétées de nos colonies par les forces armées de l'U.T.
— Vous voulez dire que l'U.T et les humanoïdes étaient en conflits avant l'invasion ? Demande Villars en épongeant nerveusement son front à l'aide d'un carré de tissus qui ne le quitte jamais.
— Bien entendu. La guerre a commencé bien avant la supposée conquête de votre planète. Les dirigeants de cette guilde commerciale sont de redoutables belligérants, et des conquérants dont il est impossible d'étancher la soif de pouvoir. Leurs colonies se développent sur plus de trente planètes à ce jour et de centaines de milliers de spatiokilomètres. La croissance des populations ne cesse de s'accélérer de manière exponentielle. Il leur faut toujours plus de place, de ressources, de technologies. L'exode d'une partie de votre peuple vers les territoires inexplorés a commencé il y a bien plus longtemps que ne l'imaginez, dissimulé par un voile de silence et de mensonges.
— Pourquoi vous ont-t-ils déclaré la guerre ? Dis-je dans un souffle.
— Parce que nous étions sur leur chemin. Parce nos colonies se développaient sur des planètes aux multiples richesses. Parce que lorsqu'ils veulent quelque chose, ils le prennent sans hésitation ni scrupules. Parce que pratiquement rien ni personne n'est en mesure de lutter contre leur toute-puissance technologique, balistique et logistique. Malgré tout, nous avons résisté, mais le manque de Gravitium s'est rapidement avéré être un problème insoluble et nous perdions chaque jour un peu plus de terrain. Jusqu'à ce matin où un homme nous a contactés depuis la terre sur les réseaux sécurisés de la défense. Une longue audience s'en est suivie.Il se tenait à l'endroit même où vous êtes en ce moment, capitaine Herlock. Je me souviens de ses petits yeux enfoncés au milieu d'un visage maigre et anguleux, qui me fixaient avec une lueur fiévreuse teintée d'arrogance. Ses lèvres minces et pâles s'étiraient en un sourire satisfait lorsqu'il m'exposa la situation. L'UT l'avait déchu de ses droits et relevé de ses fonctions, car grisé par le pouvoir, il cherchait à se défaire de leur contrôle, allant jusqu'a sceller l'unique et si précieux portail de téléportation qui le reliait à ses pères. L'armée de la guilde n'allait pas tarder à se charger de faire rentrer dans les rangs cet imposteur ingrat et son pseudo gouvernement de marionnettes inutiles. Au même moment, le peuple maltraité et opprimé par ce dictateur dépourvu de toute humanité commençait à se révolter un peu partout. C'est à cette époque qu'ont émergé les premières factions de résistance terrienne, qui s'organisèrent avec une rapidité et une efficacité prodigieuse, sous l'influence d'hommes et de femmes d'une trempe hors du commun. Il me semble d'ailleurs, commandant Ayana, que vous ayez bien connu l'un des plus remarquables successeurs de ces premiers rebelles.
À ces mots, un nœud de douleur s'éveille au creux de mon ventre et je sens tous mes muscles se raidir, le souffle coupé. Je repousse les souvenirs chaotiques qui tentent de faire surface tandis que se posent sur moi les regards compatissants de Villars et de Ramis. Ma gorge est sèche et je suis incapable de répondre tant l'évocation soudaine de mon passé réveille en moi des sentiments si profondément enfouis et à la vivacité pourtant intacte. Une sourde colère se distille soudain dans mes veines.
— Comment êtes-vous au courant de tout ceci ? Comment se fait-il que vous connaissiez si parfaitement l'histoire de notre peuple ? Quelles raisons avons-nous de croire un traitre mot de tout cela ? Dis-je entre mes dents.
— En ces funestes heures, nous n'avons aucun intérêt à vous plonger dans le mensonge. N'y voyez pas ici un besoin de justification vis-à-vis de votre peuple, simplement un désir de transparence et de vérité. Nous étudions votre espèce depuis fort longtemps, bien avant qu'un seul d'entre vous n'ait eu connaissance de notre existence, mais là n'est pas la question.
— Poursuivez, lui intime froidement le capitaine.
— Lorsque le président Stalker réalisa qu'il commençait à perdre le contrôle de la situation et que sa vie ne tenait plus qu'a un fil, il fit donc appel à nous, conscient de l'unique avantage qu'il avait en main, la ressource essentielle qui nous faisait tant défaut : le Gravitium. Nous avions désespérément besoin de ce minerai précieux afin de poursuivre la lutte sans merci que nous livrait l'U.T. Notre accord était simple : nous acceptions de mettre une partie de nos forces armées sous son commandement absolu dans le but d'assurer sa protection et de juguler la rébellion terrienne, nous prenions en charge la défense de la terre contre les attaques de l'U.T. En échange il nous autorisait les forages nécessaires à l'extraction du Gravitium. De ce pacte ont découlées de fort malheureuses dérives, je vous l'accorde, tels les camps de vies, les massacres injustifiés, les...
— De malheureuses dérives ? C'est là votre seul argument pour justifier de toutes les horreurs qu'a perpétré votre peuple ? Murmure Herlock d'une voix blanche. Un long silence lourd de malaise et de questions s'abat soudain sous la voute emplie d'échos étranges, avant que le doyen décide enfin de reprendre la parole.
— Comme je vous l'ai précisé auparavant, nous ne considérons aucunement devoir légitimer nos actes à vos yeux. L'imperfection fait partit de toute chose. Il est vrai que les factions en place sur Terre, mais aussi une partie de notre peuple a finalement plongé dans la haine, la rancœur, le mépris sans plus faire de distinction entre les individus. Chacun a trouvé en l'autre l'expression du mal incarné, c'est le propre de toute guerre. Vous-même, capitaine, êtes l'un des plus symboliques exemples de cet état de fait.
Je frissonne à l'énoncé de ces quelques mots et lève les yeux vers Herlock, dont le visage impavide semble avoir perdu toute couleur.
— Magnifique... c'est magnifique, grince Zon avec un rire teinté d'ironie nerveuse aux résonnances désagréables.
— Il suffit. Qu'importe aujourd'hui ce qui a mené ces deux peuples à se haïr, intervient Syrus. Il va de la survie de tout ce qui existe dans cet univers d'unir vos forces, à dessein de lutter contre la menace qui avance chaque jour un peu plus vers les territoires habités. Nous sommes réunis ici en cet instant dans le seul but de savoir si cette union est envisageable.
— Elle l'est. Je vous demanderais cependant un délai de réflexion, qui nous permettra de connaitre la réponse de l'U.T. Nous serons ainsi fixés sur les moyens de défense dont nous disposons afin de repousser cette... chose.
— Très bien, murmure Herlock d'un ton glacial, avant de se redresser. Il esquisse un salut militaire que lui renvoie le doyen et quitte les lieux sans attendre, tandis que nous hésitons encore à nous lever. Le claquement de ses bottes résonne presque comme un outrage en cet instant et c'est avec un certain malaise que chacun suit ses pas en silence.

- Communauté : Autres Mondes...
Vendredi 7 novembre 2008

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